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27 avril 2010

France 2, 22h55 : Les Infiltrés au pays des amis de Kleber Haedens

david-pujadas-video-sarkozy.jpegAlors que le gouvernement se défend de vouloir assimiler islam et intégrisme, le magazine de France 2 "Les Infiltrés" dénonce ce soir une autre forme d'extrémisme. L'équipe de David Pujadas a en effet infiltré et fimé en caméra cachée, plusieurs mois durant, un groupuscule nationaliste lié aux catholiques traditionalistes, Dies Irae.

L'émission est semble t-il si dérangeante qu'elle fait scandale. On y voit, semble t-il, un jeune militant haranguer ses troupes pour préparer la prochaine guerre sainte contre les musulmans qu'il faudrait "saigner au couteau". On y voit aussi les écoliers d'une école catholique anonner une comptine sur les camps de concentrations en se disant "fachos".

Le reportage a été tourné en région bordelaise. Il aurait pu l'être dans les Hauts-de-Seine. Car même si je ne sais rien des images qui seront diffusées ce soir, je connais d'avance les discours, les formules, les propos. Autant le bla-bla officiel, policé et propret (celui du bon père de famille attaché aux valeurs fondamentales de notre société et un brin anticonformiste... ), que la version off, nettement plus musclée et franchement raciste et antisémite.

Ces deux versions, nous les avons entendues et combattues pendant plus de neuf mois lors de l'affaire Kleber Haedens. Souvenez-vous, il y a encore un an, le collège des Champs-Philippe s'appelait collège Kleber Haedens, selon la volonté de notre maire Philippe Juvin qui souhaitait lui donner le nom de son écrivain préféré, secrétaire particulier de Charles Maurras pendant l'Occupation et pigiste occasionnel dans plusieurs revues pétainistes et antisémites, dont le tristement célèbre "Je suis Partout". 

Comme le démontre avec efficacité le blog le retour de Buzz, ceux qui tentent aujourd'hui d'interdire la diffusion de l'émission de Pujadas sont exactement les mêmes que ceux qui soutenaient Philippe Juvin dans le choix du nom de Kleber Haedens : des groupuscules royalistes, des partis et mouvements d'extrême-droite, des fachistes autoproclamés.

Une émission que les Garennois regarderont donc avec une attention particulière. Car la crudité du langage tenu par les jeunes bordelais n'est en définitive que la fache cachée d'un autre discours, aujourd'hui politiquement audible sinon correct, qui tend à réhabiliter l'héritage intellectuel de l'extrême-droite.  

26 avril 2010

Quand la xénophobie gagne du terrain

a622_image005.jpegIl y a un peu plus d'un an, m'était parvenue une invitation à un colloque dont le thème était ainsi formulé : y a  t-il une xénophobie d'Etat ? J'avoue qu'à l'époque, l'intitulé m'était apparu quelque peu excessif, même si je fais partie de celles et ceux qui n'ont jamais digéré la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. 

Quelques mois plus tard, la question ne me semble plus du tout outrancière, et bien pire que cela, je pense que l'on peut passer de la forme interrogative à la forme affirmative. Oui, la France de Sarkozy est devenue une France xénophobe.

Je ne m'étendrai pas sur l'affaire de cette conductrice nantaise portant le niqab, dont le mari serait soupçonné de polygamie et de fraude aux allocs. Tout a été dit, ou presque, sur la manière dont cette situation particulière a été instrumentalisée et surmédiatisée par un pouvoir avide de séduire l'électorat d'extrême-droite. A tel point que le mitraillage de la mosquée d'Istres est passé, lui, quasiment inaperçu.  

Un mot, quand même, sur la manière dont Hortefeux (chaudement fécilité par Le Pen) a demandé à son collègue Besson d'examiner la manière dont le supposé polygame pourrait être "déchu de la nationalité française", avant même que les faits ne soient vérifiés et examinés au regard du droit. Il semble que désormais, en France, ce soit le Ministre de l'Intérieur qui rende la justice et même fasse la loi, puisque celle-ci, a répondu Besson, pourrait être "aménagée" dans le cas où les textes en vigueur ne permettent pas d'obtenir la sentence souhaitée. C'est tout simplement hallucinant. 

Mais au-delà de ce fait divers, non moins inquiétante est la banalisation et l'institutionnalisation d'un racisme "administratif", qui s'insinue là où on s'y attendrait le moins, sous des prétextes plus ou moins fallacieux. C'est ainsi que depuis l'automne, la FFF (Fédération Française de Football) exige que les enfants souhaitant s'inscrire à un club de foot fassent la preuve qu'ils résident sur le territoire depuis au moins cinq ans...

Raison invoquée : mettre fin au trafic de jeunes joueurs (quelques cas par an), comme le souhaite la FIFA (Fédération Internationale de Football). Sauf qu'en l'occurence, la FFF outrepasse largement les recommandations de la FIFA, qui se limitent à préconiser un examen attentif en cas de délivrance d'une première licence, et n'imposent un délai de résidence de cinq ans que dans le cas très précis de transfert international de mineur.   

Concrètement, pour les parents d'origine étrangère, l'inscription de leur enfant à un club de foot est devenue un vrai parcours du comabttant. Dans certaines ligues appliquant à la lettre les consignes de la FFF, on exige qu'ils produisent pas moins de cinq documents : justification d'activité professionnelle pour au moins l'un des deux parents, permis de travail, justificatif officiel de résidence, justificatif d'identité et de nationalité des parents, justificatif du lien de filiation.

D'après le Quotidien Le Monde, rien que pour l'Ile-de-France, 800 enfants se seraient vu refuser la délivrance de leur première licence en octobre dernier. Pour eux, s'ils se sont obstinés à chausser les crampons, pas de match, rien que des entraînements... 

La Ligue des Droits de L'Homme a annoncé son intention de saisir la justice pour pratiques discriminatoires. Pour elle, aucun doute, cet excès de zèle est "un choix d'image et de symbolisation de la FFF, qui joue la carte gouvernementale". Rama Yade, quant à elle, est bien silencieuse sur la question...

    

 

16 avril 2010

Pause!

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J'apprends par un blog garennois ami, le retour de buzz, que Philippe Juvin a cru bon de faire jouer la Marseillaise lors d'un repas offert par la ville à nos aînés. 

Comme le souligne PhilBert, le webmaster du Buzz, voila qui ne manque pas de sel, venant d'un maire qui, il y a un an encore, ne reculait devant rien pour que Kleber Haedens, écrivain obscur et antirépublicain notoire (Kleber Haedens fut le très dévoué secrétaire particulier de Charles Maurras sous l'Occupation), donne son nom au nouveau collège de la ville. 

De manière plus générale, il me semble que cette anecdote est révélatrice d'une certaine dérive. Pourquoi la Marseillaise à l'occasion d'un évènement convivial qui n'avait rien d'officiel ? Sommes-nous encore dans le registre républicain, ou dans celui, ô combien plus dangereux, de l'exarcerbation de symboles nationaux (dans ce qu'ils ont de plus primitif, en l'occurence, les paroles de La Marseillaise ne faisant pas vraiment dans la dentelle...). 

Amis lecteurs, je vous laisse méditer sur cette question. Plum'Orange marque une pause, le temps d'une dizaine de jours de vacances. A très bientôt!

 
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