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10 novembre 2009

A propos de procédés staliniens...

Je faisais hier allusion au décalage entre le discours de l'UMP, nourri à l'anticommunisme primaire, et ses pratiques parfois dignes de la défunte URSS. Coincidence, en parcourant ce matin la blogosphère orange, je tombe sur un très bel article paru sur le site du GRID (Groupe de Réflexion et d'Innovation Démocrate). Sous le titre "identité nationale : l'arbre qui cache la forêt", cet article dénonce le "vieux principe stalinien" qui consiste à vouloir parler d'intégration, alors que les fondements mêmes de l'intégration à la française, et notamment le droit d'asile, sont mis en danger par le pouvoir. 

On me demande souvent pourquoi j'ai franchi le pas, pourquoi je me suis engagée en politique. Les raisons sont multiples et complexes, et j'y reviendrai plus longuement, dans un autre billet, parce que ce sont les mêmes raisons qui m'ont conduite à créer ce blog. Mais, pour résumer en quelques mots, je peux dire que face au populisme de Sarkozy, face à certaines dérives du pouvoir, je me suis sentie obligée d'agir et de faire entendre ma voix. 

La création d'un "ministère de l'intégration et de l'identité nationale" figure en bonne place parmi les raisons qui m'ont poussée à m'encarter. Je fais partie de celles et ceux qui pensent que lorsque le pouvoir décide qu'il faut un ministère pour édicter ce que doit être (et donc ne pas être) l'identité nationale, il faut entrer en résistance. Parce que là, pour parler franchement, ça pue!

Avec François Bayrou, je pense que "l'identité nationale est comme l'histoire" et "qu'il n'appartient pas aux politiques de s'en accaparer". "C'est une identité toujours en construction. Elle est fondée pour nous sur des valeurs : liberté, égalité, fraternité en premier, et intègre tous ceux qui avec le temps s'y rattachent", a-t-il poursuivi. Je ne pense pas qu'un sociologue le contredirait. 

Pour en revenir à l'article paru sur le site du GRID, que cache cette volonté soudaine de débattre de l'identité nationale? Il y a la raison évidente et lamentable : on le sait, l'UMP n'a guère de scrupules à flirter avec l'extrême-droite à l'approche d'une échéance électorale. 

Mais il y a peut-être davantage. "Mon professeur de philosophie m'avait prévenue : quand on parle trop d'une chose, se méfier. Cela signifie que l'on est en train de la supprimer ou qu'elle est déjà morte..." écrit Anne-Sophie Godfroy, qui poursuit plus loin : "le débat sur l'identité nationale est venu s'inviter dans l'espace public sans raisons apparentes. Pourquoi subitement lancer une telle consultation? Pour récupérer quelques voix du Front National? Pour masquer d'autres sujets plus compromettants? Pour préparer les régionales? Sans doute un peu tout cela, mais sutout pour masquer le fait que le gouvernement passe son temps à s'attaquer à l'identité nationale".    

Et d'évoquer, avec juste raison, le récent renvoi d'une dizaine d'Afghans dans leur pays, au mépris de leur droit à bénéficier du statut de réfugié. "C'est précisément celà, la destruction systématique de l'identité nationale par le gouvernement lui-même, que le débat a pour objectif de cacher", conclut-elle. (pour lire l'intégralité de l'article : http://www.legrid.fr/post/2009/11/Identite-nationale-l-ar...)

Bien vu, Anne-Sophie. Le même raisonnement, comme vous l'avez d'ailleurs souligné, s'applique à bien d'autres élements du discours sarkozyste. N'a t-il pas voulu débattre pour "organiser" la liberté de la presse (les journalistes en rient encore...)? Et que dire de l'un de ses leit-motiv, l'égalité des chances, alors qu'il vient d'essayer de caser son fils à la Présidence de l'EPAD?       

La méthode Sarkozy, c'est aussi ça : prendre l'initiative de mettre sur le tapis tous les sujets sur lesquels il sait pertinemment qu'il est contestable (ça en fait une certain nombre) avant que l'adversaire ne s'en empare ; fausser le débat et imposer son point de vue. On comprend mieux, dès lors, le tourbillon médiatique que doivent affonter chaque jour Guéant et Guaino. On en viendrait presque à les plaindre...  

   

 

  

Commentaires

Cette histoire d'identité nationale me fait en effet un peu penser à l'excellent film avec Yves Montant et Simone Signoret diffusé récemment ou il est justement question de diversion et de procès public mis en scène pour faire oublier une situation économique calamiteuse résultant de l'incompétence et de l'obstination des dirigeants communistes de l'époque.

A bien y regarder et toute proportions gardées, il semble que nous soyons dans le même genre de cas de figure ou l’en tend à exacerber le coté nationaliste du peuple pour lui faire oublier la misère dans laquelle ses dirigeant l’ont mis à cause de mauvaises décisions.
Je rappellerai uniquement l’endettement français qui va atteindre les 1000 Milliards d’Euros et encore sans compter le hors bilan.

Pour le moment les taux sont bas ce qui permet de faire rouler la dette, c'est-à-dire d’emprunter plus que le capital à rembourser pour couvrir également les intérêts de la dette et ceci sur de très brèves échéances.
Mais que va-t-il advenir lorsque les taux vont remonter et ils vont le faire d’ici quelques mois , la charges des intérêts et la raréfaction du credit vont rendre cette charge insupportable. En effet alors que le remboursement du capital sera exigible, l’emprunt pour le rembourser sera impossible puisque les taux vont monter à peut être 3 ou 4% là ou ils sont à 1% actuellement, multipliant par la même le cout du credit par 3 ou 4, vous voyez le carnage...

Que ferons nous alors ? peut être lancer un nouveau débat sur la perte de nationalité française pour ceux qui dénoncent ou subissent des injustices de plus en plus criantes. Apres tout, tout devient possible …

Écrit par : eric | 10 novembre 2009

Merci pour cet excellent article.
Celui-ci évoque clairement ce climat nauséabond mis en place par le pouvoir en place.

Écrit par : Grisouille | 10 novembre 2009

L'identité nationale est bien l'arbre qui cache la foret à l'UMP...
C'est à nous, français, de construire jour apres jour notre identité nationale. Le politique ne peut qu'insuffler cette identité mais en aucun cas la définir car celle ci sera alors partisane et non consensuelle...

Écrit par : Sébastien | 13 novembre 2009

Les commentaires sont fermés.

 
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