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26 novembre 2010

Scènes terribles de la vie ordinaire

Hier, quelque part entre la gare des Vallées et Paris-Saint-Lazare. Un SDF prend la parole dans notre wagon. Explique que le froid arrive, qu'il est difficile de trouver un abri pour la nuit. Qu'il accepte un ticket restau ou un sourire, si l'on ne peut pas donner, parce que l'essentiel dans la rue est de ne pas être ignoré. Une dame sort une pièce de son sac, la lui tend. L'homme la remercie courtoisement et lui tend la main. Geste de recul de la dame qui ne serre pas la main tendue. Donner à ceux que la vie a marginalisés est plus facile que de les toucher...

Où s'arrête notre humanité ?

Hier aussi, à La Garenne. Un abruti a bricolé une pancarte pour louer son appartement. On peut lire "appartement 37 m2 à louer" avec cette précision édifiante : "pour blanc".

Où s'arrêtera la banalisation du racisme ?

15 novembre 2010

Mise au point...

Le billet que j'ai publié hier a, sans surprise, provoqué beaucoup de réactions. La plupart des commentaires, qu'ils soient positifs ou indignés, ont été publiés. Il n'est pas question ici de censurer -bien que Colombe l'ait craint, et hâtivement supposé-.

Ceci dit, un certain nombre de réactions n'ont pas été publiées parce qu'elles étaient manifestement injurieuses ou racistes. Je ne m'en étonne pas : ce blog est lu et "surveillé" par tous ceux qui ne supportent pas le combat que je mène. Et à l'extrême-droite, le dérapage verbal survient très vite...

Exemple d'un de ces commentaires signé Benoit (certains passages ont été censurés) : "De quoi vous mêlez-vous ? N'avons nous pas le droit de vouloir le meilleur pour nos enfants et de refuser de les mettre à l'école de quartier, qui n'est qu'un ramassis de cas sociaux et où bientôt ou ne servira que du hallal (...) ? N'avons nous pas le droit de vouloir que nos enfants, dès le plus jeune âge, soient élevés dans la tradition de leur pays, qui est la tradition chrétienne que vous le vouliez ou non ? Oui une élite doit émerger pour sauver ce pays de la décadence!"

J'ignore si Benoit est ou non Garennois. Il est possible que non : l'affaire Kleber Haedens, dans laquelle je me suis beaucoup impliquée, me vaut de solides inimitiés bien au-delà de notre ville.

Par ailleurs, bien entendu, ce message ne saurait être considéré comme représentatif de l'état d'esprit des parents qui envoient leur enfant à l'éveil à la foi, ou scolarisent leur enfant dans un établissement catholique.

Il n'empêche. Cet incident démontre une nouvelle fois, s'il était besoin, la porosité entre activisme religieux et intolérance, entre intégrisme et racisme.  C'est pourquoi je dénonce (et je continuerai à dénoncer) toute ce qui peut faire le lit de l'intégrisme : le conditionnement dès le plus jeune âge en faisant bien entendu partie.

Les commentaires de l'article précédent, ainsi que ceux de cet article, sont exceptionnellement fermés pour éviter tout nouveau débordement.

14 novembre 2010

Catéchèse ou endoctrinement?

bon+point+de+cat%C3%A9chisme+paroisse+de+St-Joseph+-+assisntance+%C3%A0+la+messe.jpgEn abordant ce sujet, j'ai bien conscience de toucher à une question brûlante et qui sait, de m'aliéner une partie de mes lecteurs. Tant pis. En fervente militante de la laïcité, je ne peux m'empêcher de mettre les pieds dans le plat.

Un Garennois m'a alerté, il y a quelques jours, sur un nouveau blog local intitulé "éveil à la foi à la Garenne-Colombes". On y voit de très jeunes enfants, quatre, cinq ans, "interviewés" pour exprimer leur joie de "chanter tous ensemble l'amour de Dieu" ou de "mettre les bougies" (immédiatement reformulé par la maman 'mettre la lumière de Jésus'). Des images effectivement troublantes, tant les réponses sont à l'évidence soufflées, tant il est évident que ces enfants aspirent à tout autre chose qu'à faire ce que l'on attend d'eux : chanter les louanges du seigneur.

Mon correspondant avait supposé qu'il pouvait s'agir d'une initiative locale, émanant d'une paroisse particulièrement zélée en matière de prosélytisme précoce... et par ailleurs friande de messe en latin. Il n'en est rien. A ma grande surprise, j'ai découvert sur le site cybercuré que les parents qui, aujourd'hui, font baptiser leurs enfants, prennent l'engagement de leur faire suivre un éveil à la foi dès quatre ans. Il s'agit "d'aider les enfants à prendre conscience de l'amour de Dieu en eux", les parents étant eux, fortement invités à guider les pas de leur bambin vers la Lumière (messe en famille, prière vespérale en famille....).

En quoi cela est-il choquant, me demandera-t-on. Après tout, moi-même, comme beaucoup d'autres, ai dû commencer le caté à 6 ou 7 ans. Comme beaucoup d'autres, j'ai été baptisée, communiée, confirmée, sans que l'on me demande mon avis, parce que c'était comme ça. Je n'avais pas plus le choix, et guère davantage de discernement. C'est vrai. Cela n'a pas fait de moi une grenouille de bénitier, comme vous aurez pu le comprendre.

Et pourtant, il y a une différence, énorme, entre ce qui était le "caté" de mon enfance et cet "éveil à la foi" ou des tous-petits anonent des comptines du genre "Marie, tu es comme une maman", ou encore "Qui est le roi de la jungle? Qui est le roi de la mer? Qui est mon roi à moi... c'est J.E.S.U.S"...  Dans un cas, il s'agissait d'éducation religieuse. Dans le deuxième cas, j'ai bien peur que l'on puisse parler d'endoctrinement précoce.

Un endoctrinement qui ne s'arrête pas à la communion ou à la confirmation, comme cela a longtemps été le cas. Dans ma jeunesse, l'église avait la décence de se montrer relativement discrète au moment de l'adolescence. Laissant à chacun le choix de poursuivre ou pas son chemin de foi, sur la base de l'enseignement qu'il avait reçu.

Aujourd'hui, plus question de laisser les jeunes brebis s'égarer en chemin. Activités, week-end conviviaux, tout est prévu pour que les ados restent dans le giron de l'Eglise et mènent leur premiers pas d'adulte dans le respect de ses préceptes. Certains n'ont d'ailleurs pas le choix. Dans mon entourage, une jeune fille a dû renoncer à des activités culturelles et sportives à son entrée en seconde. Motif : ses parents exigeaient d'elle qu'elle se concentre sur ses études... et ses activités spirituelles, intimement liées puisqu'elle était scolarisée dans un établissement privé catholique.

Et ils sont nombreux, très nombreux, ceux qui, à la recherche d'un enseignement "de qualité', fréquentent des collèges ou lycées privés (sous contrat) où l'éducation religieuse fait partie intégrante des programmes... jusqu'au bac. Un exemple, facile à vérifier sur Internet : au très réputé Lycée Stanislas à Paris, les élèves de Terminale font "une retraite de fin d'études de quatre jours en abbaye, décisive pour la maturation spirituelle de futurs étudiants". L'objectif recherché est écrit noir sur blanc : ces jeunes représentants de l'élite française auront pour mission de "transmettre la lumière et l'amour du Christ à tous".

Où est la limite entre éducation religieuse et endoctrinement ? Peut-on considérer que l'on vit encore dans une société laïque ? Je laisse ces questions en suspens. Et bien entendu, pas de boogie-woogie avant vos prières du soir.

 
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