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21 janvier 2011

Education Nationale : la saignée continue

école-en-danger3.jpgLa nouvelle équation de la rentrée 2011, dans les collèges et lycées publics des Hauts-de-Seine, a été rendue publique hier : 730 élèves supplémentaires attendus, 123 postes en moins (postes d'enseignants pour la plupart).

L'Académie de Versailles paye en effet au prix fort les restrictions budgétaires prévues pour "dégraisser le mammouth" (lequel est en fait, déjà exsangue) : rappelons que 13 767 suppression de postes sont prévues au total pour la prochaine rentrée dans l'enseignement public.

Pour être honnête, reconnaissons que le privé  (largement financé par l'Etat et les collectivités), devra lui aussi se serrer la ceinture. Mais dans une bien moindre mesure : 1633 suppressions de postes étaient exigées dans le projet de loi de finances, soit huit fois moins que dans le public, alors que l'enseignement privé accueille 18% des élèves. L'équité aurait donc voulu que l'effort se situe aux environs de 3000 postes.

Cela, c'était début décembre. Depuis, le sénateur de Haute-Savoie Jean-Claude Carle (UMP), fervent défenseur de l'enseignement catholique privé et de la laïcité positive, est parti en croisade. Avec succès : il a rapporté dans sa hotte un joli cadeau de 4 millions d'euros supplémentaires pour le privé, de quoi "sauver" 250 postes. Un vrai miracle de Noël. Et par les temps qui courent, qui sait, de quoi mériter la canonisation.

 

19 janvier 2011

Publicité mensongère : Areva récidive

arton15135-7928f.jpgContrats ratés, difficultés de construction de l'EPR, vieillissement du parc nucléaire, popularité des énergies renouvelables : la filière nucléaire française se porte mal et son image est passablement ternie. Qu'à cela ne tienne. A grands maux, les grands remèdes : Areva vient d'investir 15 millions d'euros dans une superproduction publicitaire qui déferle massivement sur nos écrans (1500 spots sur 30 chaines TV).

Objectif : faire apparaître le nucléaire comme l'énergie d'avenir, celle qui s'inscrit dans le sens du progrès. Pour cela, Areva ne recule devant rien. Ainsi, le spot se termine en apothéose sur un monde idéal (celui où vous avez la chance de vivre, petits veinards), un monde d'abondance énergétique où une centrale nucléaire cohabite harmonieusement avec un parc éolien et une centrale solaire. Le message est subliminal mais limpide : l'avenir appartient aux énergies propres et renouvelables, parmi lesquelles le nucléaire a toute sa place...

Pas très rationnel, le nucléaire se classant sans ambiguité, comme chacun sait, dans les énergies fossiles ? Peu importe. Le film s'adresse à nos émotions, notre imaginaire. Il aura tout de même pris soin de remettre l'hydraulique et l'éolien à leur juste place. Des énergies déjà utilisées dans des temps fort lointains, pour gonfler les voiles des felouques ou convoyer du bois flottant. Sympathique, mais on se doute bien que ce n'est pas avec cela qu'on va s'assurer notre confort moderne. Heureusement, on a le nucléaire. Puissant, rassurant, et tellement propre sur lui. Ouf.

Pour Arnaud Gossement, avocat et maître de conférences à Sciences Po, ce film -qui réécrit l'histoire de l'énergie- n'est rien d'autre qu'une oeuvre de propagande, qui joue sur nos émotions pour recréer un imaginaire positif autour du nucléaire. Cliquer ici pour lire son article paru sur Terra Economica, avec, en bonus, le spot incriminé.

De son côté, l'association Sortir du Nucléaire vient de déposer une plainte devant l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP), pour dénoncer "les manipulations induites par cette massive". Coup d'épée dans l'eau ? Peut-être pas. En 2009, les Verts avaient obtenu l'arrêt d'une précédente campagne d'Areva, pour des raisons relativement similaires.

Et si vous aussi, vous voulez agir en tant qu'écocitoyen, vous le pouvez : une cyberaction a été mise en place en direction de l'ARPP. Le lien est ici. L'histoire récente a montré que quelques clics pouvaient contribuer à faire chuter un régime. Alors, faire stopper une campagne de pub aussi manifestement et détestablement malhonnête, ça devrait être possible.

18 janvier 2011

Energie, intransigance, pugnacité...

Indignez-vous !.jpgLa coutume veut que l'on on ait tout le mois de janvier pour présenter ses voeux.

J'ai donc respecté la tradition, et j'en ai même abusé, puisque ce blog est resté muet de longues semaines, bien au-delà de la trève des confiseurs. Pas par manque de matière, non. Car, pour faire écho à Stéphane Hessel, les sujets d'indignation ne manquent pas.

Le Parlement est train d'adopter une nouvelle loi liberticide, Loopsi 2, à côté de laquelle Edwige n'était (passez moi l'expression) que du pipi de chat. Un texte formidable, que nous envieront certainement les dictatures du monde entier, car LOOPSI a pensé à tout. Surveillance de l'ensemble du net, sous prétexte de lutte contre la pédophilie. Procédures expéditives pour juger les mineurs. Mise à l'ombre des vendeurs à la sauvette. Et même possibilité d'expulser les gens du voyage qui campent sur une terrain avec l'accord du propriétaire (si des amis ont l'habitude de squatter votre jardin avec un camping-car, renseignez-vous...).

Dans le même temps, le budget 2011 prévoit de nouvelles coupes sombres dans le budget de l'éducation, avec 16 000 suppressions de postes programmées, alors même qu'il exonère de taxe foncière les écoles privées. Au temps pour la laïcité.

Et ce ne sont là que quelques exemples. Dans ces conditions, comment écrire pour présenter ses voeux ? La tentation est grande de céder à la lassitude et à l'écoeurement, et j'étais à deux pas d'y succcomber. Pourtant, une fois encore, un évènement est survenu, qui m'a redonné l'envie de me battre. C'était mercredi dernier. Souvenez-vous,  c'était à propos de ce qui n'était pas encore la révolution tunisienne. Michèle Alliot-Marie n'hésitant pas à proposer le "savoir-faire de nos forces de sécurité" pour "régler la situation sécuritaire" à laquelle était confronté le régime dictatorial de Ben Ali.

Pour reprendre l'expression d'Eva Joly (lire ici son article sur LOOPSI 2), la France de Sarkozy n'est pas notre France. Nous n'avons d'autre choix que le dire, et le redire encore. Mais l'indignation ne suffira pas. D'une manière ou d'une autre, il faudra s'insurger. Les Tunisiens ont fichu à la porte un dictateur corrompu. Prenons garde à ne pas laisser s'installer en France un régime sécuritaire qui a substitué le copinage au mérite républicain.

Je vous souhaite une année 2011 placée sous le signe de l'intransigeance, de l'énergie et de la pugnacité.

 
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