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21 juin 2010

Chris Potter fait vibrer la dalle

Chris_Potter_03josknaepenAG275.jpgPas de billet politique en ce jour de Fête de la Musique, mais un coup de coeur, un vrai.

La Défense Jazz Festival, évènement musical organisé par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, vient de s'ouvrir ce midi avec deux grosses pointures : le pianiste Eric Legnini et le saxophoniste Chris Potter, improvisateur de génie qui était déjà venu à La Défense il y a deux ans en compagnie d'un certain Herbie Hancock. 

Bravo au Département d'avoir tenté ce pari : faire vivre le jazz au pied des tours, en plein milieu d'un quartier d'affaires qui manque singulièrement de poésie et d'humanité. L'évènement a désormais ses habitués. L'atmosphère est bon enfant, métissée, à l'image de la musique qu'elle célèbre : La Défense Jazz Festival réussit le tour de force de réunir connaisseurs de tous âges, familles et cadres délaissant pour quelques instants un agenda surchargé. L'acoustique est quant à elle inespérée dans un endroit où règnent les courants d'air. Ou alors, plus probablement, les techiciens du son font des miracles.  

Et ça marche. Le premier concert s'est achevé sur une standing ovation. Il reste encore six jours pour venir partager des moments privilégiés, gratuits et ouverts à tous. Pas besoin de réserver! Prévoyez quand même crème solaire, lunettes de soleil, et coupe-vent pour faire face à tous les aléas climatiques... 

Pour le programme, c'est ici

17 mai 2010

Ecologie spectacle : ça suffit!

45657644oisseau-pollution-jpg.jpgAlors que des centaines de milliers de litres de pétrole (800 000 selon BP, 5 à 20 fois plus selon les scientifiques) asphyxient chaque jour un peu plus les fonds marins du Golfe du Mexique, menaçant maintenant le fragile écosystème des récifs coraliens, les Champs-Elysées s'apprêtent à célébrer en grande pompe la Journée mondiale de la Biodiversité, les 22, 23 et 24 mai prochains. Nom de code de l'opération : Nature Capitale.

C'est avec un ahurissement certain que j'ai pris connaissance du programme des festivités : l'Avenue transformée en "une oeuvre végétale poétique et jubilatoire" grâce à la main verte de Gad Weil, créateur d'art de rue. Un "jardin extraordinaire" de 3 hectares de verdure sur l'avenue, 8000 parcelles végétales posées en une nuit, 150 essences agricoles et forestières représentées... Comble du raffinement, le dossier de presse  annonce même "deux aubes et un coucher de soleil au coeur de la ville dans un monde inattendu". 

Chacun, nous dit-on, peut participer à l'évènement. Moyennant finances, bien entendu. Si vous êtes fauchés, il faudra se contenter d'un pot d'herbes folles pompeusement baptisé "terre"(14 €). Si vous venez en couple, investissez donc dans un duo d'arbres (59 €). Enfin, si vos moyens vous le permettent, vous pourrez investir dans une parcelle de l'oeuvre (145 €). 

A quoi rime ce folklore écolo-branché ? Trois jours d'esthétisme artificiel et éphémère pour oublier les images terribles de la sécheresse en Afrique, de la forêt brésilienne dévastée ou d'oiseaux mazoutés? Trois jours pour nous faire oublier que ceux qui nous gouvernent diffèrent éternellement les décisions drastiques, qui seules, nous permettraient de sauvegarder ce qui peut encore l'être de notre patrimoine naturel ?

Un seul exemple, le récif coralien des Pinnacles, aujourd'hui directement menacé par la marée noire et situé à une quarantaine de kilomètres de la plate-forme de BP "Deep Water Horizon". Cet endroit exceptionnel avait été "pressenti" pour intégrer un sanctuaire marin, c'est-à-dire une zone protégée, où l'activité de pèche aurait été limitée, tandis que les exploitations pétrolières auraient été interdites aux alentours. Mais si l'on en croit le site le NouvelObs.com, le projet a été suspendu "après les protestations véhémentes de parlementaires républicains, de pécheurs et de l'industrie pétrolière". 

Les enjeux environnementaux méritent mieux que le travestissement grotesque de la "plus belle avenue du monde". Ils méritent notre révolte, notre intransigeance. Le 22 mai, boudez les Champs-Elysées. Et si vous tenez vraiment à agir, adhérez à une véritable association de sauvegarde de l'environnement.

Le WWF, par exemple, vous propose de l'aider à acquérir en France des m2 de terrains "présentant un intérêt écologique majeur", et directement menacés par l'urbanisation, la construction de routes ou l'aménagement touristique. Objectif : en confier la gestion à des organismes inscrits dans une démarche de préservation de l'environnement. Pour 2€, vous pourrez ainsi "sauver" 1 m2 de terrain dans les Landes ou le marais poitevin. Moins select qu'une parcelle de Nature Capitale, mais aussi moins futile. Songez-y. Pour participer, c'est ici .

09 avril 2010

Urbanisme, intercommunalité... : ailleurs, on consulte. A La Garenne, on passe en force.

Dans les communes de droite comme de gauche, l'idée d'une démocratie participative de proximité fait son chemin. Voici deux exemples récents, dans deux villes voisines, l'une dirigée par une municipalité communiste, l'autre par une équipe UMP. 

Nanterre vient de lancer une large consultation auprès de ses habitants. Objectif : ouvrir le débat sur une possible adhésion de la ville à la communauté d'agglomération du Mont-Valérien, qui regroupe actuellement les villes (UMP) de Suresnes et de Rueil. Et parce qu'il s'agit de décider de son avenir, la municipalité ne lésine pas sur les moyens. Bien sûr, le maire, Patrick Jarry, favorable à cette union, entend bien faire valoir son point de vue dans le magazine municipal et à travers un courrier distribué dans toutes les boîtes aux lettres. Mais les habitants pourront aussi exprimer le leur : débat dans les conseils de quartier, envoi d'un questionnaire dans tous les foyers... Une restitution des résultats est en outre prévue avant que le conseil municipal ne vote fin juin.

On aurait aimé que la municipalité de La Garenne fasse preuve du même respect envers ses habitants lorsqu'il s'est agi de se prononcer pour ou contre le projet d'extension de l'Etablissement Public de La Défense (EPAD) sur le quartier des Champs-Philippe...  Malheureusement, en ce qui concerne la démocratie locale, la comparaison n'est pas à l'avantage de notre ville : c'est bien chez nous que sévissent des pratiques dignes de l'époque stalinienne, puisque Philippe Juvin et son équipe n'ont même pas jugé nécessaire d'informer les Garennois sur ce sujet.  

De l'autre côté de la Seine, Chatou vient elle d'achever la première phase d'une vaste consultation qui concerne l'aménagement de sa Place du marché.  Ici, les Catoviens sont carrément invités à participer à l'élaboration du projet final via un site Internet dédié et un forum de discussion. La mairie joue la transparence jusqu'au bout en publiant les diagnostics issus des études préalables ; quatre scénari, rien de moins, sont proposés aux habitants comme base de travail. Leurs remarques et contributions sont actuellement  synthétisées par un cabinet d'urbanisme pour parvenir au projet final. Une seconde consultation sera prochainement lancée pour choisir le mobilier urbain.

Impossible de ne pas faire le parallèle avec un autre projet, Garennois celui-là, qui concerne notre Place du marché et plus précisément la construction d'un parking souterrain sous la Place de la Liberté. Décision prise par la seule majorité municipale, sans aucune concertation avec les habitants et malgré l'opposition exprimée de certains d'entre eux, réunis en association. Certes, le projet est de moindre envergure. Mais il risque tout de même de modifier sensiblement la physionomie et la qualité de vie de notre coeur de ville. Pourtant, Philippe Juvin n'a pas cru bon d'associer les Garennois à ses modalités, sous prétexte que cela faisait partie de son programme municipal et qu'il avait été élu à plus de 66%. 

A ce sujet, je voudrais citer un extrait du site "rénovons la Place Maurice Berteaux", mis en place par la mairie de Chatou : "sur un sujet aussi complexe et aussi ambitieux, il est aujourd'hui déraisonnable -voire impossible- de procéder sans l'avis direct de la population (riverains, commerçants, usagers et ensemble des habitants de la ville). Dans une démocratie représentative comme la France, (et non directe comme dans les cantons suisses), les projets d'intérêt général ne peuvent être menés à terme sans une dose de démocratie participative. Certes, il aurait été peut-être plus facile et plus confortable de réaliser ce dossier sans consulter la population, remplissant ainsi tout simplement l'un des engagements de mandat défendu par l'actuelle équipe municipale. C'était néanmoins prendre le risque de mener à son terme un projet qui ne soit pas assez mûri, pas assez élaboré, pas assez partagé, bref pas assez bon". 

Ce discours est celui d'un maire UMP. Nous sommes pourtant à des années-lumière du langage et des pratiques de la mairie de La Garenne, où le bon Dr Juvin (aveuglément suivi par sa Cour, en l'occurrence 30 conseillers municipaux béni oui-oui), tente encore de nous faire croire qu'avec 66 % des voix, on peut se comporter comme à l'époque féodale et décider seul de la destinée de son fief. Il est temps pour ses administrés d'en prendre conscience et de revendiquer l'exercice de leurs droits élémentaires de citoyens. Plusieurs conseils de quartier sont programmés dans les prochains jours. Garennois, même si vous n'avez aucun pouvoir décisionnel sur leur ordre du jour, même si ces réunions ne sont pour l'instant que des parodies de démocratie participative, profitez de cette occasion pour faire entendre votre voix!!! 

 
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