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28 janvier 2010

Dolium : stop à la pub

alain-dolium-candidat-inattendu-L-2.jpegAutant l'avouer, j'ai piqué une grosse colère ce matin en faisant -comme d'habitude- un rapide tour de l'actualité locale et nationale. Objet de mon courroux, une dépêche AFP intitulée "Dolium (MoDem) se défend d'être l'Obama Français, comme le suggérait son staff". 

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Alain Dolium est notre tête de liste pour les régionales en Ile-de-France : 41 ans, d'origine antillaise, il a grandi en banlieue (Malakoff), et dirige aujourd'hui une entreprise spécialisée dans le marketing et les nouvelles technologies. 

Inconnu du grand public comme des militants MoDem (y compris ceux de la section à laquelle il a adhéré), il a été choisi pour porter nos couleurs lors des prochaines élections, ou plutôt, devrais-je dire, pour les incarner : nos instances nationales ont fait le pari de choisir un profil et une histoire personnelle plutôt qu'une expérience politique, manifestant ainsi notre volonté d'accompagner le renouvellement politique nécessaire à notre pays.

C'est un choix auquel je n'ai pas adhéré, personnellement, mais il a été approuvé par les militants. Faisons donc avec Alain Dolium. Après tout, son parcours le prédispose effectivement à porter nos valeurs, et je ne doute pas un instant qu'ayant été choisi par François Bayrou, il s'agisse d'un homme de convictions.

Mais un tel choix est un pari dangereux. Si le médium doit effectivement être en phase avec le message, il ne peut, à lui seul, être le message, sauf à laisser entendre que le MoDem communique désormais sur l'image et pas sur le fond.

C'est pourtant cet axe de communication très superficiel qu'a choisi l'équipe d'Alain Dolium jusqu'ici. N'hésitant pas à utiliser cette accroche incongrue pour inviter la presse au lancement de la campagne : "Alain Dolium est-il le nouvel Obama français? Venez-en juger par vous-mêmes!"

Outre son ridicule, cette accroche digne d'une publicité pour une nouvelle marque de lessive est une insulte au travail de fond que les militants effectuent chaque jour sur le terrain pour lutter contre la démagogie ambiante. Notre marque de fabrique, c'est justement de susciter une réflexion de qualité, d'opposer des arguments étayés à des idées toutes faites et à des formules creuses. Par pitié, ne tombons pas dans le piège d'un marketing politique clinquant et bas-de-gamme. Laissons ce terrain à ceux dont c'est le fonds de commerce. 

 

26 janvier 2010

Sacrée soirée hier sur TF1

sarkozy.jpegAllez, avouez. Combien d'entre vous ont finalement regardé ce Sarko show dont on nous faisait la promo depuis plusieurs jours, après avoir juré que non, ils n'y jetteraient même pas un coup d'oeil, parce que l'on savait d'avance ce qui allait être dit ? 

Ca n'a pas raté. Moi la première, j'ai enchaîné Ferrari et Pernault. Sacrée soirée. Un seul invité, mail quel numéro! Faudrait penser à le nominer aux prochains Oscars, dans la catégorie comédie politique (dans la même catégorie, ne pas oublier de nominer Junior, pour sa prestation, également sur TF1, après sa renonciation à la Présidence de l'EPAD). 

Car il faut, du talent, pour laisser une impression d'humilité quand on s'est vautré dans près de deux heures d'autosatisfaction, pour paraître convaincant quand on multiplie les réponses approximatives et lénifiantes, pour laisser croire qu'on est à l'écoute sans jamais se remettre en question. 

Tout ça m'a laissé une impression -bizarre- de déjà vu. Je viens de réaliser pourquoi : le coup du "je-fais-semblant-de-vous-écouter patiemment-mais-c'est-moi-qui-ai-raison", on connaît par coeur, à La Garenne. C'est ce genre de faux dialogue que la mairie pratique régulièrement avec ses administrés, riverains, commerçants, associatifs...     

Je ne vais pas commenter davantage l'émission. D'autres l'ont fait avec plus de talent, d'humour et de concision que moi. Je citerai Jean-Marcel Bouguereau, journaliste à la Nouvelle République des Pyrénées : "l'habituel numéro du 'moi je', enrobé de sucre empathique". Ou encore cet irrésistible article de Jean-François Kahn sur Marianne 2, intitulé "Sarkozy est formidable, les Français ne le méritent pas", que je vous invite à lire en cliquant ici

Allez, bonne journée, et à très bientôt pour un nouveau billet, de fond cette fois. Car il s'est passé ce week-end des évènements politiques bien plus décisifs que la prestation de Sarkozy, tant au niveau du MoDem que de la réunion du Rassemblement à Paris. Face aux dérives du pouvoir, les discours se durcissent. La résistance s'organise en bousculant les clivages politiques. Ce blog tentera d'en être un vecteur, et pourquoi pas, un fédérateur. 

21 janvier 2010

Copé joue la drague

Jean_francois_cope.jpegPas facile de faire entendre sa voix quand on est un élu UMP. La concurrence est rude, à commencer par celle d'un président hyperactif et de ses diverses doublures accoutumées à s'inviter dans les médias (au nom de quelle légitimité, on se le demande...).

Enfin, bref. Jean-François Copé a compris le problème. Il a aussi réalisé que défendre bec et ongles la politique gouvernementale (Hadopi, fiscalisation des indemnités versées aux victimes d'accidents du travail... ) ne ferait pas forcément grimper sa popularité au zénith. 

Il lui fallait donc se trouver un créneau... plus sexy. C'est chose faite : Copé s'est institué défenseur des droits des femmes, et ne chôme pas. Proposition de loi visant à interdire la burqa, avant même que la commission d'enquête parlementaire chargée d'examiner le problème n'ait rendu son rapport (c'est qui, le fils spirituel de Sarkozy ?). Autre proposition visant à instituer une stricte parité au sein des conseils d'administration des grandes entreprises. Au train où ça va, il pourrait fort bien suggérer que la fonction présidentielle elle-même soit féminisée un quinquennat sur deux (il s'en trouve même pour dire que cela servirait bien ses ambitions...). 

Donc, J-F C. prétend parler au nom des femmes. Mais les a-t-il écoutées auparavant ? J'en doute. Prenons la burqa : bien sûr que la burqa choque, parce qu'elle impose à notre regard le symbole d'une soumission acceptée (ou censée l'être). Pourtant, lorsque les femmes qui la portent osent en parler, elles la revendiquent comme choix effectué au nom de leur propre liberté de conscience.

Dans ces conditions, interdire par voie légale est-il une solution ? Je ne crois pas. L'interdiction ne peut que radicaliser ce qui n'était que marginalisation, ou simple provocation. On peut discuter avec une femme voilée libre d'aller et venir. On ne le peut plus si cette femme choisit de se confiner chez elle au nom de ses convictions. A tout prendre, je préfère une radicalisation libre de s'exprimer à un fanatisme opprimé et dissimulé. 

En ce qui concerne la féminisation des postes de direction dans les grandes entreprises, que va proposer Jean-François Copé ? De nouveaux quotas, comme en politique ? Des postes qui seraient "réservés" aux femmes, non pas pour leurs compétences mais parce qu'elles appartiennent au sexe faible ?

Monsieur Copé, vous aurez beau adopter ce petit sourire en coin que vous semblez trouver dévastateur, nous serons nombreuses à vous répondre : "non, merci". Parce que là non plus, vous n'avez rien compris. Notre problème n'est pas que l'on veuille bien nous faire de la place. Notre problème, c'est que notre économie, notre société, nos rythmes de vie ne sont pas adaptés à nos aspirations, qui ne se limitent pas aux questions d'argent et de pouvoir. Notre problème, c'est de concilier les ambitions professionnelles auxquelles nous pouvons prétendre avec d'autres ambitions, non moins légitimes : une vie familiale équilibrée, l'épanouissement de nos enfants. 

Que proposez-vous pour cela ? Que propose l'UMP pour cela ? Rien, ou pas grand-chose. Ah, si, je suis injuste. Pour aider les jeunes femmes franciliennes à travailler en horaires décalés même lorsqu'elles prennent les transports en commun, Valérie Pécresse suggère des "magasins ouverts tard le soir" et des "crèches à côté des gares".

Cool. On va pouvoir partir travailler à l'autre bout de la région parisienne sans chronomètrer notre temps de travail et sans remords, avec bébé à la consigne de la gare et l'assurance de trouver un paquet de couches à notre retour. Ca va sûrement nous faciliter l'avancement. Ceci dit, reste un problème, que fait-on des plus de trois ans ? Que prévoit l'UMP pour "libérer" définitivement le travail des femmes ? Des internats d'excellence dès la maternelle ? 

Trêve de cynisme. Les propositions de M. Copé et de Mme Pécresse ne me font pas rire, elles m'inquiétent. Car elles sont révélatrices d'un projet de société uniquement tourné vers l'économique, la performance, la productivité, où la qualité de vie n'est appréciée qu'au regard de la "liberté" de travailler et de consommer. 

Ce projet de société n'est pas celui auquel j'aspire, ni sur le plan philosophique, ni (surtout) en tant que mère de famille. C'est l'une des raisons pour lesquelles je me suis engagée en politique, et c'est la raison pour laquelle je continue à espérer dans une autre voie, celle d'un  humanisme à réinventer. 

    

 
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