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05 janvier 2010

Du principe de précaution poussé jusqu'à l'absurde...

roselyne-bachelot-hoptal-en-desherence-26-dec-2008_1236243396.jpegAu nom du principe de précaution, on peut aller très loin. Trop loin sans doute et jusqu'à l'absurde, comme l'a dit avec justesse Bernard Debré, député UMP -s'attirant au passage les foudres de Philippe Juvin, lequel a dû oublier qu'il avait lui-même jugé, en juin dernier, qu'il s'agissait d'une "grippe pas très grave mais très très contagieuse"-.

Quoi qu'il en soit, voici Roselyne Bachelot contrainte de résilier les commandes de quelques 50 millions de doses de vaccins, soit plus de la moitié de ce que l'Etat Français s'était engagé à acquérir quelques mois auparavant. Sans indemnisation aucune, nous assure-t-elle. Mais la fermeté affichée aujourd'hui dans ses "négociations" avec l'industrie pharmaceutique ne fait guère illusion.

Car enfin, fallait-il vraiment, au nom du principe de précaution, passer dans l'urgence une commande aussi disproportionnée (94 millions de doses, soit 10 % des stocks de vaccins mondiaux), alors même que ces vaccins n'avaient pu être être testés selon les procédures habituelles, qu'ils contenaient des substances controversées et que les premières informations en provenance de l'hémisphère sud laissaient à penser que la pandémie ne serait peut-être pas aussi terrible que ce que l'on avait redouté ?

Fallait-il aussi absolument, au nom du principe de précaution, mettre en oeuvre ce dispositif de vaccination paramilitaire dont on admet aujourd'hui qu'il n'a guère inspiré confiance aux Français, avec réquisition des professionnels de santé et mobilisation de la médecine militaire ?   

Madame Bachelot défend aujourd'hui ce qui aurait dû être mis en oeuvre depuis le début : une gestion évolutive de la situation, avec des médecins libéraux "réhabilités" au centre du système de soins.

Allons-nous enfin cesser de marcher sur la tête ? La gestion d'une crise sanitaire demande certes des mesures énergiques, mais surtout beaucoup de discernement : à défaut, on est dans le spectaculaire sans être dans l'efficacité.

Or, je ne suis pas certaine que le discernement fasse partie des qualités premières de ce gouvernement. Jean-Jacques Jégou, sénateur MoDem du Val-de-Marne, auteur d'un rapport sur l'achat des stocks de vaccins et de médicaments antigrippe A, note que la France a fixé des quantités "astronomiques" pour ses stocks d'antiviraux et de masques. En ce qui concerne les médicaments, Tamiflu et Relenza, la hauteur des stocks s'élève à 33 millions de doses (30 % des stocks mondiaux), alors même que leur utilité continue à être mise en cause par bien des experts. En ce qui concerne les masques, la France en possède un stock permanent de 1,7 milliard, disséminés sur tout le territoire national et pas toujours conservés dans les conditions adéquates...  

Les uns et les autres se périmant au bout de quelques années, on imagine le coût lié au maintien du "principe de précaution" poussé à ce niveau. Jean-Jacques Jégou a ainsi calculé que pour renouveler le stock d'antiviraux, il fallait débourser la coquette somme de 24 M€/an. Et que dire du gâchis... 

Que penser de tout cela ? Principe de précaution poussé à l'excès, ou principe de précaution alibi, servant de prétexte à des motivations beaucoup moins avouables ? Au moins Roselyne Bachelot a-t-elle accepté le principe d'une enquête parlementaire...   

Commentaires

Notre incapacité à admettre la faillibilité chez nos dirigeants, à voir du machiavélisme ou de l'incompétence dans ce qui n'est finalement qu'une faiblesse humaine, est le témoignage de l'immaturité politique de notre société. Une immaturité qui nous coûte fort cher, puisqu'elle ne permet plus aux décideurs politiques de prendre des mesures en fonction d'une analyse rationnelle des situations. A l'heure de la démocratie d'opinion, il n'y a plus de place pour les têtes froides .

Écrit par : perruque | 19 avril 2010

Les uns et les autres se périmant au bout de quelques années, on imagine le coût lié au maintien du “principe de précaution” poussé à ce niveau. Jean-Jacques Jégou a ainsi calculé que pour renouveler le stock d’antiviraux, il fallait débourser la coquette somme de 24 M€/an. Et que dire du gâchis…

Que penser de tout cela ? Principe de précaution poussé à l’excès, ou principe de précaution alibi, servant de prétexte à des motivations beaucoup moins avouables ? Au moins Roselyne Bachelot a-t-elle accepté le principe d’une enquête parlementaire…

Écrit par : anne duris | 19 avril 2010

Les commentaires sont fermés.

 
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