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26 novembre 2010

Scènes terribles de la vie ordinaire

Hier, quelque part entre la gare des Vallées et Paris-Saint-Lazare. Un SDF prend la parole dans notre wagon. Explique que le froid arrive, qu'il est difficile de trouver un abri pour la nuit. Qu'il accepte un ticket restau ou un sourire, si l'on ne peut pas donner, parce que l'essentiel dans la rue est de ne pas être ignoré. Une dame sort une pièce de son sac, la lui tend. L'homme la remercie courtoisement et lui tend la main. Geste de recul de la dame qui ne serre pas la main tendue. Donner à ceux que la vie a marginalisés est plus facile que de les toucher...

Où s'arrête notre humanité ?

Hier aussi, à La Garenne. Un abruti a bricolé une pancarte pour louer son appartement. On peut lire "appartement 37 m2 à louer" avec cette précision édifiante : "pour blanc".

Où s'arrêtera la banalisation du racisme ?

22 novembre 2010

Sainte-Cécile, l'autre fête de la musique...

Oui, je sais bien, on n'est pas le 21 juin. Mais le 22 novembre, jour de Sainte-Cécile, signifie beaucoup pour les musiciens qui, comme moi, ont franchi le cap de la quarantaine, et gardent le souvenir de fêtes mémorables, repas où l'on riait autant que l'on mangeait, bals où l'accordéon musette côtoyait le rock et le disco, pour faire danser tout le monde. Car la musique est l'une d'une rare des seules activités qui sache autant mélanger les générations, et où on se définit davantage par son instrument que par son âge.

orchestre-800-598ee.jpgSainte-Cécile est donc la patronne des musiciens. Dans ma lointaine jeunesse, on l'honorait en jouant lors d'une messe un peu particulière (et généralement très prisée), avant les agapes mentionnées ci-dessus. Et à l'époque, on n'était pas forcément cantonnés à l'Aria de Bach ou au Trumpet Volontary de Purcell -si beaux soient-ils-. D'autres mélodies, certaines franchement profanes, avaient leur place à la messe du dimanche, tout au moins dans ma Puisaye natale, où l'on n'était pas franchement progressiste. Aujourd'hui, il est plus difficile de sortir d'un certain répertoire... conventionnel.

Rien n'est perdu, me direz-vous. Voilà bien Benoît XVI qui évolue dans son discours sur le préservatif, une avancée autrement plus significative que le répertoire des oeuvres admissibles à l'Eglise. Le voici qui admet l'usage de la capote "dans certains cas, pour humaniser la sexualité". Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve qu'il lui reste encore du chemin à faire, à Benoît XVI, pour arriver à humaniser le discours de l'Eglise...

Mais revenons à la musique et au sujet du jour : Sainte-Cécile. Une fête qui, telle que je l'ai connue, célébrait la fierté d'appartenir à une grande famille solidaire, celle des musiciens de toutes origines.  Une famille où l'on apprend ensemble à relever des défis et à se respecter. De toutes les écoles que j'ai fréquentées, celle là était sans doute la meilleure, celle qui m'a le plus apporté en termes d'épanouissement et de confiance en soi.

Une association, Orchestre à l'Ecole (OAE), créée en 2008, est allée au bout de ce constat. Soutenue par des mécènes (AXA, Bouygues, BNP Paribas, Vivendi....), ainsi que par le ministère de l'Education Nationale, elle se propose de créer des orchestres à l'école primaire ou au collège. L'initiative est tout sauf un gadget : sur plusieurs années, les enfants apprennent à maîtriser un instrument et à exprimer leur émotions, mais aussi à s'écouter et à "créer du beau" ensemble.

La pratique orchestrale, mise à la portée de tous (les instruments sont prêtés et entretenus par des luthiers partenaires), devient alors un moyen de lutter contre l'exclusion et l'échec scolaire en valorisant d'autres formes de compétences. Par ailleurs, ces orchestres d'enfants trouvent leur place dans la vie locale et sont de plus sollicités lors de fêtes ou de cérémonies.

Il existe aujourd'hui plus de 600 classes d'orchestre, dont une centaine en Ile-de-France. Pourquoi pas à la Garenne, où les tarifs du Conservatoire, pour lesquels le quotient familial ne s'applique pas, demeurent prohibitifs pour bien des familles ?

17 novembre 2010

Quand Bruxelles réhabilite les farines animales...

cochons.jpgEntre le feuilleton du remaniement ministériel, celui de l'affaire Woerth et la polémique autour de la vraie-fausse chanson posthume de Michael Jackson, l'information est passée quasiment inaperçue.

Elle est pourtant de nature à nous inquiéter, puisque, moins de dix ans après le plus fort de ce que l'on a appelé "la crise de la vache folle", la commission européenne envisage sérieusement de revenir sur l'interdiction de l'usage des farines animales dans l'alimentation des animaux d'élevage. On s'en souvient, ce sont ces farines qui étaient à l'origine de l'épizootie d'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine), une infection dégénérative du système nerveux des bovins, transmissible à l'homme via la consommation de produits carnés.

Pas question toutefois de nourrir à nouveau des ruminants avec des protéines animales, ni de permettre un quelconque "cannibalisme animal", c'est-à-dire d'autoriser une espèce à ingérer des farines provenant d'animaux de la même espèce.

Sous ces réserves, par contre, les porcs, les volailles et les poissons pourraient à nouveau voir certaines farines réintroduites dans leur alimentation. Une mesure réclamée par les éleveurs, qui dénoncent un manque de compétitivité du à l'obligation de s'approvisionner en protéines végétales (soja), alors que certains animaux ne sont pas exclusivement végétariens. Certes. Pour être née à la campagne, je sais bien qu'une poule ou un cochon, ça peut manger n'importe quoi...

Il est vrai aussi que les travaux menés par l'Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESE) tendent à démontrer qu'il n'y a pas de risque spécifique pour l'homme, s'il consomme du porc nourri avec des farines de volaille (et vice-versa).

Par contre, et c'est là que, semble -t'il, se situe le risque, beaucoup d'élevages sont mixtes. Le risque d'une contamination croisée existe bien. Faut-il vraiment le prendre, au nom des impératifs de l'élevage intensif ? Comme le souligne Cap 21 dans un communiqué, d'autres solutions plus respectueuses de la chaîne alimentaire "naturelle" existent, notamment par le biais de la mise en place d'un grand plan de production d'oléagineux (destinés à l'alimentation des animaux d'élevage) au niveau européen.

Continuer comme avant au risque de jouer les apprentis sorciers, ou changer les priorités et les mentalités ?

 
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