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27 septembre 2011

Grève des enseignants : attention à la confusion des genres...

La journée de revendication commune entre les enseignants du public et ceux du privé peut a priori sembler fort sympathique. Oecuménique, en quelque sorte. C'est en tout cas l'objectif recherché par l'école privée, sur qui sont braqués tous les feux des projecteurs, et qui, on peut déjà l'affirmer à la lecture des journaux de ce matin, sortira grande gagnante de cette journée d'action qui n'est autre qu'une habile opération de communication.

Objectif : dénoncer les récentes supressions de poste dans le secteur privé pour nous faire croire que désormais, école publique et école privée seraient logées... et maltraitées à la même enseigne. Ce qui est bien évidemment faux. Il faut rappeler les chiffres  : pour le privé (environ 20 % des effectifs), 1633 suppressions de postes à la rentrée 2011, et un peu moins sur les 5 dernières années. Pour le public, 13 767 postes supprimés à la rentrée, qui s'ajoutent à plus de 60 000 perdus depuis 2006.  La différence de traitement est donc manifeste ! 

Mais surtout, au-delà de ces chiffres, la manifestation commune d'aujourd'hui tend à accréditer l'idée qu'il existerait un seul et unique service public de l'éducation, auquel participerait l'école privée, à 90 % catholique. C'est d'ailleurs le discours du ministre de l'éducation, Luc Chatel, qui n'hésitait pas à déclarer le 23 septembre dernier : "l'enseignement privé sous contrat fait partie du service public"...

Une telle idée est évidemment tendancieuse : on ne peut pas faire l'amalgame entre l'école de la république, gratuite et laïque, et l'école privée, payante et confessionnelle. A moins de considérer que le principe de laïcité est désormais caduc. 

12 septembre 2011

Devoir de résistance : quand l'INSEE tacle Guéant

guéant,insee,xénophobie,racisme,résistanceVoici donc venue l'heure de la rentrée pour ce blog, mis en sommeil pendant l'été. J'ai eu, je l'avoue, la tentation de ne pas le rouvrir, malgré ses quelques 200 lectrices et lecteurs quotidiens. Après tout, pourquoi s'escrimer à mettre en exergue ce que je dénonce page après page, abus de pouvoir, dérives antionalistes, xénophobie ambiante ? L'air du temps est déjà tellement vicié, et tellement de gens indifférents à ses effluves nauséabondes. Sans parler de ceux qui vous traitent aimablement de terroristes du politiquement correct...

Et pourtant, me voici ce 12 septembre en train d'écrire ces lignes. Ceux qui m'ont redonné l'énergie de me battre ne se trouvent pas parmi les rangs des politiques, tellement occupés, eux, à leur petite tambouille électorale. Non, ce sont de simples fonctionnaires qui ont usé de leur devoir de résistance pour faire en sorte que leurs travaux ne soit pas déformés et récupérés pour nourrir la propagande d'Etat.

Rappelez-vous, en mai dernier, Claude Guéant créait la polémique en affirmant que les enfants d'immigrés représentaient deux tiers des enfants sortant sans qualification du système scolaire : un pourcentage destiné à prouver que l'intégration, cela ne fonctionne pas -pourquoi continuer à payer pour la scolarité d'enfants voués à l'échec, bonnes gens-?

Basé sur une interprétation très personnelle de chiffres publiés par l'INSEE en 2005, ce chiffre avait été contesté par de nombreux médias, dont Libération, mais Guéant s'était obstiné dans ses déclarations. C'est alors que les agents et les syndicats de l'INSEE sont entrés en scène, exigeant de leur direction qu'elle démente sans ambiguité les propos inacceptables du ministre de l'intérieur.

Après un premier refus, qualifiée par le personnel d'abdication face au pouvoir, la direction a dû céder et publier un communiqué stipulant noir sur blanc que le ministre s'était trompé. La véritable proportion d'enfants issus de l'immigration, parmi l'ensemble des élèves sortant de l'école sans qualification, est en effet de 16 %.

Bravo au personnel de l'INSEE, et merci à eux de m'avoir donné une bonne raison de poursuivre mon combat personnel. 

PS : des amis m'ont informée qu'une tribune municipale, signée de monsieur Perrée (mais est-ce bien lui qui l'a écrite ?), me mettaient en cause sans me nommer, au sujet du billet précédent. Je ne m'abaisserai pas à répondre à cette tribune pitoyable dont chacun aura pu apprécier la mauvaise foi. 

 
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