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11 novembre 2009

"Maudite soit la guerre"...

Le métier d'écrivain privé qui est désormais le mien, est avant tout un métier où l'on fait de belles rencontres. Parmi les plus marquantes, celle d'une dame de 99 ans dont j'ai eu le privilège d'écrire la biographie, et dont les premiers souvenirs remontaient à l'été 1914, juste avant la déclaration de guerre. Sans trahir la confidentialité de ses souvenirs, je peux dire que la mère de cette dame fut cantinière dans l'armée française, dans l'est de la France, et qu'elle fut le témoin forcé de la mort de jeunes soldats "fusillés pour l'exemple" parce qu'ils ne voulaient pas monter au front. Cette atrocité la hanta jusque dans ses dernières années.      

Aujourd'hui, comme chaque année, une délégation de pacifistes se rendra à Gentioux (Creuse) pour dénoncer l'absurdité de la guerre et fleurir la tombe de Félix Baudy, fusillé pour l'exemple en 1915. Le choix de cette petite commune du Plateau de Millevaches n'a rien de fortuit : elle héberge en effet un monument aux morts atypique qui, en raison d'une inscription peu conventionnelle, n'a jamais connu les honneurs d'une inauguration officielle. "Maudite soit la guerre", peut-on lire sur sa stèle, vers laquelle la statue d'un enfant en blouse et sabots brandit un poing rageur. 

L'évènement, jusqu'ici marginal, prend une tournure nationale. Pour la première fois, il est en effet question de réhabiliter ces quelques six cents soldats  que l'armée condamna à une mort déshonorante pour maintenir l'obéissance dans ses rangs. Nicolas Sarkozy s'est prononcé en ce sens il y a un an, -position récemment confirmée par Hubert Falco, secrétaire d'Etat à la Défense et aux anciens combattants-. On ne peut que l'en féliciter : il a su briser l'un de ces tabous qui servent parfois à écrire les mythes de l'Histoire. Tous les poilus ne sont pas partis accomplir leur devoir la fleur au fusil, et ceux qui ne sont jamais revenus ne sont pas tous morts en héros. Mais tous méritent, aujourd'hui, que l'on prenne un peu le temps de penser à l'enfer qu'ils ont vécu.         

Commentaires

Dear Martine,

Mon ancienne machine à écrire Underwood, je la regrette; il m'est encore difficile de manier ce nouvel ordi portable que le Père Noël m'a apporté, mais je pense me débrouiller encore assez bien pour vous dire combien je reste admiratif de tous vos écrits, leur clarté, et leurs contenus. Un grand bravo!
Passez de happy holidays. Que 2010 vous apporte, à vous et votre famille, la santé et le même courage pour continuer votre combat, qui est aussi un peu le mien. Je vous embrasse. Votre GI, Bernard

Écrit par : Bernard Dargols | 25 décembre 2009

Merci Bernard pour ce commentaire qui me touche beaucoup. Je vois que le Père Noël a bien choisi votre cadeau : un ordinateur et une connexion Internet, ce sont les armes indispensables quand on veut se battre pour la liberté d'expression et contre la résurgence de tout ce qui a fait le lit du fascisme.
Très joyeux Noël à vous et à votre famille !
Martine.

Écrit par : Plumorange | 25 décembre 2009

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