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22 novembre 2010

Sainte-Cécile, l'autre fête de la musique...

Oui, je sais bien, on n'est pas le 21 juin. Mais le 22 novembre, jour de Sainte-Cécile, signifie beaucoup pour les musiciens qui, comme moi, ont franchi le cap de la quarantaine, et gardent le souvenir de fêtes mémorables, repas où l'on riait autant que l'on mangeait, bals où l'accordéon musette côtoyait le rock et le disco, pour faire danser tout le monde. Car la musique est l'une d'une rare des seules activités qui sache autant mélanger les générations, et où on se définit davantage par son instrument que par son âge.

orchestre-800-598ee.jpgSainte-Cécile est donc la patronne des musiciens. Dans ma lointaine jeunesse, on l'honorait en jouant lors d'une messe un peu particulière (et généralement très prisée), avant les agapes mentionnées ci-dessus. Et à l'époque, on n'était pas forcément cantonnés à l'Aria de Bach ou au Trumpet Volontary de Purcell -si beaux soient-ils-. D'autres mélodies, certaines franchement profanes, avaient leur place à la messe du dimanche, tout au moins dans ma Puisaye natale, où l'on n'était pas franchement progressiste. Aujourd'hui, il est plus difficile de sortir d'un certain répertoire... conventionnel.

Rien n'est perdu, me direz-vous. Voilà bien Benoît XVI qui évolue dans son discours sur le préservatif, une avancée autrement plus significative que le répertoire des oeuvres admissibles à l'Eglise. Le voici qui admet l'usage de la capote "dans certains cas, pour humaniser la sexualité". Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve qu'il lui reste encore du chemin à faire, à Benoît XVI, pour arriver à humaniser le discours de l'Eglise...

Mais revenons à la musique et au sujet du jour : Sainte-Cécile. Une fête qui, telle que je l'ai connue, célébrait la fierté d'appartenir à une grande famille solidaire, celle des musiciens de toutes origines.  Une famille où l'on apprend ensemble à relever des défis et à se respecter. De toutes les écoles que j'ai fréquentées, celle là était sans doute la meilleure, celle qui m'a le plus apporté en termes d'épanouissement et de confiance en soi.

Une association, Orchestre à l'Ecole (OAE), créée en 2008, est allée au bout de ce constat. Soutenue par des mécènes (AXA, Bouygues, BNP Paribas, Vivendi....), ainsi que par le ministère de l'Education Nationale, elle se propose de créer des orchestres à l'école primaire ou au collège. L'initiative est tout sauf un gadget : sur plusieurs années, les enfants apprennent à maîtriser un instrument et à exprimer leur émotions, mais aussi à s'écouter et à "créer du beau" ensemble.

La pratique orchestrale, mise à la portée de tous (les instruments sont prêtés et entretenus par des luthiers partenaires), devient alors un moyen de lutter contre l'exclusion et l'échec scolaire en valorisant d'autres formes de compétences. Par ailleurs, ces orchestres d'enfants trouvent leur place dans la vie locale et sont de plus sollicités lors de fêtes ou de cérémonies.

Il existe aujourd'hui plus de 600 classes d'orchestre, dont une centaine en Ile-de-France. Pourquoi pas à la Garenne, où les tarifs du Conservatoire, pour lesquels le quotient familial ne s'applique pas, demeurent prohibitifs pour bien des familles ?

04 novembre 2010

Délinquance en couches-culottes : arrêtons le délire!

1833409631_1.jpgA peine étouffée la polémique autour des Roms, voici que notre gouvernement, en la personne de Jean-Marie Bockel, revient à un autre de ses vieux démons : la détection de la délinquance juvénile précoce.

Précoce, et même très précoce puisque d'après JMB, il convient de repérer les enfants en difficulté avant trois ans. On ne précise pas de quelles difficultés il s'agit. Un bambin de 20 mois qui n'est pas encore propre est-il concerné ? Un gosse de trois ans qui se roule par terre pendant une grosse colère ? Et ceux qui mordent pour attirer l'attention des auxiliaires de puériculture débordées, à la crèche, que risquent-ils ?

Le sujet n'est pas nouveau. C'est même l'un des dadas de Sarkozy. Je suis bien placée pour un témoigner : un jour, alors que j'étais encore journaliste indépendante, on m'avait demandé en urgence un papier sur "la détection de la délinquance précoce à l'age maternel". La commande émanait de Chantal Jouanno, alors directrice de Cabinet de Sarkozy au Conseil Général des Hauts-de-Seine. Il s'agissait, en réalité, de présenter de manière un peu 'particulière' l'expérience d'une association qui oeuvrait à Villeneuve-la-Garenne auprès de jeunes enfants en difficulté de socialisation. Autrement dit : de pervertir sa philosophie d'intervention et de récupérer son travail au service d'une idéologie délétère.

J'avais refusé le sujet. Cet incident est d'ailleurs directement à l'origine de mon engagement en politique. Il y a des choses qu'on ne peut laisser dire, ni faire.

Aujourd'hui, c'est donc au fondateur de la "Gauche Moderne" de monter au créneau pour essayer de donner un tour honorable (voire pseudo-scientifique) aux fantasmes sécuritaires du chef de l'Etat. Sale boulot. "L'école doit devenir une passerelle privilégiée entre la protection de l'enfance et la prévention de la délinquance", explique Bockel dans le JDD. Soit. Ce n'est pas moi qui vais contester le rôle fondamental de l'école pour repérer les enfants qui sont en souffrance, ou sur la mauvaise pente.

Mais est-il vraiment question de prévention ? Il est permis d'en douter, et cela, pour trois raisons. La première tient au vocabulaire employé. Repérage, détection, délinquance précoce, voila qui évoque davantage le fichage policier que l'intervention socio-éducative. Plus grave, dans la réthorique employée, la "détection des troubles du comportement" est systématiquement mise au service de la "détection de la délinquance précoce". Autrement dit, repérons au berceau les gamins agressifs ou hyperactifs, ainsi nous tiendrons à l'oeil la racaille de demain. Monstrueux, et délirant.

La deuxième raison tient évidemment à l'âge des enfants concernés. Admettre qu'un gosse de deux ans un peu plus perturbateur qu'un autre soit un futur délinquant, c'est accepter de croire à une prédestination qui tiendrait davantage de la génétique que de l'histoire personnelle ou de l'environnement. C'est refuser d'admettre la responsabilité de la société dans les trajectoires d'enfants qui "tournent mal". Dès lors, à quoi bon faire du social ?

La troisième raison réside dans les choix politiques effectués par Sarkozy en matière d'éducation. Si la volonté du gouvernement était réellement d'investir dans la prévention, alors, pourquoi avoir détruit les RASED (réseaux d'aide aux enfants en difficulté) dont l'une des missions essentielles consistait précisément à venir en aide aux enfants qui ne s'intégraient pas bien à l'école, ainsi d'ailleurs qu'à leurs parents ?

La réponse est simple : dans la bouche de Sarkozy, le mot "prévention" n'a jamais eu le sens qu'on lui donne habituellement. Il ne s'est jamais agi d'aider, de remédier, mais de "repérer", de "contrôler". La prévention selon Sarko, c'est faire le tri pour protéger la société. D'un côté le bon grain, format standard, des gens dociles et raisonnables avec qui on peut parler. De l'autre tout ce qui peut ressembler à de la déviance : refuser de chanter la Marseillaise. Mettre sa casquette à l'envers. Faire partie des "gens du voyage". Ou bien avoir piqué le doudou du copain de crèche.

26 octobre 2010

Roselyne est trop cool

roselyne-bachelot-la-ministre-de-la-sante.jpgRoselyne est trop cool

 

On n’avait même pas osé en rêver. Elle l’a fait. Roselyne Bachelot, la ministre de la santé que le monde entier nous envie, vient d’inventer la médecine virtuelle. Dès l’an prochain, grâce à la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires), on va pouvoir consulter son médecin à distance. Par webcam interposée.

Finies, les heures d’attente au téléphone pour tenter de décrocher un RV le vendredi soir après 18h. De toute façon, cinq minutes et demie de Lettre à Elise dans les tympans, ça faisait monter dangereusement grimper la tension.

Fini aussi de poireauter dans la salle d’attente entre un papy qui bougonne en postillonnant et une flopée de mômes bien décidés à mettre en pièces le seul magazine encore lisible (Femme Actuelle de Noël dernier). De toute façon, ces endroits-là, c’était bourré de microbes, un truc à surinfecter la plus inoffensive des rhinopharyngites débutantes.

Finies enfin les auscultations à n’en plus finir avec tout le cirque habituel, les palpations agaçantes, les loupiotes dans les yeux et les oreilles… Au diable le stéthoscope ! Aux orties l'abaisse-langue! Comme si on n’était pas assez grands pour faire la différence entre une gastro et une appendicite. Comme si on n’avait pas eu suffisamment d’angines ou de bronchites pour se les diagnostiquer tous seuls…

Avec Roselyne et HPST, enfin, les patients seront res-pon-sa-bi-li-sés. On pourrait même imaginer envoyer un mail au doc’ avec la liste de courses. Ca irait encore plus vite et on pourrait consulter partout, même au bureau, quoiqu’avec la généralisation des openspace, ce serait pas très discret quand même. Peut-être que les entreprises pourraient aménager des boxes spéciaux, elles y gagneraient, ça éviterait de partir plus tôt pour cause de RV chez le toubib.

Et puis on pourrait délocaliser. En Afrique, en Russie, je ne sais pas, moi, mais y a bien quelque part des toubibs francophones prêts à consulter plus pour gagner plus, tout en facturant moins. Ce serait tout bénéf pour la sécu.

Franchement, Roselyne, grâce à vous on se sent vraiment propulsés dans le XXI° siècle. Peut-être les frères Bogdanov vous ont-ils sagement conseillée, quoiqu'il en soit, il était vraiment temps de dépoussiérer la médecine de papa, qui ne suscitait plus guère de vocations.

Tiens, je vais en parler à mon fils, qui n'a pas trop d'idée sur son avenir. Il déteste le sang, mais Internet, il maîtrise, alors, cybermédecin, pourquoi pas ? Surtout que c'est le genre de métier où l'on peut avoir facilement une activité parallèle pour se détendre. Facebook ou un jeu en ligne entre deux patients, voire même pendant un patient. Ni vu ni connu. Cool. Vraiment trop cool.

 
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