Avertir le modérateur

17 novembre 2009

Préparer l'alternance : les fondations sont jetées

A Dijon ce week-end, un incident a éclipsé un évènement. Si la venue importune d'une Ségolène Royal frustrée de ne pas pouvoir jouer les divas a régalé les médias, l'essentiel était ailleurs, dans un Rassemblement inédit de militants socialistes, écologistes et MoDem bien décidés à définir ensemble les termes d'une nouvelle offre politique. Après une première rencontre à Marseille en août, il s'agissait de plancher sur un sujet fondamental entre tous : l'avenir de l'école. 

Difficile de retracer un évènement auquel je n'assistais pas... par contre, il me paraît important de partager avec vous les "moments forts" des discours de clôture prononcés par Vincent Peillon (PS) et Marielle de Sarnez : voilà des mots, des phrases, des convergences qui laissent espérer l'avènement d'une véritable force d'alternance. Une force solide, qui reposera sur ces convictions partagées et pas sur des alliances de circonstance. Une force susceptible de réconcilier avec la politique un grand nombre de ceux qui ont cessé de s'y intéresser, écoeurés par les promesses démagogiques, les magouilles et les querelles d'égo.     

Plutôt qu'un résumé, ou qu'une analyse de texte, je vous propose des extraits choisis, des phrases qui me sont allées droit au coeur.   

Marielle de Sarnez : "Si nous sommes républicains et démocrates, épris de justice, alors ce qui nous rassemble doit être plus fort ce ce qui nous sépare" (...) "Pour gagner, il faudra mobiliser toutes les forces disponibles. Tous les républicains, tous les démocrates, quelle que soit leur préférence de parti, leur histoire, doivent peu à peu être rendus compatibles les uns avec les autres (...). Ce ne sera pas difficile : en fait, ce ne sont pas les idées qui séparent, ce sont les préjugés".  

Marielle de Sarnez encore : "Nous avons la charge de reconstruire ensemble un pays qui ne va pas bien et de ce pays nous sommes tous citoyens, coresponsables de l'alternance". 

Vincent Peillon : "Nous devons nous adresser à l'intelligence de nos concitoyens et agir dans la durée. Nous devons réintroduire le sens de l'intérêt général, et celui du temps, dans la vie politique" (...). "Le Rassemblement n'est pas un parti politique. Son objet est de construire des passerelles entre des personnalités, des militants, des citoyens qui veulent construire un projet pour 2012. C'est une matrice de débats, de propositions (...). 

Vincent Peillon plus loin : "Personne n'est propriétaire du Rassemblement. Il appartient, comme la France républicaine, à toutes celles et à tous ceux qui partagent une communauté de valeurs et veulent construire ensemble un destin commun". 

A propos de l'école, des orientations ont été suggérées, débattues. Certaines très consensuelles, comme la revalorisation de la filière professionnelle "qui ne doit plus être vécue comme un déclassement". Ou encore l'absolue nécessité de garantir à tous les élèves la maîtrise du français, thème cher à Marielle de Sarnez : "dans ce que la République doit à ses jeunes enfants pour qu'ils accèdent à l'autonomie, je veux insister devant vous sur la langue. La langue, c'est le pouvoir et la vie. L'expression des émotions, la présentation de soi même, l'empathie, l'autorité, la reconnaissance, le rire, l'analyse, tout cela, c'est la langue. C'est le nécessaire et presque le suffisant (...)", a t-elle affirmé, avant de dénoncer : "ceux qui exercent le pouvoir n'ont pas bien compris, puisqu'ils nous expliquent que pour redorer la filière littéraire, on va en faire une filière internationale!"

D'autres propositions avancées sont plus iconoclastes : refondre le calendrier scolaire pour alléger la journée des écoliers (la plus longue d'Europe), réformer le métier d'enseignant pour mieux le revaloriser (proposition soutenue par Peillon), ou encore diversifier les enseignements au collège pour que ceux qui décrochent de l'enseignement traditionnel ne soient plus exclus du système scolaire.

Pas encore un programme (chaque chose en son temps), mais déjà une base de réflexion, du matériau pour construire ensemble. "L'espoir qu'une autre France, plus juste, plus démocratique, plus ouverte sur le monde soit possible pour 2012 est plus fort ce soir qu'il n'était ce matin", a pu conclure Vincent Peillon.

Prochain rendez-vous du Rassemblement début 2010, sur un thème prometteur : la VI République, une république démocratique, sociale, laïque et durable.

Commentaires

Comme quoi il faut toujours espoir gardé !!! Enfin de la politique comme on voudrait en voir plus souvent, si ce n'est exclusivement. Pour plagier les propos d'un de mes amis, "les seuls combats perdus d'avance sont ceux que l'on ne fait pas", il faut encore et toujours croire à la politique. Elle peut être capable du pire, comme du meilleur ! Oeuvrons ensemble pour offrir à nos enfants le meilleur monde possible.

Écrit par : EspoirToujours | 17 novembre 2009

Bonjour,

Si je trouve ce type de débat fort interessant, je me permet d'être un peu pessimiste sur la pérénité de ce débat avec le PS. Je m'explique avec un exemple concret et proche. J-P Huchon qui est un social démocrate écrit dans son ouvrage interessant "De battre ma gauche s'est arrêtée" que l'alternance c'est une alliance au centre avec des exemples concrets assez juste. En pratique le PS reste dans une approche marxiste de la société et tente toujours de donner des gages à ses alliés communistes ou verts. Dans sa propre ville J-P Huchon fait voter des voeux opposés à ces écrits pour des calculs électoraux. Le succès actuel des verts c'est d'être intègre mais ce n'est pas le cas du PS.

au plaisir

Écrit par : Nouveau Centre 92 Nord | 19 novembre 2009

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu