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10 mai 2010

Mémoire sélective

esclavage_bresil_debret.jpgC'est aujourd'hui la cinquième journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage, et de leurs abolitions. Une journée qui s'intégre dans le contexte particulier de la célébration du cinquantenaire des indépendances africaines, et de la solidarité avec Haïti. 

Ne cherchez pas trace de cette commémoration sur le site Internet de La Garenne, ou dans son magazine municipal : notre ville ignore systématiquement et délibérément cette date, dont les élus PS lui rappellent pourtant régulièrement l'existence et l'importance.

Seulement voilà, comme a pu le dire un Philippe Juvin agacé en conseil municipal, on ne peut pas tout commémorer, on n'en finirait pas. Il faut donc faire des choix.

Commémorer l'abolition de l'esclavage est un geste noble, mais ce n'est peut-être pas assez rentable (sur le plan électoral, j'entends). La fête des voisins, que le site de la ville nous engage à noter sur notre agenda plusieurs semaines à l'avance (ce sera le 28 mai), constitue à cet égard une opportunité autrement plus intéressante pour un élu au planning surchargé. Monsieur le Maire en profitera t-il, comme l'an dernier, pour mobiliser chauffeur et VelSatis afin de faire la tournée de son fief   des quartiers ? 

05 mai 2010

Petites chroniques de la vie municipale : intimidation, harcèlement, suite

Acharnement. Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier la manière dont Philippe Juvin, maire (UMP) de notre bonne ville de La Garenne-Colombes, traite les riverains du chantier de la médiathèque.

Avant d'en venir au dernier rebondissement de cette histoire -tout aussi peu glorieux pour notre municipalité que les précédents-, petit retour en arrière sur une banale affaire d'urbanisme qui s'est envenimée au point de tourner au rapport de force judiciaire

Mars 2005 : afin de faciliter la construction de la médiathèque, la mairie, via la SEM 92, demande à deux retraités, les frères D., qui vivent en copropriété sur une parcelle de 370 m2 jouxtant le futur chantier, de céder leur terrain. Bien qu'il s'agisse d'une propriété à laquelle ils sont particulièrement attachés puisqu'ils y sont nés et y ont grandi, ils acceptent, sous réserve de pouvoir se reloger à La Garenne dans des conditions équivalentes : un petit pavillon de plain pied pour le frère le plus âgé (handicapé), un appartement de deux pièces dans un immeuble avec ascenseur pour le plus jeune.

Ces exigences semblent raisonnables, venant de la part de deux octogénaires attachés à leur ville. Pourtant, la proposition financière qui leur sera faire par la SEM ne permet pas d'exaucer leurs voeux. En conséquence, et c'est bien compréhensible, ils refusent de brader leur bien. 

Dès lors, la mairie va multiplier les pressions pour tenter de les faire plier. En 2006, à la faveur d'un nouveau Plan Local d'Urbanisme, leur terrain est placé en réserve foncière, donc potentiellement "expropriable". Quelques mois plus tard, la mairie accouche d'un projet de médiathèque qui enclave littéralement leur propriété par de hauts murs (12m et 8 m), entraînant inévitablement sa dévalorisation.

Alors que se poursuivent de manière chaotique des "négociations" qui jamais, n'aboutiront à une indemnisation équitable, la famille D. entreprend de se défendre. Il se trouve que le permis de construire initial de la médiathèque est entaché d'une illégalité flagrante puisqu'il ne prévoit pas de parking souterrain, contrairement à ce qu'exige le P.L.U de l'époque. La famille D. décide alors de l'attaquer en justice et, après moult péripéties, obtient gain de cause en mai 2009 : le chantier doit alors être stoppé pendant de longs mois... le temps pour la mairie de faire adopter un nouveau Plan local d'Urbanisme qui ne prévoie plus d'obligation de parking souterrain pour les équipements publics!!! 

A la fin de l'hiver, le nouveau P.L.U étant entré en vigueur et le chantier de la médiathèque se trouvant de ce fait "régularisé", le béton s'est remis à couler rue de Chateaudun, et les murs à s'élever. Mais en même temps que leurs fenêtres s'obscurcissaient, les frères D. devaient faire face à une nouvelle entreprise de harcèlement municipal. 

Les deux octogénaires ont d'abord été convoqués de manière pressante en mairie, la raison invoquée demeurant très vague : soi-disant, pour faire le point sur l'état d'avancement du chantier. "Invitation" que les deux frères ont déclinée, en demandant que la mairie précise par écrit ses intentions. Pour toute réponse, il ont reçu la visite d'un émissaire municipal leur demandant de signer sur-le-champ un vague formulaire, le problème se précisant alors un peu puisqu'il s'agissait de donner au constructeur l'autorisation d'accéder à leur propriété. Nouveau refus de la famille Dubois, qui a estimé, non sans raison, qu'on tentait de lui forcer la main.

C'est enfin un huissier de justice qui s'est présenté à leur domicile le 20 avril dernier, porteur d'une assignation leur enjoignant de donner sous huit jours leur accord de principe à la construction d'une plate-forme de chantier sur leur propriété. Un ultimatum qui, là encore, manquait de précisions élémentaires, puisque ni la durée de l'"occupation", ni la surface de terrain utilisée n'étaient indiquées. 

La réponse de la famille D., courtoise mais ferme, n'a pas varié : précisez votre demande par écrit, pour que nous puissions l'étudier à tête reposée et le cas échéant nous faire conseiller. N'importe quel propriétaire en aurait fait autant. Mais dans le fief de Philippe Juvin, ce n'est pas le genre de réponse qui convient au seigneur des lieux. Notre maire vient de les assigner devant le Tribunal de Grande Instance.

Cela en dit long sur la conception que Philippe Juvin peut avoir de l'institition judiciaire : une justice au service, que dis-je, aux ordres du plus fort... 

13 avril 2010

MoDem Garennois : prise de distance

Suite à de profonds désaccords avec Christophe Conway, j'ai décidé de démissionner du bureau de la présidence collégiale du MoDem Garennois. Je reste cependant, pour quelque temps au moins, "militante de base" de la section.  

Quelques mots pour expliquer pour cette décision, totalement indépendante de la direction (ou plutôt de la non-direction) prise par le Mouvement Démocrate au niveau national.

Deux ans de pratique de la politique locale m'ont appris une chose : il n'y a rien à attendre de la majorité municipale en place, qui, forte des 66% de suffrages avec lesquels elle a été élue, applique tout simplement la loi du plus fort. N'acceptant aucune contradiction et méprisant toute forme d'opposition -aussitôt qualifiée de "politicienne"-. N'hésitant pas à s'engager dans un rapport de force avec ceux qui se mettent en travers de sa route et de ses projets. Usant et abusant des bonnes vieilles pratiques du clientélisme et de l'intimidation, parfois même du harcèlement. 

Face à une telle situation, soit on se soumet (et on collabore, au moins passivement, ce qui est le cas des 29 conseillers municipaux de la majorité), soit on entre en résistance.

Christophe Conway et derrière lui toute l'équipe du MoDem sont, sur de nombreux sujets (EPAD, absence de quotient familial, médiathèque construite sur la base d'un permis de construire illégal....), entrés en résistance. Notre travail, sérieux, rigoureux, argumenté, a porté ses fruits, libéré la parole de certains Garennois, dynamisé l'opposition municipale qui a retrouvé un nouveau souffle.  

Mais parallèlement, Christophe Conway a toujours pris soin d'adresser des appels du pied à la majorité municipale. Approuvant, par exemple, le choix du nouvel adjoint au budget lors du dernier conseil municipal, alors qu'il est évident que cette nomination ne changera rien au fait que la majorité prépare seule son budget, sans aucune vélléité de transparence ni, a fortiori, de concertation. 

Ce discours ambivalent aurait un sens s'il y avait eu, en deux ans, le moindre signe montrant que le dialogue avec la majorité entre dans le champ des possibles, et qu'il peut s'avérer constructif. Ce n'est pas le cas, et je pense qu'il brouille, aujourd'hui, le message d'intransigeance et d'intégrité que que le MoDem Garennois se doit d'adresser à ses sympathisants.

Je pense également que l'opposition Garennoise, dans toutes ses composantes (PS-MoDem-Front de Gauche, citoyens engagés mais non encartés... ), doit se rassembler et, autour de certains sujets d'intérêt général, dépasser l'approche partisane pour parler d'une seule et même voix. Il n'est pas seulement question, ici, de mettre en oeuvre le vieil adage "l'union fait la force". Le véritable enjeu est d'avoir un discours clair, honnête, lisible, à l'attention des Garennois, qui nous reprochent souvent de travailler pour notre propre "chapelle" (et ils ont raison).  

Le Rassemblement pour La Garenne, initié lors des récentes élections cantonales autour de Christophe Macé pour tenter de faire échec à la candidature d'Isabelle Caullery, a ouvert la voie. Je souhaite qu'il puisse maintenant devenir la force de proposition alternative dont notre ville a tant besoin pour échapper à une gestion autocratique et clientéliste.

Je n'ai pas vraiment réussi à faire valoir cette position au sein du MoDem Garennois, qui, tout en restant théoriquement ouvert au dialogue, demeure très frileux. C'est la raison pour laquelle il m'est impossible, dans l'état actuel des choses, de continuer à être son porte-parole. 

 
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