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11 octobre 2010

Retraites : une réforme absurde à l'épreuve de la rue

"On" (traduire : le pouvoir en place) disait les Français excédés par les grèves. Faux. Un sondage CSA publié ce matin dans le Parisien révèle que 69% soutiennent la journée d'action de demain, et que 61% sont favorables à un mouvement ancré dans la durée. Il faut dire que, malheureusement pour Sarkozy, Woerth et compagnie, Dassault n'a pas encore réussi à faire main basse sur le quotidien francilien. D'où ces chiffres qui fâchent, étalés à la une dans tous les kiosques à journaux... 

L'Elysée, qui s'est désormais officiellement emparé du dossier, tiendra-t'il compte de cet avertissement ? Probablement non, car on nous l'a bien seriné, tout report, toute refonte du projet est exclu(e) car irresponsable. Quitte à passer en force, l'Etat entend bien mener à terme sa réforme-phare, présentée comme la seule capable de sauver notre système de retraite par répartition.

Or, en repoussant l'âge de départ à taux plein à 67 ans, cette réforme ne sauve pas grand-chose! Bien au contraire, elle remet en cause l'esprit même d'un système de solidarité intergénérationnel où les plus jeunes assurent aux plus âgés l'espérance de pouvoir profiter de plusieurs années d'inactivité bien méritée, dans de bonne conditions : en bonne santé et avec des ressources suffisantes. 

Sur ce sujet brûlant, comme pour bien d'autres, je partage l'avis de Corinne Lepage et de Cap 21 qui refusent que la question des retraites soit traitée uniquement comme un problème d'ordre financier lié à l'augmentation de la durée de vie. Ce qui devrait être pris en compte dans une approche humaniste, selon Cap 21, ce n'est pas la prolongation de la durée de vie (trop souvent, malheureusement, assortie d'une période de dépendance), mais plutôt l'espérance de vie en bonne santé. Or, si l'on en croit l'INSEE, celle-ci ne dépasse guère 61 ans (pour les hommes) et 62 ans pour les femmes... 

Le gouvernement se trompe d'urgence et nous abuse sur la nature de cette urgence. La question n'est pas de sauver à tout prix un système de financement que l'on sait depuis longtemps dépassé, mais de préserver l'esprit du système de retraite par répartition en explorant de nouveaux modes de financement, en mettant à contribution de nouvelles sources de revenus. Demander un effort aux générations futures au nom de la solidarité intergénérationnelle est une chose; leur imposer de se sacrifier sans aucune garantie de réciprocité en est une autre.

Il importe aussi de réfléchir à la place de la vieillesse dans une société où tout apprécié à la norme de la productivité. Et d'agir sur notre environnement et notre mode de vie pour allonger une durée de vie en bonne santé finalement très courte...  

   

 

04 septembre 2010

Entrer en résistance. Vraiment.

Pour la première fois depuis longtemps, j'ai pris le temps d'aller surfer sur la blogosphère MoDem. Et là, surprise, j'apprends que François Baurou a "fait découvrir" à son entourage la même vidéo que moi, celle où Django Reinhardt et Stéphane Grappelli jouent ensemble la Marseillaise, version jazz manouche.

Génial, et pourtant ma colère n'a fait qu'augmenter. Car il était où, Bayrou, cet après-midi ? Pourquoi le MoDem n'avait-il pas signé le texte invitant ses adhérents à se joindre à la manifestation qui, cet après-midi, a réuni plusieurs milliers de personnes Place de la Bastille, pour protester le poing levé contre le discours xénophobe du gouvernement et sa "politique du pilori"?

Une fois de plus il y a un complet décalage entre le discours du MoDem et ses actes. L'explication, j'ai bien peur de la connaître : peur de s'afficher aux côtés des partis "de gauche". Le calcul électoraliste, avant l'affirmation des convictions. 

En attendant de trouver le bon positionnement de Bayrou pour les présidentielles, le MoDem nage entre deux eaux. Je suis du signe des poissons, mais cela ne me convient pas. Aujourd'hui les choses sont si graves qu'il faut choisir son camp. Soit on gravite dans les eaux fangeuses où s'est aventurée l'UMP, territoire jadis réservé à l'extrême-droite. Soit on entre en résistance, ensemble, unis sur l'essentiel, c'est-à-dire la défense des valeurs et des institutions républicaines que le pouvoir en place bafoue chaque jour. 

La gauche l'a fait aujourd'hui, clairement, et avec elle quelques autres personnalités dont Corinne Lepage. Bravo.

Aujourd'hui, je rends ma carte du MoDem. 

 

30 mars 2010

MoDem : repli au centre ?

Le revers électoral subi aux régionales aurait-il emporté avec lui le concept de "Mouvement Démocrate" pour réhabiliter celui de "centre" ? 

C'est ce que l'on peut lire, en filigrane, dans la résolution adoptée le 27 mars dernier par le Conseil National du MoDem : "Le Conseil National (...) soutient le premier de nos choix stratégiques : celui de l'indépendance, seul capable d'apporter une idée nouvelle et juste pour l'avenir du pays, et de répondre à ceux de ses citoyens qui ne se reconnaissent plus dans le débat démocratique. Il insiste sur le refus des manoeuvres et des combinaisons". 

Que nous sommes loin du temps, en fait pas si éloigné que cela (c'était en septembre dernier), ou François Bayrou, en clôture de l'Université d'Eté de la Grande-Motte, appelait à construire "un Parlement de l'Alternance" et faisait "une offre publique de dialogue (...) à toutes les familles politiques qui veulent une alternance". 

Oh, certes, dans un cas comme dans l'autre, le discours est prudent. A l'automne dernier, il était question de réflexion commune et éventuellement de partenariat avec la gauche, pas d'alignement. Et aujourd'hui, la porte n'est pas -officiellement du moins- fermée au dialogue. Mais les mots ont changé. Le "centre progressiste" affiché à La Grande-Motte est redevenu le centre tout court, replié sur lui-même et sur cette "certitude" (qui ressemble de plus en plus à une incantation) selon laquelle il serait le seul recours possible pour notre pays en crise. 

Que devient le travail effectué au sein du Rassemblement social, écologique, et démocrate par Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias? Que faut-il penser de l'appel insistant, lancé par plusieurs militants et blogueurs démocrates, à revendiquer le libéralisme comme valeur fondamentale de notre mouvement ? 

A un moment où il est plus ou moins demandé aux militants démocrates de faire le dos rond et de ne pas attiser les querelles internes, soit-disant responsables de notre débacle électorale, ce billet va sans doute déplaire. Pourtant, s'il veut survivre, s'il veut redevenir ce mouvement capable de dépasser les clivages politiques, le MoDem, paradoxalement, ne peut faire l'économie d'une clarification sur son positionnement. On ne fera pas bouger les lignes, on ne convaincra pas les électeurs qui se sont détournés de la politique si l'on ne dit pas au préalable, qui l'on est, d'où l'on vient, ce que l'on veut construire. C'est une question de clarté, mais aussi et surtout d'honnêteté politique. 

Le MoDem va t-il poursuivre le chemin timidement esquissé vers la social-démocratie, ou va t-il se replier sur le territoire (aujourd'hui très convoité) de ses origines ? La question est fondamentale. Y répondre serait, à mon avis, un pas important pour sortir d'un quiproquo qui nous a, de manière très prévisible, menés droit dans le fossé. 

 
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