Avertir le modérateur

08 février 2010

Cantonales : quand Philippe Juvin appelle ses administrés à faire le "bon choix"...

En fin de semaine dernière, les Garennois ont reçu dans leur courrier une drôle d'enveloppe au nom de leur maire. A l'intérieur, une missive un tantinet solennelle, dans laquelle Philippe Juvin annonce démissionner de son mandat de conseiller général, qu'il conjuguait depuis plus de huit mois avec ceux de maire et de député européen, en dépit de la loi sur le cumul des mandats : un recours en annulation contre le résultat des élections européeennes avait rendu cette situation possible, sinon sur le plan moral, au moins sur le plan légal...

Dans le même courrier, Philippe Juvin trace un bilan élogieux de ses activités d'élu départemental (on n'est jamais si bien servi que par soi-même), et enjoint clairement les Garennois à faire le bon choix pour désigner son successeur, en l'occurence la candidate UMP Isabelle Caullery.

Je reviendrai dans un prochain billet sur la première partie de la lettre, et la réalité mitigée du mandat de Philippe Juvin en tant que conseiller général de notre canton. Il y a beaucoup de choses à dire à ce sujet, et pas forcément des plus flatteuses.

Mais aujourd'hui, je voudrais réagir sur la fin de cette lettre et cette petite phrase : "La Garenne doit rester une ville équilibrée, calme et sereine, et éviter les aventures". 

Décidément, Philippe Juvin n'a guère d'imagination et son discours gagnerait à se renouveler. Cette rengaine là, en effet, il nous l'a déjà sortie lors des dernières municipales. Certains se souviendront sans doute d'un tract rédigé à la hâte, dans les derniers jours de la campagne, où notre maire appelait à se méfier des "parachutages" et des "aventuriers..". 

La notion de parachutage a pudiquement disparu. Normal. Car en l'occurrence, dans le scrutin qui s'annonce, la parachutée, c'est bel et bien Isabelle Caullery, la candidate officiellement soutenue par la majorité municipale, militante UMP à.... Neuilly et proche de la famille Sarkozy.

Cette ancienne collaboratrice de Charles Pasqua, dont le CV s'est récemment enrichi du titre de "directrice de publication" de Neuilly 92, le magazine d'autopromotion information du très jeune conseiller général Jean Sarkozy, n'arrive pas par hasard sur la scène municipale. Désignée par Sarkozy père et fils, elle est investie d'une mission qui dépasse de loin les seuls enjeux Garennois : apporter son soutien au second dans le cas (hypothétique évidemment) où ce jeune homme pressé s'obstinerait à mettre les pieds dans les pas de son père, et déciderait de briguer la présidence du Conseil Général à défaut d'avoir obtenu celle de l'EPAD... Une hypothèse pas si hypothétique que cela, si l'on en croit le Parisien du 22 juillet dernier. 

On s'éloigne de la lettre de Philippe Juvin, me direz-vous. Eh bien non, pas tant que cela. Car à propos d'EPAD et d'aventure, parlons donc de cette décision hasardeuse qui a conduit notre maire et sa majorité à accepter qu'un quartier entier de notre ville (les Champs-Philippe) voie sa destinée dépendre du bon vouloir d'un organisme dirigé par des technocrates et des promoteurs.  

Et pour poursuivre sur le sujet des aventures, monsieur Juvin, si l'on listait toutes celles dans lesquelles vous avez engagé notre ville : construction d'une médiathèque sur la base d'un permis de construire illégal (et poursuite du chantier après que le tribunal ait ordonné sa suspension), procès perdu contre un blog humoristique, investissement hasardeux dans une maison-musée qui ne pourra jamais exposer que les oeuvres de l'artiste qui l'a construite, tentative d'imposer comme nom de collège celui d'un auteur fascisant.... 

Dans ces conditions, monsieur Juvin, croyez-vous vraiment pouvoir vous permettre de mettre en garde vos administrés ? Croyez-vous pouvoir vous permettre de leur demander d'élire quelqu'un qui travaillera "en étroite collaboration" avec vous, alors que beaucoup d'entre eux constatent justement qu'il faudrait à cette ville un autre regard et une représentation différente, capable de faire valoir d'autres points de vue pour éviter que ne s'allonge la liste des erreurs ? 

22 décembre 2009

Conservatoire de musique : les couacs

sik.gifIl arrive encore à Philippe Juvin de se souvenir qu'il est Garennois. Dans ces moments là, il nous gratifie sur son blog de billets "couleur locale", comme ce fut le cas ce week-end, avec un article sur le traditionnel Concert de Noël du Conservatoire. Ce dernier lui servant de prétexte pour entonner l'un de ses refrains favoris : la Garenne peut s'enorgueillir d'un Conservatoire qui dispose de tous les moyens nécessaires pour accueillir tous ceux qui souhaitent faire de la musique, etc.

Dans la version Noël 2009, assez politique, ça donne : "le Conseil municipal votait d'ailleurs le même jour une augmentation de subvention de 7%  afin que le Conservatoire puisse répondre positivement à toutes les nouvelles demandes d'inscriptions. Conformément à la politique que j'ai mise en place afin de favoriser l'enseignement musical, tous les élèves doivent avoir facilement accès au Conservatoire, sans passer par une liste d'attente. La ville finance systématiquement toute nouvelle plage horaire qui serait nécessaire. Il est regrettable que l'opposition n'ait pas voté cette augmentation de subvention...". 

Alors là, STOP, Monsieur Juvin. Une nouvelle fois votre discours est hypocrite et mensonger. Il est faux de dire que tous les Garennois, et notamment les enfants, peuvent avoir accès au Conservatoire s'ils le souhaitent. Il serait plus juste de dire qu'ils le peuvent s'ils en ont les moyens : en l'absence de barême fixé sur le quotient familial, cela coûte 325 €/an pour un cursus complet (solfège + instrument), quel que soit le niveau de revenu des familles. Un tarif qui n'est certes pas parmi les plus chers du département, mais qui demeure tout de même très élevé pour les foyers modestes...  

C'est précisément parce que cette rallonge budgétaire n'améliorait en rien l'égalité devant l'accès à la culture dans notre commune que l'opposition a choisi de s'abstenir, et je comprends ses raisons. 

Par ailleurs, je crois que monsieur le Maire devrait cesser de se gargariser des capacités de notre Conservatoire à absorber de nouveaux élèves. Il n'y a pas de quoi se vanter, quand les locaux du Foyer des Arts et Loisirs frisent l'asphyxie, et ne sont pas à même d'offrir de bonnes conditions d'étude aux instrumentistes et à leurs professeurs.

Le Conservatoire, voyez-vous, je connais. J'y suis élève depuis plusieurs années, ainsi que mes trois enfants. Nous répétons dans des "studios" surchauffés, aux pianos éternellement désaccordés (à cause des variations de température), et à l'insonorisation inexistante. Si vous êtes flûtiste, comme moi, et qu'un trompettiste travaille dans la salle à côté, il vous faut une capacité de concentration surhumaine pour venir à bout de vos exercices sans craquer...

En l'absence de salle de répétition dédiée aux ensembles instrumentaux et à l'orchestre, la préparation de chaque concert est une gageure, un immense bricolage. Les salles les plus vastes sont convoitées et prises d'assaut. L'orchestre répète dans les locaux étriqués du Centre de Loisirs, conçus pour le travail manuel et extrêmement sonores. Pour s'entendre jouer, une seule solution : faire l'impasse sur les nuances et jouer plus fort que le voisin, tout en jouant des coudes pour garder l'espace vital nécessaire. Les collisions entre instruments sont fréquentes, et tout le monde n'a pas la chance d'avoir une vue dégagée sur le chef d'orchestre. Au début, ça amuse. Rapidement, ça lasse.

La politique de "large accueil" voulue par Philippe Juvin a aussi son revers de la médaille. Les élèves sont loin d'être tous motivés et prêts à faire l'effort nécessaire que demande l'étude de la musique. Beaucoup d'enfants sont inscrits par leurs parents pour de simples raisons de standing familial. Malgré les efforts de discipline entrepris par la direction du Conservatoire, certains dilletantes poussent le bouchon jusqu'à monter sur scène sans avoir assisté à aucune répétition. 

Dans ces conditions, l'excellence ne peut plus être visée. Le programme des concerts se limite désormais à des morceaux simples à monter (en trois ou quatre répétitions) et parfois recyclés sur plusieurs saisons. Il n'est plus question de se dépasser pour offrir le meilleur de nous-mêmes au public, mais s'assurer une prestation aussi correcte que possible.   

Celle de vendredi dernier a pu faire illusion. Une fois encore, les professeurs n'ont pas ménagé leur peine pour "faire avec" ces mauvaises conditions de travail. Bien des prestations présentées étaient remarquables, et méritaient d'ailleurs mieux que le brouhaha ambiant de la salle des fêtes. Toutefois, il y a eu suffisamment de couacs à l'orchestre vendredi soir pour qu'il n'y ait pas de morceau bissé en prime, malgré les applaudissements nourris d'un public acquis d'avance. Cette petite entorse à la tradition est un signe de notre directrice, Isabelle Verbecke, et j'espère qu'il sera compris comme tel.   

Puisque la subvention, déjà conséquente, versée au Conservatoire, semble augmenter inexorablement, je crois qu'il serait bon que notre ville s'interroge sur les objectifs qu'elle assigne à ce Conservatoire. 

S'agit-il de donner satisfaction à toutes les familles aisées qui tiennent la pratique de la musique pour un élément indispensable de leur standing, et veulent voir leur enfants parader sur scène une ou deux fois l'an pour prendre de jolies photos ? Ou bien s'agit-il d'avoir un Conservatoire digne de ce nom, doté des équipements nécessaires pour accueillir ceux qui ont vraiment envie de s'investir dans la pratique exigeante de la musique ?      

 

11 décembre 2009

# Juvin twitte Berlusconi #

Philippe Juvin, supporter de Silvio Berlusconi ?

On peut légitimement se poser la question. En effet, hier, le blog de Philippe Juvin s'est enrichi (!!!) d'un nouveau billet reprenant 13 messages "twittés" depuis Bonn, où notre maire était en congrès avec ses collègues conservateurs du PPE. 

Sur ces 13 messages, 5 se réfèrent au discours de Berlusconi. Les voici, dans leur totale absence de syntaxe : "Berlusconi pour politique unique immigration : pays frontaliers doivent pas seuls assumer immigration". "Berlusconi pour une politique unique défense". "Berlusconi : l'Italie a un premier ministre super, un dur qui tient bon". "Berlusconi : la souveraineté en Italie est passé du Parlement à la Cour Constitutionnelle, le parti des juges". "Berlusconi finit discours en racontant blague se moquant de lui-même" (chacun jugera de l'importance de ce message...) 

Je ne sais pas pour vous, mais moi je frôle l'indigestion. D'autant qu'on avait déjà eu droit, le 21 octobre dernier, à un court billet faisant état d'un "coup de théatre au Parlement Européen : le PE rejette la proposition de mise en cause de Berlusconi déposée par les libéraux et les socialistes".  

Visiblement, Philippe Juvin utilise dorénavant son blog pour communiquer avec peu de mots ce qui lui semble important, touchant, enthousiasmant. Finies les longues dissertations sur la réhabilitation des anarchistes de droite. Avec Twitter, on communique de l'instantané, de l'émotionnel, des coups de coeur ou des coups de gueule que l'on partage avec la communauté qui vous "suit". 

Mais était-il vraiment judicieux d'utiliser twitter pour rapporter les propos du sulfureux Berlusconi, et notamment ceux sur le "parti des juges", qui ont suscité un certain malaise jusqu'au au sein du PPE ? Rappelons que Berlusconi doit faire face à de graves accusations sur ses liens présumés avec la Mafia, et que la Cour Constitutionnelle italienne a rejeté début octobre une loi destinée à lui assurer l'immunité pénale.

A Bonn, le chef du gouvernement italien s'est présenté comme la victime d'une campagne de la magistrature. La Cour, "l'organe de garantie des droits, s'est transformée en organe politique", a t-il affirmé, ajoutant qu'il était l'objet d'une "chasse à l'homme". Des déclarations qui ont suscité une forte indignation en Italie. 

Sortant de sa réserve, le Président Giorgio Napolitano a publié un communiqué dans lesquels il les a qualifiées de "violente attaque contre des institutions fondamentales de garantie des droits", tandis que l'ancien juge anticorruption Antonio Di Pietro, chef du parti d'opposition Italie des Valeurs, a fait allusion à des pratiques fascistes : "Berlusconi déchire le loi fondamentale en réduisant le parlement à un service privé et maintenant il veut éliminer la Cour", a-t-il déclaré (source : AFP).  

Que penser des messages twittés de Philippe Juvin ? S'ennuyait-il au point d'utiliser son portable comme passe-temps ? A t-il voulu rapporter des propos qui l'ont choqué par leur caractère outrancier ? Mais rien, strictement rien, dans ces messages, n'indique la plus petite trace d'indignation. 

Alors, serait-il fasciné par Il Cavaliere, sa truculence, son (mauvais) goût pour la provocation, comme il le fut pour un certain Léon Daudet ? A-t-il vibré aux accents du tribun, ressenti une certaine empathie ? Après tout, Philippe Juvin et Silvio Berlusconi ont au moins un point en commun : leur promptitude à répondre aux accusations qui les concernent en se posant comme victimes de cabales politiciennes. 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu