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18 juin 2010

A propos d'imposture...

La presse s'acharne aujourd'hui contre une équipe de France déboussolée, et ne trouve pas de mots assez durs pour décrire sa contre-performance d'hier soir en coupe du monde, n'hésitant pas à parler d'"imposture". 

Et bien c'est aussi d'une imposture, autrement plus grave, que je voudrais parler aujourd'hui.

Cela n'a pu échapper à personne, Sarkozy a traversé la Manche aujourd'hui pour commémorer à Londres le 70 ème anniversaire de l'appel du 18 juin. Notre Président, toujours en quête d'une dimension historique qui lui fait désespérément défaut, a donc "libéré" quelques heures dans son emploi du temps pour "mettre ses pas dans ceux du Général", comme le note avec finesse un journaliste de Yahoo Actualités.

Seulement, voilà. Ce n'est pas seulement la différence de pointure qui saute aux yeux (celle-là, je ne pouvais pas la rater). C'est aussi l'absence de légitimité dans un geste qui se veut éminemment symbolique. 

Car enfin, en quoi Sarkozy peut-il se réclamer de l'héritage gaulliste ? Pour avoir mis à mal les dispositifs de protection sociale issus du Conseil National de la Résistance ? Pour avoir fait entrer la France dans le commandement intégré de l'ONU ? Pour avoir créé un ministère de l'intégration et de l'identité nationale, dont l'appellation à elle seule véhicule des relents fascistes ? 

Il suffisait de regarder tout à l'heure quelques minutes de la retransmission de la cérémonie à Londres, pour comprendre pourquoi Sarkozy avait fait le déplacement. Pour les photos. Pour l'immortalisation d'un moment historique, un moment bien trop long d'ailleurs si l'on en juge par ses gestes d'impatience mal réfrénés. Sarkozy n'était pas là pour se recueillir ni rendre hommage à un modèle historique. J'ai eu honte, vraiment honte, en le voyant à l'ancien QG de la France libre, écoutant à peine les explications de ses hôtes, piaffant d'impatience de passer à la suite. 

Un collégien ayant eu la même attitude se serait sans aucun doute fait réprimander par son prof. Sarko, lui, pense encore qu'il peut tout se permettre. Il a tort. La hauteur qui lui fait défaut n'est pas qu'une question de talonnettes.  

Il faut enfin ajouter que la récupération, chez Sarkozy, devient une véritable manie. Comme le soulignait Christophe Barbier, ce matin, sur LCI : "oui, oui, c'est de la récupération, mais elle n'est pas récente. Nicolas Sarkozy cherche à récupérer toutes les résistances, celle de Guy Moquet, celle du maquis des Glières, celle de Londres, toutes les résistances aussi en termes idéologiques, le gaullisme de droite, avec quelqu'un comme Guaino, le gaullisme de gauche avec quelqu'un comme Max Gallo, et puis il veut récupérer toute l'histoire, Nicolas Sarkozy. Le fils d'immigrés hongrois s'est transformé le 14 juillet 2007 au lancement de sa campagne présidentielle en une éponge à mythes historiques, il y a tout mis, de Jeanne d'Arc à Guy Moquet, et il a réussi comme ça à trouver une dimension présidentielle (...)".

Rectification. Il essaie de trouver une dimension présidentielle. De manière aussi pitoyable que l'a été, hier, la défaite des Bleus. 

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