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08 novembre 2010

Bien vu, bien dit

1526376314.gif"Nicolas Sarkozy s'est forgé une vision de la France qui lui ressemble, c'est-à-dire individualiste, avide de réussite sociale et personnelle, obsédée par les biens matériels et indifférente à l'histoire".

Extrait de "DE l'ESPRIT DE COUR", de Dominique de Villepin, Ed. Perrin, en vente chez tous les bons libraires (n'a pu être censuré).

Ceci dit, c'est tout de même paradoxal de voir aujourd'hui s'ériger en défenseur des principes républicains celui qui fut, en d'autres temps, l'instigateur et le défenseur aveugle du CPE et du CNE, deux dispositifs qui bafouaient le principe d'égalité des droits devant le travail en instituant plusieurs catégories de salariés...

Monsieur de Villepin, autant je partage votre critique, autant il m'est difficile de voir en vous celui qui pourrait réconcilier notre pays avec ses valeurs et son histoire...

22 octobre 2010

Sarkozy pyromane?

Pompier-pyromane1.jpgEn restant droit dans ses bottes et en répétant qu'il ne cédera sur rien, Sarkozy joue à un jeu dangereux. Et si c'était là l'objectif recherché : mettre le pays à feu et sang, pour finalement être celui qui rétablira l'ordre républicain, en vertu des pouvoirs que lui confère l'article 16 de la Constitution ? C'est l'hypothèse soulevée par Corinne Lepage dans tribune du Monde (édition du 22 octobre). 

Certes, d'autres avant lui ont misé sur le pourrissement de la contestation, relève Corinne Lepage. Mais le contexte, aujourd'hui, est radicalement différent. Pour la présidente de Cap 21, trois éléments au moins contribuent à tendre à l'extrême le climat social : l'ampleur de la crise économique (qui rend virtuelle pour le plus grand nombre la capacité de travailler suffisamment de trimestres pour povoir prétendre à une retraite à taux plein), le creusement des inégalités (rendu insupportable par des mesures telles que le bouclier fiscal ou les déremboursements de faris médicaux), et enfin, la dérive institutionnelle.

Pour Corinne Lepage -et je partage cet avis-, cette dérive insitutionnelle est au fond "la mère de tous les maux". "Que se passe t-il lorsque le Parlement est devenu une chambre d'enregistrement (...), lorsque la justice ne peut plus jouer son rôle comme dans l'affaire Woerth où, malgré la demande du procureur général auprès la Cour de Cassation, un procureur de la République, dont les liens avec le pouvoir sont établis, refuse de transmettre le dossier à un juge d'instruction avec la bénédiction de la Garde des Sceaux?"

"La question des retraites, qui soulève celle du travail, de la pénibilité, des inégalités hommes-femmes, de la solidarité et de la protection sociale, est devenue le catalyseur d'un refus du 'trop, c'est trop'...", analyse-t-elle.

Bref, la situation est explosive est Sarkozy le sait. La question est-elle : Sarkozy jouerait-il les pyromanes ? Sa stratégie consisterait-elle à provoquer une tension telle qu'il pourrait 'légitimement' mettre en oeuvre l'article 16 de la Constitution, qui permet au chef de l'Etat de s'arroger tous les pouvoirs lorsque les institutions de la République sont menacées d'une manière grave et immédiate ?  

"L'objectif n'est-il pas de faire monter le désordre jusqu'au moment où, sur la base de ce texte, le président pourra s'ériger en rétablisseur de l'ordre républicain alors qu'il est l'instigateur du désordre, non pas en proposant une réforme des retraites -qui est indispensable-, mais en la concevant, en la poursuivant dans un climat d'injustice insupportable et en refusant la négociation préalable indispensable avec le front syndical", interroge Corinne Lepage. 

La question méritait d'être posée. Il n'en reste pas moins que pour parvenir à une situation qui lui permettrait de jouer les super-héros, Sarkozy doit impérativement trouver en face de lui deux partenaires : des syndicats aussi "jusqu'auboutistes" que lui, et une opinion publique prête à lui demander aide et secours. Il n'est pas certain que les Français -syndiqués ou non- lui offriront ce plaisir. 

NB : pour lire l'article de Corinne Lepage in exentenso : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/21/reforme-de...

12 octobre 2010

Albert-Camus bloqué

Ce matin, le lycée Albert-Camus de Bois-Colombes, où sont scolarisés nombre de jeunes Garennois, faisait partie de la cinquantaine de lycées bloqués en Ile-de-France, une bonne soixantaine d'élèves empêchant l'accès par la porte principale, sous l'oeil amusé d'une autre centaine de "sympathisants", amassés de l'autre côté du trottoir. Un blocage bon enfant, puisque les élèves qui désiraient aller en cours pouvaient toujours passer... par l'entrée des profs.

Que faut-il penser de cette mobilisation lycéenne que l'on dépeint volontiers comme manipulée, téléguidée ? Faut-il s'irriter de voir des ados s'emparer d'un "truc de vieux"? Faut-il ne voir là qu'un prétexte pour rater des heures de cours et pimenter le quotidien ?

Je crois qu'il serait dangereux de sous-estimer la grogne des jeunes. Si quelque chose m'a frappée, ce matin, c'est bien le climat de connivence (et non d'hostilité) entre ceux qui bloquaient "pour de bon" et ceux qui demeuraient en retrait. 

Certes, tous les jeunes ne se sentent pas concernés par la question des retraites (loin de là!), mais plutôt qu'un prétexte, je crois que cette mobilisation est une opportunité : l'opportunité d'exprimer au mieux un ras-le-bol, un malaise, au pire une colère, un sentiment de révolte.

Même s'ils sont peu politisés, nos jeunes savent bien qu'ils ne sont pas la priorité du pouvoir en place. Sarkozy n'a jamais décrété la lutte contre le chômage des jeunes grande cause nationale. Et que dire de l'état de délabrement programmé de l'éducation nationale, avec lequel ils doivent composer chaque jour : classes surchargées, manque d'équipement, manque de locaux... ?

A l'inverse, nos jeunes sentent parfaitement qu'aux yeux du pouvoir, ils constituent une population sous surveillance. Dans le discours Sarkozien, le mot "délinquance" n'est jamais très éloigné du vocable "jeune". Luc Chatel lui-même leur avait conseillé de rester à l'écart en jouant le bon père de famille : "manifester sur la voie publique, c'est dangereux". Raté. Les jeunes ont pris la parole, et ils ont raison, car c'est de leur avenir qu'il s'agit. 

 
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