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11 janvier 2010

Le Rassemblement : débat au Petit Nanterre

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"Ouvrons le débat et écrivons ensemble les chapitres d'un projet alternatif pour la France" : c'est un slogan qui m'a interpellée. Construire ensemble, démocrates, socialistes, écologistes et même communistes, c'est une évidence, parce que ce les valeurs fondamentales qui nous rassemblent sont beaucoup plus importantes que ce qui nous sépare, et qui, bien souvent, ne relève que du dogmatisme. Le sarkozysme aura eu, au moins, le mérite de nous en faire prendre conscience. C'est aussi une urgence. Notre pays part à la dérive au gré des tocades d'un Président qui n'a pour convictions que quelques sévères allergies (à mai 68, à la fonction publique, aux intellectuels, aux grandes écoles...), et pour seul grand dessein, l'obsession de laisser son nom dans l'Histoire. 

Samedi dernier, donc, j'ai fait mes permiers pas au sein du Rassemblement, en tant qu'observatrice. L'occasion était belle : l'association Zy'Va, qui fait un remarquable travail de prévention et de 'retissage' du lien social dans le quartier du Petit Nanterre, avait convié les principaux leaders du projet à débattre avec les habitants. Le thème était celui sur lesquels les militants avaient planché à Dijon, l'éducation et ses différentes problématiques, dont celle -centrale- de la ségrégation issue de la ghettoisation des territoires. 

Ce billet n'a pas vocation à faire un compte-rendu de cette rencontre, ni d'exposer les différentes propositions formulées par les intervenants politiques (pour en prendre connaissance dans le détail, il suffit d'aller sur le site du Rassemblement). Plus modestement, et très subjectivement, je voudrais juste partager quelques impressions, retranscrire quelques phrases qui m'ont frappées et que j'ai griffonnées à la hâte. 

Première impression : le Rassemblement n'est pas un lieu où l'on cultive le consensus mou. Entre autres, parce qu'il donne la parole à des personnalités atypiques, telles que Gabriel Cohn-Bendit, venu témoigner de ses expériences de pédagogie alternative avec, notamment, le lycée expérimental de Saint-Nazaire. Pour lui, l'école est carrément à réinventer. Profondément inégalitaire parce qu'élitaire, elle évalue les élèves à l'aune d'une culture qui n'est pas la leur : élèves et enseignants n'habitent pas les mêmes quartiers, ne parlent pas le même langage. Beaucoup plus positif et intransigeant vis-à-vis du respect dû à l'institution, Malek Boutih, secrétaire national du Parti Socialiste, a tenu à souligner que "beaucoup ont réussi par l'école, et on continue à réussir par l'école. Mais il s'est instauré un rapport trop utilitariste, consumériste, entre les parents et l"école de leurs enfants".

Deuxième impression : le Rassemblement n'est pas non plus le lieu où l'on cultive les clichés faciles et la langue de bois. Ainsi, quand Vincent Peillon parle d'un "nouveau contrat entre l'Ecole et la Nation", ce n'est pas un simple effet de langage : "l'école doit accepter d'évoluer fondamentalement, de revoir certaines bases (...). Nous devons reformer nos méthodes pédagogiques qui échouent à prendre en compte certaines compétences, (...) réformer aussi nos programmes qui échouent à épanouir tous les élèves". Autre exemple avec Marielle de Sarnez, évoquant l'éternelle question des moyens affectés à l'Education Nationale : "Il ne faut pas sous-estimer les difficultés financières du pays. On ne pourra pas mettre plus d'argent dans l'école, mais on doit lui garantir une stabilité des moyens pour lui permettre d'avoir de vraies perspectives". Dernier exemple, Marielle de Sarnez toujours, faisant allusion à la polémique concernant l'ouverture des grandes écoles aux élèves issus de milieux modestes : "ce n'est pas au niveau des grandes écoles qu'il faut s'attaquer aux inégalités. C'est à l'école maternelle, au CP, au CE1, qu'on devrait mettre le paquet pour détecter les problèmes, quitte à faire des classes de dix ou douze élèves, et des amphis de 40 au lycée! Il faut éviter de reporter toujours sur l'échelon supérieur les difficultés qui n'ont pas été réglées..."  

Troisième impression : beaucoup de convergences et un grand respect, qu'il s'agisse des intervenants entre eux ou des intervenants vis-à-vis du public (parents, enseignants, responsables d'associations). Quelque chose est en train de s'ébaucher, et promis, j'apporterai ma pierre au prochain chapitre, qui traite de la question difficile mais pourtant incontournable de nos institutions. 

Commentaires

C'est par ce type d'initiatives que l'on construira une véritable alternance à ce modèle qui va droit dans le mur. Ca fait plaisir de voir que l'on sait se parler en toute intelligence au delà de nos différences. Effectivement, il faut que l'on participe chacun à notre manière à cette démarche pour faire du rassemblement un véritable projet de vie et de société; construire une nouvelle force dans notre pays.

Écrit par : Sébastien B | 12 janvier 2010

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