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01 décembre 2009

Rama Yade : sympathique d'accord, sarkozyste d'abord...

Notre secrétaire d'Etat aux Sports, conseillère municipale d'opposition à Colombes, honorera ce soir de sa présence la ville dont elle est l'élue. Au programme, un "forum emploi" un peu particulier, puisque les participants sont invités à venir "munis de leur CV et de leur lettre de motivation". L'occasion semble certes intéressante puisque Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, fera partie des VIP, ainsi que plusieurs chefs d'entreprises.

La chose n'est pas passée inaperçue et Roland Muzeau, député (PCF) de la circonscription, a dénoncé le caractère scandaleux d'une initiative "aux relents populistes, aux airs de clientélisme électoral", dans lequel il voit une façon de "jouer avec l'espoir de la population qui vogue de galère en petits boulots mal payés", ainsi qu'un "un jeu dangereux dans les banlieues populaires". 

A titre personnel, je ne suis pas loin de partager l'avis de M. Muzeau. L'intention électoraliste est cousue de fil blanc. Si Rama Yade voulait mettre son énergie et son carnet d'adresses perso au service de sa ville, elle pouvait le faire autrement qu'à travers un coup de pub, surtout sur un sujet aussi complexe que celui de l'emploi. En sa qualité de conseillère municipale, en proposant de travailler avec la municipalité en place, par exemple.

Mais c'est bien là que le bât blesse, et c'est pourquoi j'écris ce billet : car la réaction de Rama Yade témoigne hélas d'un sectarisme aussi radical que banal... parmi la "génération Sarkozy". En digne représentante de la réthorique UMP, la secrétaire d'Etat a ainsi recommandé à Roland Muzeau "de proposer, plutôt que de dénoncer", "car le chômage a augmenté de manière très rapide à Colombes, depuis qu'ils sont là".  

Le pronom personnel, à lui seul, est révélateur : qui, "ils"? Les extra-terrestres ?  Les envahisseurs ? Je suppose qu'il faut entendre derrière ce "ils" les "socialo-communistes", voire les "staliniens". Encore un cas d'allergie grave qui frise l'intolérance la plus stupide. 

Quant à l'argument lui-même, qui sous-entend que la municipalité de gauche serait responsable de l'augmentation du taux de chômage à Colombes, là, on est au degré zéro de la politique. On dirait du Lefebvre (dans ses bons jours).    

Allons, ressaisissez-vous, madame Yade. On attend autre chose de vous que de la mauvaise foi et de la politique politicienne, même si, on l'a compris, vous êtes plutôt douée à l'école de la Sarkozye. Bien sûr, il n'y a pas que de bons exemples dans votre équipe (je veux parler de celle des régionales). Mais êtes-vous vraiment obligée de vous couler dans un moule aussi médiocre ?  

30 novembre 2009

La santé : un luxe ?

Les dépenses de santé des ménages français ont augmenté de 40% à 50% entre 2001 et 2009 : c'est ce que révèle une étude de la société Jalma (cabinet conseil spécialisé en protection sociale), citée dans Le Monde la semaine dernière. Ces coûts augmentent pour toutes les catégories d'assurés sociaux et représentent désormais, en moyenne, 5,4 % du revenu disponible des ménages. 

Les montants ont été obtenus en additionnant ce que les ménages versent pour être couverts par une complémentaire santé, et ce qui reste à leur charge après les remboursement effectués par l'Assurance maladie et ces complémentaires. 

La hausse est particulièrement importante pour les jeunes : selon Jalma, pour un jeune de 25 ans ayant souscrit une complémentaire santé à titre individuel, l'augmentation est de 68 %. 

Ces statistiques doivent être passées inaperçues de notre maire et député européen Philippe Juvin, qui persiste à affirmer qu'en comparaison avec certains pays (l'Afghanistan, et tout récemment le Vietnam), les français que nous sommes "baignent dans une opulence de soins". 

Encore faut-il avoir les moyens d'être bien soigné... Voilà sans doute qui mériterait d'alimenter le grand débat de M. Besson sur l'identité nationale : qu'est-ce-qu'un pays riche, qui a pour devise 'liberté égalité fraternité', et dans lequel l'accès aux soins devient de plus en plus inégalitaire ? 

17 novembre 2009

Préparer l'alternance : les fondations sont jetées

A Dijon ce week-end, un incident a éclipsé un évènement. Si la venue importune d'une Ségolène Royal frustrée de ne pas pouvoir jouer les divas a régalé les médias, l'essentiel était ailleurs, dans un Rassemblement inédit de militants socialistes, écologistes et MoDem bien décidés à définir ensemble les termes d'une nouvelle offre politique. Après une première rencontre à Marseille en août, il s'agissait de plancher sur un sujet fondamental entre tous : l'avenir de l'école. 

Difficile de retracer un évènement auquel je n'assistais pas... par contre, il me paraît important de partager avec vous les "moments forts" des discours de clôture prononcés par Vincent Peillon (PS) et Marielle de Sarnez : voilà des mots, des phrases, des convergences qui laissent espérer l'avènement d'une véritable force d'alternance. Une force solide, qui reposera sur ces convictions partagées et pas sur des alliances de circonstance. Une force susceptible de réconcilier avec la politique un grand nombre de ceux qui ont cessé de s'y intéresser, écoeurés par les promesses démagogiques, les magouilles et les querelles d'égo.     

Plutôt qu'un résumé, ou qu'une analyse de texte, je vous propose des extraits choisis, des phrases qui me sont allées droit au coeur.   

Marielle de Sarnez : "Si nous sommes républicains et démocrates, épris de justice, alors ce qui nous rassemble doit être plus fort ce ce qui nous sépare" (...) "Pour gagner, il faudra mobiliser toutes les forces disponibles. Tous les républicains, tous les démocrates, quelle que soit leur préférence de parti, leur histoire, doivent peu à peu être rendus compatibles les uns avec les autres (...). Ce ne sera pas difficile : en fait, ce ne sont pas les idées qui séparent, ce sont les préjugés".  

Marielle de Sarnez encore : "Nous avons la charge de reconstruire ensemble un pays qui ne va pas bien et de ce pays nous sommes tous citoyens, coresponsables de l'alternance". 

Vincent Peillon : "Nous devons nous adresser à l'intelligence de nos concitoyens et agir dans la durée. Nous devons réintroduire le sens de l'intérêt général, et celui du temps, dans la vie politique" (...). "Le Rassemblement n'est pas un parti politique. Son objet est de construire des passerelles entre des personnalités, des militants, des citoyens qui veulent construire un projet pour 2012. C'est une matrice de débats, de propositions (...). 

Vincent Peillon plus loin : "Personne n'est propriétaire du Rassemblement. Il appartient, comme la France républicaine, à toutes celles et à tous ceux qui partagent une communauté de valeurs et veulent construire ensemble un destin commun". 

A propos de l'école, des orientations ont été suggérées, débattues. Certaines très consensuelles, comme la revalorisation de la filière professionnelle "qui ne doit plus être vécue comme un déclassement". Ou encore l'absolue nécessité de garantir à tous les élèves la maîtrise du français, thème cher à Marielle de Sarnez : "dans ce que la République doit à ses jeunes enfants pour qu'ils accèdent à l'autonomie, je veux insister devant vous sur la langue. La langue, c'est le pouvoir et la vie. L'expression des émotions, la présentation de soi même, l'empathie, l'autorité, la reconnaissance, le rire, l'analyse, tout cela, c'est la langue. C'est le nécessaire et presque le suffisant (...)", a t-elle affirmé, avant de dénoncer : "ceux qui exercent le pouvoir n'ont pas bien compris, puisqu'ils nous expliquent que pour redorer la filière littéraire, on va en faire une filière internationale!"

D'autres propositions avancées sont plus iconoclastes : refondre le calendrier scolaire pour alléger la journée des écoliers (la plus longue d'Europe), réformer le métier d'enseignant pour mieux le revaloriser (proposition soutenue par Peillon), ou encore diversifier les enseignements au collège pour que ceux qui décrochent de l'enseignement traditionnel ne soient plus exclus du système scolaire.

Pas encore un programme (chaque chose en son temps), mais déjà une base de réflexion, du matériau pour construire ensemble. "L'espoir qu'une autre France, plus juste, plus démocratique, plus ouverte sur le monde soit possible pour 2012 est plus fort ce soir qu'il n'était ce matin", a pu conclure Vincent Peillon.

Prochain rendez-vous du Rassemblement début 2010, sur un thème prometteur : la VI République, une république démocratique, sociale, laïque et durable.

 
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