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06 janvier 2010

Roselyne et les SDF


Il aura fallu l'initiative d'une association, le collectif des Morts de la Rue, pour que soient comptabilisés en France les décès de personnes sans domiciles fixes mortes dans la rue ou des conséquences de leur vie à la rue :
froid, malnutrition, violence... 

Ce collectif a publié hier un communiqué dans lequel il estime qu'en 2009, au moins 358 sans-abris sont morts, un bilan provisoire qui devrait s'alourdir dans les semaines à venir, puisque beaucoup de décès de SDF sont connus avec retard.

Puisqu'il est beaucoup question, ces jours derniers, de principe de précaution, je pose la question : quelles ont été les mesures de précaution prises par les pouvoirs publics, et en premier lieu l'Etat, pour éviter ces décès ?  

Il se trouvera peut-être un ou une journaliste pour poser la question à Roselyne Bachelot, la protection des personnes les plus démunies et les plus fragiles faisant partie, me semble-t-il, des questions de santé publique.  

Je crains, malheureusement, que nous n'ayons déjà la réponse. La santé des SDF, Roselyne, c'est pas vraiment son problème. La preuve en 5 secondes de video ...


http://www.youtube.com/watch?v=33TtsyF13xI


 ... bien plus instructives qu'un long discours.    

05 janvier 2010

Du principe de précaution poussé jusqu'à l'absurde...

roselyne-bachelot-hoptal-en-desherence-26-dec-2008_1236243396.jpegAu nom du principe de précaution, on peut aller très loin. Trop loin sans doute et jusqu'à l'absurde, comme l'a dit avec justesse Bernard Debré, député UMP -s'attirant au passage les foudres de Philippe Juvin, lequel a dû oublier qu'il avait lui-même jugé, en juin dernier, qu'il s'agissait d'une "grippe pas très grave mais très très contagieuse"-.

Quoi qu'il en soit, voici Roselyne Bachelot contrainte de résilier les commandes de quelques 50 millions de doses de vaccins, soit plus de la moitié de ce que l'Etat Français s'était engagé à acquérir quelques mois auparavant. Sans indemnisation aucune, nous assure-t-elle. Mais la fermeté affichée aujourd'hui dans ses "négociations" avec l'industrie pharmaceutique ne fait guère illusion.

Car enfin, fallait-il vraiment, au nom du principe de précaution, passer dans l'urgence une commande aussi disproportionnée (94 millions de doses, soit 10 % des stocks de vaccins mondiaux), alors même que ces vaccins n'avaient pu être être testés selon les procédures habituelles, qu'ils contenaient des substances controversées et que les premières informations en provenance de l'hémisphère sud laissaient à penser que la pandémie ne serait peut-être pas aussi terrible que ce que l'on avait redouté ?

Fallait-il aussi absolument, au nom du principe de précaution, mettre en oeuvre ce dispositif de vaccination paramilitaire dont on admet aujourd'hui qu'il n'a guère inspiré confiance aux Français, avec réquisition des professionnels de santé et mobilisation de la médecine militaire ?   

Madame Bachelot défend aujourd'hui ce qui aurait dû être mis en oeuvre depuis le début : une gestion évolutive de la situation, avec des médecins libéraux "réhabilités" au centre du système de soins.

Allons-nous enfin cesser de marcher sur la tête ? La gestion d'une crise sanitaire demande certes des mesures énergiques, mais surtout beaucoup de discernement : à défaut, on est dans le spectaculaire sans être dans l'efficacité.

Or, je ne suis pas certaine que le discernement fasse partie des qualités premières de ce gouvernement. Jean-Jacques Jégou, sénateur MoDem du Val-de-Marne, auteur d'un rapport sur l'achat des stocks de vaccins et de médicaments antigrippe A, note que la France a fixé des quantités "astronomiques" pour ses stocks d'antiviraux et de masques. En ce qui concerne les médicaments, Tamiflu et Relenza, la hauteur des stocks s'élève à 33 millions de doses (30 % des stocks mondiaux), alors même que leur utilité continue à être mise en cause par bien des experts. En ce qui concerne les masques, la France en possède un stock permanent de 1,7 milliard, disséminés sur tout le territoire national et pas toujours conservés dans les conditions adéquates...  

Les uns et les autres se périmant au bout de quelques années, on imagine le coût lié au maintien du "principe de précaution" poussé à ce niveau. Jean-Jacques Jégou a ainsi calculé que pour renouveler le stock d'antiviraux, il fallait débourser la coquette somme de 24 M€/an. Et que dire du gâchis... 

Que penser de tout cela ? Principe de précaution poussé à l'excès, ou principe de précaution alibi, servant de prétexte à des motivations beaucoup moins avouables ? Au moins Roselyne Bachelot a-t-elle accepté le principe d'une enquête parlementaire...   

02 janvier 2010

Bouffonneries

Après une interruption de quelques jours (pour cause de vacances et pas de grippe!), ce blog reprend vie... Et comme le veut la tradition, je commence par souhaiter une bonne et heureuse année à tous mes fidèles lecteurs et lectrices.

A propos de voeux, je peux bien l'avouer puisque je figure probablement dans toutes les versions passées, présentes et futures d'Edvige, j'ai zappé ceux de Sarkozy. A la place, en attendant le réveillon, mes enfants ont proposé de regarder le DVD de "Neuilly sa mère", que je n'avais pas pu voir à sa sortie. Excellente initiative. "Ma chambre, tu l'aimes ou tu la quittes....", avec le logo de l'UMP sur la porte de la chambre en question, c'est irrésistible. 

Le lendemain, j'aurais bien rattrappé mon retard, mais on m'a proposé d'aller voir Avatar. En 3D. J'étais loin d'être conquise d'avance, mais la magie Cameron a opéré. Les images sont fascinantes, et puis... c'est si bon de voir la pureté triompher sur la bêtise et la cupidité. 

Aujourd'hui 2 janvier, retour sur terre. Je découvre les voeux de Sarkozy. Surprise. Le Président de la France-qui-se-lève-tôt nous exhorte à débattre sans nous déchirer (on croit rêver), et à "redonner du sens au mot fraternité". Sans doute un discours inspiré par la laïcité positive ?

En tout cas, voilà qui doit aller droit au coeur de tous ceux qui attendent encore que se réalisent les généreuses promesses présidentielles (autres que le paquet fiscal) : droit au logement opposable, pouvoir d'achat, emploi. Sans-abris dont le nombre augmente sans discontinuer. Chômeurs en fin de droits (selon les experts, ils seront un million à perdre le droit à toute indemnité en 2010). Smicards dont le salaire vient d'augmenter royalement de 0,5 %. Bonne année à tous de la part de Nicolas Sarkozy... 

Hortefeux fait également la une des médias. Le ministre de l'Intérieur se félicite d'une nuit de la Saint-Sylvestre plutôt calme : 1137 voitures brûlées, contre 1147 l'an dernier. Décidément, ce monsieur a un humour plutôt spécial. En tout cas, le renvoi de réfugiés afghans dans leur pays en guerre n'a pas pesé sur sa conscience au point de gâter son réveillon.   

Passons au local, avec les voeux enregistrés de Philippe Juvin. Le maire nous annonce une grande année pour La Garenne, qui célèbre cette année son centenaire. Rien de bien nouveau sous le soleil... Essentiellement des annonces de travaux : rénovation du quartier des Champs-Philippe (s'il plaît à l'EPAD), réfection de la rue Voltaire qui n'aura plus rien à envier à la rue Froment (sic), médiathèque.

Une pseudo annonce en matière d'emploi : l'espace Insertion de La Garenne sera désormais commun à notre ville et à celle de Bois-Colombes. Une autre pseudo-annonce en direction des personnes à mobilité réduite : la ville poursuit ses efforts de mise en accessibilité, comme toutes les autres communes de France, pressées par l'obligation légale de rendre leur voirie et leur espace public entièrement accessibles aux personnes en situation de handicap d'ici le 1er janvier 2015. 

A part ça, on apprend tout de même que la future médiathèque de La Garenne (celle dont le permis de construire avait été annulé pour cause d'illégalité) est un bâtiment à caractère social, destiné à accueillir le soir les jeunes qui ne trouvent pas chez eux des conditions propices à l'étude. 

Alors ça... Sarkozy avait inventé l'internat de la réussite pour les élèves méritants issus de milieux dévorisés. Juvin vient d'inventer la médiathèque de la réussite. Destinée aux jeunes Garennois qui n'ont pas de chambre à eux, pas d'ordinateur, et pas de cousin Charles à Neuilly. L'idée en soi n'est pas mauvaise. Mais en l'absence d'une vraie politique sociale, et notamment d'une politique volontariste de construction d'habitat social, elle devient ridicule à force d'être dérisoire.

Ce ne sont pas quelques places d'aide aux devoirs à la médiathèque qui changeront radicalement le quotidien des familles modestes et mal-logées à La Garenne. Mais cela suffit sans doute à Philippe Juvin pour se donner bonne conscience, et enrober ses voeux d'une générosité à peu de frais.

 Bon, j'arrête là mon tour d'horizon, je commence à m'énerver. Z'auriez pas un film zen à me conseiller ? 

 
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