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21 janvier 2010

Copé joue la drague

Jean_francois_cope.jpegPas facile de faire entendre sa voix quand on est un élu UMP. La concurrence est rude, à commencer par celle d'un président hyperactif et de ses diverses doublures accoutumées à s'inviter dans les médias (au nom de quelle légitimité, on se le demande...).

Enfin, bref. Jean-François Copé a compris le problème. Il a aussi réalisé que défendre bec et ongles la politique gouvernementale (Hadopi, fiscalisation des indemnités versées aux victimes d'accidents du travail... ) ne ferait pas forcément grimper sa popularité au zénith. 

Il lui fallait donc se trouver un créneau... plus sexy. C'est chose faite : Copé s'est institué défenseur des droits des femmes, et ne chôme pas. Proposition de loi visant à interdire la burqa, avant même que la commission d'enquête parlementaire chargée d'examiner le problème n'ait rendu son rapport (c'est qui, le fils spirituel de Sarkozy ?). Autre proposition visant à instituer une stricte parité au sein des conseils d'administration des grandes entreprises. Au train où ça va, il pourrait fort bien suggérer que la fonction présidentielle elle-même soit féminisée un quinquennat sur deux (il s'en trouve même pour dire que cela servirait bien ses ambitions...). 

Donc, J-F C. prétend parler au nom des femmes. Mais les a-t-il écoutées auparavant ? J'en doute. Prenons la burqa : bien sûr que la burqa choque, parce qu'elle impose à notre regard le symbole d'une soumission acceptée (ou censée l'être). Pourtant, lorsque les femmes qui la portent osent en parler, elles la revendiquent comme choix effectué au nom de leur propre liberté de conscience.

Dans ces conditions, interdire par voie légale est-il une solution ? Je ne crois pas. L'interdiction ne peut que radicaliser ce qui n'était que marginalisation, ou simple provocation. On peut discuter avec une femme voilée libre d'aller et venir. On ne le peut plus si cette femme choisit de se confiner chez elle au nom de ses convictions. A tout prendre, je préfère une radicalisation libre de s'exprimer à un fanatisme opprimé et dissimulé. 

En ce qui concerne la féminisation des postes de direction dans les grandes entreprises, que va proposer Jean-François Copé ? De nouveaux quotas, comme en politique ? Des postes qui seraient "réservés" aux femmes, non pas pour leurs compétences mais parce qu'elles appartiennent au sexe faible ?

Monsieur Copé, vous aurez beau adopter ce petit sourire en coin que vous semblez trouver dévastateur, nous serons nombreuses à vous répondre : "non, merci". Parce que là non plus, vous n'avez rien compris. Notre problème n'est pas que l'on veuille bien nous faire de la place. Notre problème, c'est que notre économie, notre société, nos rythmes de vie ne sont pas adaptés à nos aspirations, qui ne se limitent pas aux questions d'argent et de pouvoir. Notre problème, c'est de concilier les ambitions professionnelles auxquelles nous pouvons prétendre avec d'autres ambitions, non moins légitimes : une vie familiale équilibrée, l'épanouissement de nos enfants. 

Que proposez-vous pour cela ? Que propose l'UMP pour cela ? Rien, ou pas grand-chose. Ah, si, je suis injuste. Pour aider les jeunes femmes franciliennes à travailler en horaires décalés même lorsqu'elles prennent les transports en commun, Valérie Pécresse suggère des "magasins ouverts tard le soir" et des "crèches à côté des gares".

Cool. On va pouvoir partir travailler à l'autre bout de la région parisienne sans chronomètrer notre temps de travail et sans remords, avec bébé à la consigne de la gare et l'assurance de trouver un paquet de couches à notre retour. Ca va sûrement nous faciliter l'avancement. Ceci dit, reste un problème, que fait-on des plus de trois ans ? Que prévoit l'UMP pour "libérer" définitivement le travail des femmes ? Des internats d'excellence dès la maternelle ? 

Trêve de cynisme. Les propositions de M. Copé et de Mme Pécresse ne me font pas rire, elles m'inquiétent. Car elles sont révélatrices d'un projet de société uniquement tourné vers l'économique, la performance, la productivité, où la qualité de vie n'est appréciée qu'au regard de la "liberté" de travailler et de consommer. 

Ce projet de société n'est pas celui auquel j'aspire, ni sur le plan philosophique, ni (surtout) en tant que mère de famille. C'est l'une des raisons pour lesquelles je me suis engagée en politique, et c'est la raison pour laquelle je continue à espérer dans une autre voie, celle d'un  humanisme à réinventer. 

    

Commentaires

"./..Pour aider les jeunes femmes franciliennes à travailler en horaires décalés même lorsqu'elles prennent les transports en commun, Valérie Pécresse suggère des "magasins ouverts tard le soir" et des "crèches à côté des gares"."
Le fait de permettre que les magasins soient ouverts tard le soir ne facilitent en rien les franciliennes, car c'est souvent elles qui tiennent ces même magasins. Il est rare de voir dans les magasins que le personnel soit uniquement constitué d'hommes. En obligeant les fermetures tardives ont pénalise encore plus ces franciliennes.
La seule solution a mon avis c'est qu'au contraire les magasins ferment tôt, mais que ces franciliennes puissent se faire livrer en rentrant vers 18h. Les livraisons sont rarement faites par des femmes. Et, s'il y avait plus de livraison, les frais seraient écrasés, donc les livraisons ne seraient plus réservées aux seuls ménages aisés.
Il faudrait alors instituer une loi interdisant l'ouverture de tous les magasins employant du personnel après 18h, et, permettre la gratuité des livraisons.... Utopique !!

Écrit par : Patrice | 25 janvier 2010

Les commentaires sont fermés.

 
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