Avertir le modérateur

05 mai 2010

Petites chroniques de la vie municipale : intimidation, harcèlement, suite

Acharnement. Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier la manière dont Philippe Juvin, maire (UMP) de notre bonne ville de La Garenne-Colombes, traite les riverains du chantier de la médiathèque.

Avant d'en venir au dernier rebondissement de cette histoire -tout aussi peu glorieux pour notre municipalité que les précédents-, petit retour en arrière sur une banale affaire d'urbanisme qui s'est envenimée au point de tourner au rapport de force judiciaire

Mars 2005 : afin de faciliter la construction de la médiathèque, la mairie, via la SEM 92, demande à deux retraités, les frères D., qui vivent en copropriété sur une parcelle de 370 m2 jouxtant le futur chantier, de céder leur terrain. Bien qu'il s'agisse d'une propriété à laquelle ils sont particulièrement attachés puisqu'ils y sont nés et y ont grandi, ils acceptent, sous réserve de pouvoir se reloger à La Garenne dans des conditions équivalentes : un petit pavillon de plain pied pour le frère le plus âgé (handicapé), un appartement de deux pièces dans un immeuble avec ascenseur pour le plus jeune.

Ces exigences semblent raisonnables, venant de la part de deux octogénaires attachés à leur ville. Pourtant, la proposition financière qui leur sera faire par la SEM ne permet pas d'exaucer leurs voeux. En conséquence, et c'est bien compréhensible, ils refusent de brader leur bien. 

Dès lors, la mairie va multiplier les pressions pour tenter de les faire plier. En 2006, à la faveur d'un nouveau Plan Local d'Urbanisme, leur terrain est placé en réserve foncière, donc potentiellement "expropriable". Quelques mois plus tard, la mairie accouche d'un projet de médiathèque qui enclave littéralement leur propriété par de hauts murs (12m et 8 m), entraînant inévitablement sa dévalorisation.

Alors que se poursuivent de manière chaotique des "négociations" qui jamais, n'aboutiront à une indemnisation équitable, la famille D. entreprend de se défendre. Il se trouve que le permis de construire initial de la médiathèque est entaché d'une illégalité flagrante puisqu'il ne prévoit pas de parking souterrain, contrairement à ce qu'exige le P.L.U de l'époque. La famille D. décide alors de l'attaquer en justice et, après moult péripéties, obtient gain de cause en mai 2009 : le chantier doit alors être stoppé pendant de longs mois... le temps pour la mairie de faire adopter un nouveau Plan local d'Urbanisme qui ne prévoie plus d'obligation de parking souterrain pour les équipements publics!!! 

A la fin de l'hiver, le nouveau P.L.U étant entré en vigueur et le chantier de la médiathèque se trouvant de ce fait "régularisé", le béton s'est remis à couler rue de Chateaudun, et les murs à s'élever. Mais en même temps que leurs fenêtres s'obscurcissaient, les frères D. devaient faire face à une nouvelle entreprise de harcèlement municipal. 

Les deux octogénaires ont d'abord été convoqués de manière pressante en mairie, la raison invoquée demeurant très vague : soi-disant, pour faire le point sur l'état d'avancement du chantier. "Invitation" que les deux frères ont déclinée, en demandant que la mairie précise par écrit ses intentions. Pour toute réponse, il ont reçu la visite d'un émissaire municipal leur demandant de signer sur-le-champ un vague formulaire, le problème se précisant alors un peu puisqu'il s'agissait de donner au constructeur l'autorisation d'accéder à leur propriété. Nouveau refus de la famille Dubois, qui a estimé, non sans raison, qu'on tentait de lui forcer la main.

C'est enfin un huissier de justice qui s'est présenté à leur domicile le 20 avril dernier, porteur d'une assignation leur enjoignant de donner sous huit jours leur accord de principe à la construction d'une plate-forme de chantier sur leur propriété. Un ultimatum qui, là encore, manquait de précisions élémentaires, puisque ni la durée de l'"occupation", ni la surface de terrain utilisée n'étaient indiquées. 

La réponse de la famille D., courtoise mais ferme, n'a pas varié : précisez votre demande par écrit, pour que nous puissions l'étudier à tête reposée et le cas échéant nous faire conseiller. N'importe quel propriétaire en aurait fait autant. Mais dans le fief de Philippe Juvin, ce n'est pas le genre de réponse qui convient au seigneur des lieux. Notre maire vient de les assigner devant le Tribunal de Grande Instance.

Cela en dit long sur la conception que Philippe Juvin peut avoir de l'institition judiciaire : une justice au service, que dis-je, aux ordres du plus fort... 

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu