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21 juin 2010

Chris Potter fait vibrer la dalle

Chris_Potter_03josknaepenAG275.jpgPas de billet politique en ce jour de Fête de la Musique, mais un coup de coeur, un vrai.

La Défense Jazz Festival, évènement musical organisé par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, vient de s'ouvrir ce midi avec deux grosses pointures : le pianiste Eric Legnini et le saxophoniste Chris Potter, improvisateur de génie qui était déjà venu à La Défense il y a deux ans en compagnie d'un certain Herbie Hancock. 

Bravo au Département d'avoir tenté ce pari : faire vivre le jazz au pied des tours, en plein milieu d'un quartier d'affaires qui manque singulièrement de poésie et d'humanité. L'évènement a désormais ses habitués. L'atmosphère est bon enfant, métissée, à l'image de la musique qu'elle célèbre : La Défense Jazz Festival réussit le tour de force de réunir connaisseurs de tous âges, familles et cadres délaissant pour quelques instants un agenda surchargé. L'acoustique est quant à elle inespérée dans un endroit où règnent les courants d'air. Ou alors, plus probablement, les techiciens du son font des miracles.  

Et ça marche. Le premier concert s'est achevé sur une standing ovation. Il reste encore six jours pour venir partager des moments privilégiés, gratuits et ouverts à tous. Pas besoin de réserver! Prévoyez quand même crème solaire, lunettes de soleil, et coupe-vent pour faire face à tous les aléas climatiques... 

Pour le programme, c'est ici

18 juin 2010

A propos d'imposture...

La presse s'acharne aujourd'hui contre une équipe de France déboussolée, et ne trouve pas de mots assez durs pour décrire sa contre-performance d'hier soir en coupe du monde, n'hésitant pas à parler d'"imposture". 

Et bien c'est aussi d'une imposture, autrement plus grave, que je voudrais parler aujourd'hui.

Cela n'a pu échapper à personne, Sarkozy a traversé la Manche aujourd'hui pour commémorer à Londres le 70 ème anniversaire de l'appel du 18 juin. Notre Président, toujours en quête d'une dimension historique qui lui fait désespérément défaut, a donc "libéré" quelques heures dans son emploi du temps pour "mettre ses pas dans ceux du Général", comme le note avec finesse un journaliste de Yahoo Actualités.

Seulement, voilà. Ce n'est pas seulement la différence de pointure qui saute aux yeux (celle-là, je ne pouvais pas la rater). C'est aussi l'absence de légitimité dans un geste qui se veut éminemment symbolique. 

Car enfin, en quoi Sarkozy peut-il se réclamer de l'héritage gaulliste ? Pour avoir mis à mal les dispositifs de protection sociale issus du Conseil National de la Résistance ? Pour avoir fait entrer la France dans le commandement intégré de l'ONU ? Pour avoir créé un ministère de l'intégration et de l'identité nationale, dont l'appellation à elle seule véhicule des relents fascistes ? 

Il suffisait de regarder tout à l'heure quelques minutes de la retransmission de la cérémonie à Londres, pour comprendre pourquoi Sarkozy avait fait le déplacement. Pour les photos. Pour l'immortalisation d'un moment historique, un moment bien trop long d'ailleurs si l'on en juge par ses gestes d'impatience mal réfrénés. Sarkozy n'était pas là pour se recueillir ni rendre hommage à un modèle historique. J'ai eu honte, vraiment honte, en le voyant à l'ancien QG de la France libre, écoutant à peine les explications de ses hôtes, piaffant d'impatience de passer à la suite. 

Un collégien ayant eu la même attitude se serait sans aucun doute fait réprimander par son prof. Sarko, lui, pense encore qu'il peut tout se permettre. Il a tort. La hauteur qui lui fait défaut n'est pas qu'une question de talonnettes.  

Il faut enfin ajouter que la récupération, chez Sarkozy, devient une véritable manie. Comme le soulignait Christophe Barbier, ce matin, sur LCI : "oui, oui, c'est de la récupération, mais elle n'est pas récente. Nicolas Sarkozy cherche à récupérer toutes les résistances, celle de Guy Moquet, celle du maquis des Glières, celle de Londres, toutes les résistances aussi en termes idéologiques, le gaullisme de droite, avec quelqu'un comme Guaino, le gaullisme de gauche avec quelqu'un comme Max Gallo, et puis il veut récupérer toute l'histoire, Nicolas Sarkozy. Le fils d'immigrés hongrois s'est transformé le 14 juillet 2007 au lancement de sa campagne présidentielle en une éponge à mythes historiques, il y a tout mis, de Jeanne d'Arc à Guy Moquet, et il a réussi comme ça à trouver une dimension présidentielle (...)".

Rectification. Il essaie de trouver une dimension présidentielle. De manière aussi pitoyable que l'a été, hier, la défaite des Bleus. 

17 juin 2010

C'est ça la France de Sarko (2)

6148.jpgEn commençant une série de billets sur la France de Sarko, je ne pensais pas traiter à nouveau, aussi vite, de la question du droit à l'information, aujourd'hui malmené, que dis-je, violenté, par des personnes qui confondent exercice du pouvoir et droit du plus fort.  

Mais comment ne pas réagir à une dépèche parue ce matin, discrètement, et aussitôt noyée sous un flot d'autres informations autrement plus sensationnelles ? 

Cette fois, c'est une journaliste de Radio-France, Alexandra Ackoun, et son patron Jean-Luc Hees, qui ont été mis en examen pour "complicité de diffamation" après une plainte déposée par le député UMP des Yvelines David Douillet.

Leur crime ? Avoir rapporté et diffusé des propos tenus par Eva Joly, en septembre dernier. L'eurodéputée, participant à un meeting de soutien à l'adversaire de Douillet lors d'une législative partielle, avait évoqué les pratiques d'évasion fiscale et affirmé que l'ex-judoka était l"heureux possesseur d'un compte au Liechtenstein". 

Dans un communiqué, le SNJ (Syndicat National des Journalistes) souligne avec justesse "qu'en visant la journaliste plutôt que l'auteur des propos (eh oui, au fait, pourquoi ?), monsieur le député l'invite, elle et tous les journalistes qui suivent les rendez-vous électoraux, à vider le contenu de leurs reportages de tous propos dérangeants, bref à s'autocensurer".

" Une partie de la classe politique est en train de peser de tout son poids sur les journalistes indépendants pour intimider toute une profession", poursuit le SNJ. 

Bon, et moi, qu'est-ce que je risque, pour avoir relayé une dépêche AFP rappelant les accusations d'Eva Joly, et de surcroît reprenant les termes d'un communiqué de presse suggérant qu'un ex-champion de judo reconverti en politicien et cornaqué par Sarkozy en personne puisse faire pression sur les médias ? 

 
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