Avertir le modérateur

04 décembre 2009

Je ne sais pas si les Français ont un problème d'identité nationale, mais je pense qu'ils ont un problème de représentation nationale!

Nous apprenons ce matin que Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux, a été élue dans un fauteuil à la présidence de l'EPAD: son nom a fait l'unanimité parmi les administrateurs élus UMP, ainsi que parmi les représentants de l'Etat et de la Chambre de Commerce de Paris. 

On aurait aimé un peu plus de discernement. Car enfin, la femme qui vient de prendre la tête du premier quartier d'affaires de France est aussi une élue réputée pour multiplier les dépenses de prestige dans sa commune, depuis les réalisations pharaoniques dont les noms parlent d'eux mêmes ("Palais des Sports", "Palais de la Médiathèque") jusqu'à l'achat de carillons, fontaines et livres rares, en passant par les réceptions grandioses et les animations saisonnières coûteuses ("Puteaux en neige", "Puteaux en plage"...). 

"C'est un peu comme si Nelly Olson, tu sais, la petite peste gâtée de La Petite Maison de la Prairie, qui fait une colère si elle n'a pas la plus belle robe ou si on lui refuse un caprice, venait d'être élue pour représenter son Etat", m'a dit ce matin un ami putéolien désabusé qui n'avait pas perdu son sens de l'humour. Je ne sais pas ce que vaut la comparaison, personnellement j'aurais plutôt cité Dallas, mais bon, comme je suis loin d'être une spécialiste des séries télé... En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'avec Joëlle Ceccaldi on risque d'avoir un vrai problème de représentation nationale. 

Et si encore c'était le seul... Mais non, ce matin, nous apprenons aussi que le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, n'a rien trouvé de mieux que de voler au secours du maire (UMP) de Gussainville, André Valentin, accusé hier par son propre parti d'avoir tenu des propos xénophobes. Petit rappel des faits : interrogé par un journaliste sur l'opportunité du débat sur l'identité nationale, André Valentin avait répondu : "il est temps qu'on réagisse parce qu'on va se faire bouffer (....). Ils sont déjà dix millions qu'on paye à rien foutre". 

Ces propos avaient soulevé une vive indignation, y compris de la part d'Eric Besson, ministre de l'immigration et de l'identité nationale. Mais pour Frédéric Lefebvre, il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Tout en se défendant de souscrire à ces propos, il a cru bon de souligner qu'ils ne font "qu'exprimer l'inquiétude de la France profonde".  Cela me rappelle furieusement le discours de certains groupuscules d'extrême-droite en quête de respectabilité, qui proclament haut et fort qu'ils ne sont ni racistes, ni antisémites, mais dont les maîtres à penser n'en finissent pas de disserter sur la "question juive".  Certains de mes lecteurs, qui ont suivi de très près l'affaire Kleber Haedens, sauront très précisément à quoi je fais allusion...

Donc, avec Frédéric Lefebvre, on a un autre vrai problème de représentation nationale. Ce type là a beau être brocardé régulièrement dans les médias, c'est quand même le porte-parole du parti au pouvoir! Bref, avec des Joëlle Ceccaldi-Raynaud et des Frédéric Lefebvre, la France est tombée bien bas. Les plus philosophes d'entre nous diront que cela ne peut pas être pire, et que donc, cela va s'arranger demain... 

J'aimerais bien les croire, mais j'ai des doutes. Tenez, revenons à un exemple concret qui nous concerne, celui de l'Etablissement Public de la Défense (EPAD), appelé à fusionner prochainement avec son homologue nanterrien, l'EPASA. La présidence de Joëlle Ceccaldi n'est donc en théorie que transitoire : au printemps prochain, si le gouvernement parvient à ses fins, nous aurons un nouvel établissement public (EPADSA) avec un nouveau président ou une nouvelle présidente.

La presse nous apprend aujourd'hui qu'un nom circule déjà pour ce poste très en vue : celui de notre maire Philippe Juvin. Rumeur plausible à double titre. D'abord parce que La Garenne devrait entrer dans le périmètre du nouvel établissement, dans le cadre du projet d'extension de La Défense. Ensuite parce que, sur un plan plus personnel, Philippe Juvin pourrait prochainement trouver un peu de disponibilité sur son agenda surchargé, le service des urgences qu'il dirige à l'hôpital Beaujon étant menacé de fermeture ! Par ailleurs, le maire de La Garenne n'a jamais caché sa fascination pour les métiers du BTP et les grands travaux...

Seulement voilà, avec Philippe Juvin, il y aussi un problème de représentation. Pourrait-on confier l'avenir de La Défense à quelqu'un qui n'a pas cru bon de respecter la légalité en ce qui concerne le permis de construire de la médiathèque de sa ville, et qui a même pris la liberté de poursuivre ce chantier alors que la justice lui en avait ordonné la suspension ? Pourrait-on confier la représentation du premier quartier d'affaires français à quelqu'un qui a tenté de baptiser un collège du nom de Kleber Haedens, écrivain pétainiste, secrétaire privé de Charles Maurras, collaborateur des pires gazettes fascistes et antisémites ?

J'entends déjà ceux qui vont m'accuser de tout mélanger. Je leur réponds d'avance : oui, je mélange tout, sciemment,  volontairement. Parce que tout est lié et nous renvoie finalement à une seule question : celle de l'exemplarité des personnes qui, par leurs fonctions, sont amenées à nous représenter et à s'exprimer en notre nom. 

03 décembre 2009

EPAD : après la dynastie Sarkozy, la dynastie Ceccaldi ?

Qui succédera demain à Patrick Devedjian à la tête de l'EPAD (établissement d'aménagement public de la Défense) ?

Eh oui, l'affaire ne s'est pas terminée avec le désistement de Jean Sarkozy, qui, face à une mobilisation citoyenne dans précédent, a dû renoncer à ses ambitions de jeune homme pressé. A ce sujet, je ne surprendrai personne en révélant que j'ai fait partie des premiers signataires de la pétition de Christophe Grébert "Jean Sarkozy, renoncez à briguer la présidence de l'EPAD". Pourquoi ? Parce que ni les compétences, ni l'expérience de Jean Sarkozy ne pouvaient lui permettre de prétendre à ce poste, et que son élection organisée à la tête du premier quartier d'affaires européen relevait du pur népotisme.

Depuis ce coup de théâtre, l'hypothèse la plus généralement envisagée pour la présidence de l'EPAD était qu'un fonctionnaire d'Etat serait élu à titre provisoire, en attendant la création d'un nouvel établissement public d'aménagement public, l'EPADSA, issu de la fusion souhaitée par le gouvernement entre l'EPAD et l'EPASA (établissement d'aménagement public Seine-Arche, sur le territoire de Nanterre). 

Le seul candidat officiellement en lice était jusqu'ici Patrick Jarry, maire (PCF) de Nanterre, dont l'élection est fort peu probable, puisque l'Etat contrôle directement le processus : sur les 18 administrateurs de l'EPAD appelés à choisir leur président en leur sein, 9 sont des fonctionnaires nommés par le gouvernement et 4 autres des représentants de l'UMP.  

Mais aujourd'hui, veille de scrutin, nouveau coup de théâtre : le Monde nous apprend que Joëlle Ceccaldi, maire de Puteaux, est candidate. Ce n'est pas une véritable surprise, mais c'est une mauvaise nouvelle.

D'abord, parce que, comme le note Christophe Grébert sur son blog www.monputeaux.com, c'est une autre figure "du népotisme et de ce qu'il y a de pire dans le système UMP des Hauts-de-Seine" qui convoite l'EPAD, avec une bonne chance de l'emporter, même si elle ne fait pas l'unanimité ! Joëlle Ceccadi-Raynaud doit en effet sa carrière politique au nom de son père, qui fut maire de Puteaux et Président de l'EPAD (mais si, mais si...), avant qu'ils ne se déclarent une guerre sans merci, ne ratant aucune occasion de laver leur linge sale en public. Ce qui n'a pas empêché Mme Ceccaldi de propulser son propre fils, Vincent Franchi, dans l'arêne politique, en l'imposant comme maire-adjoint et président du groupe UMP au conseil municipal. 

Ensuite, en ce qui concerne les compétences supposées requises pour le poste (qualités de gestionnaire, diplomatie, aptitude à résister aux pressions...), on est bien loin du compte. Joëlle Ceccaldi est réputée... pour ses gaspillages et ses dépenses somptuaires (1 M€ pour l'éclairage des fêtes de fin d'année, pour ne citer que cet exemple), autant que pour son mépris total pour la démocratie. En tant qu'administrateur de l'EPAD, il semble qu'elle n'ait jamais été capable de défendre l'intérêt des Putéoliens contre les appêtits immobiliers des promoteurs, sans doute en vertu de cet adage personnel qu'elle confie au Monde : "Tout ce qui est bon pour La Défense est bon pour Puteaux". 

Bref, tout cela est de bien mauvaise augure pour ceux qui espèrent l'avènement d'une nouvelle Défense, plus respecteuse des populations et de l'environnement. D'autant plus que, si Joëlle Ceccaldi est élue, elle entend bien l'être pour un petit moment : "je vous le dis, si je suis élue, c'est pour quelque temps. Je ne serai pas une présidente de transition", déclare-t'elle au Monde. Alors, verra-t-on un jour la très contestée maire de Puteaux présider aux destinées du quartier des Champs-Philippe, dans le cadre d'une Défense élargie ? 

02 décembre 2009

La France de 2009 respecte-t-elle les droits de l'enfant ?

C'est la question posée par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans un communiqué qu'elle vient de publier. Et pour l'association, la réponse est non : la lutte contre l'immigration clandestine, la prévention de la délinquance, la répression du trafic de drogue sont autant de prétextes qui permettent à nos gouvernants de bafouer la convention internationale des droits de l'enfant, dont on vient de célébrer le vingtième anniversaire. Désormais, relève la LDH, c'est une logique sécuritaire qui prévaut dans les mesures et les décisions concernant les enfants, au mépris de l'article 3 de la convention, qui stipule clairement que "l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale". 

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu