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01 avril 2011

La poussette, c'est mauvais pour la santé des bébés...

pollution-0218.jpg... Du moins en milieu urbain. C'est ce que conclut une étude menée le mois dernier par l'association Santé Environnement France, qui regroupe 2500 médecins. Les résultats de cette étude -la première du genre- viennent confirmer ce que craignaient intuitivement beaucoup de parents : leurs bébés sont les premières victimes de la pollution aux particules fines, lorsque, dans leur poussette, ils inhalent la fumée des pots d'échappement (voir article précédent).

Pour arriver à ce constat, l'association a mené une expérience originale : équiper de capteurs les poussettes de deux parents-testeurs accompagnant à l'école ou au collège un de leurs enfants, dans deux quartiers différents la ville d'Aix-en-Provence. Le résultat est consternant : le taux de particules respirées était toujours supérieur à 20 microgrammes par m3 d'air, soit le double du seuil recommandé par l'OMS. Dans certain cas, il atteignait même six fois ce seuil. Quant aux effets de cette "intoxication" quotidienne, ils sont malheureusement bien connus : infections ORL, asthme, allergies respiratoires...

Pour Santé Environnement France, il est urgent que les pouvoirs publics prennent la mesure de cet enjeu de santé, et prennent des mesures radicales pour arrêter le "tout-voiture".

31 mars 2011

Qualité de l'air : nous en sommes tous responsables !

image001(12).jpgPeut mieux faire : c'est ce qu'il faut retenir du bilan publié hier par Airparif sur la qualité de l'air en région parisienne, en 2010. Airparif note cependant que plusieurs polluants problématiques par le passé, comme le monoxyde de carbone ou le dioxyde de soufre, demeurent stables et en-deça des exigences réglementaires. Par contre, malgré une météo plutôt favorable à la dispersion de la pollution, le niveau de pollution demeure préoccupant en ce qui concerne le dioxyde d'azote, les particules fines et l'ozone.

Ainsi, estime Airparif, 3,6 millions de franciliens (dont plus de neuf parisiens sur 10) sont exposés à des niveaux de dioxyde d'azote élevés, atteignant parfois deux fois la norme réglementaire. Le dépassement des seuils concerne également 20% du réseau routier francilien. Cette pollution au dioxyde d'azote, essentiellement causée par le trafic routier et responsable de troubles respiratoires, constitue selon Airparif un enjeu majeur pour les années à venir, autant en région parisienne que dans les grandes agglomérations européennes.

En ce qui concerne les particules fines, 1,5 millions de franciliens sont exposés à un risque de dépassement de la valeur limite journalière, tant au coeur de l'agglomération parisienne que le long des axes majeurs de la grande couronne. Ce type de pollution, dont on sait maintenant qu'il a des répercussions directes en terme de mortalité précoce, concerne une superficie de 190 km2 et 2900 kms d'axes routiers. Quelques chiffres au hasard : 176 jours de dépassement le long de l'autoroute A1, 156 porte d'Auteuil, 82 sur les Champs-Elysées, 18 à La Défense, 16 à Issy-les-Moulineaux.

Enfin, si l'année 2010 n'a pas connu de très fréquents pics de pollution à l'ozone, le niveau de fond de ce polluant demeure relativement élevé : il a augmenté de 80% entre 1994 et 2010. Paradoxalement, la baisse de la pollution au monoxyde d'azote semble expliquer cette hausse spectaculaire, ce composé organique contribuant à absorber naturellement l'ozone... pour former d'autres polluants.

Face à ce constat, une conclusion s'impose : les efforts consentis pour construire des véhicules plus propres et pour renouveler le parc automobile ont porté leurs fruits, mais ils sont nécessairement limités. D'autant plus qu'il arrive que des mesures antipollution aient l'effet inverse : ainsi, les spécialistes pensent que les filtres à particules catalysés dont sont dorénavant équipés les véhicules diesel contribuent... à augmenter les rejets de dioxyde d'azote.

Pour que l'air de la région parisienne redevienne respirable, la seule véritable solution consiste à changer nos habitudes. N'utiliser la voiture que lorsque cela est vraiment nécessaire. Privilégier les transports en commun. Redécouvrir les joies du vélo ou de la marche. Le printemps est là, c'est la saison idéale pour ce genre de résolutions !

30 mars 2011

Radioactivité : invisible... mais pas transparente

logoCAP21feuille.jpgUne transparence absolue sur les chiffres de la radioactivité, c'est ce que l'on nous avait promis après l'accident de Fukushima. Hélas, comme l'a affirmé hier Corinne Lepage sur Europe 1, la situation est loin d'être aussi limpide.

Il a fallu attendre dimanche 27 mars pour que l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) publie les premiers chiffres, alors que les masses d'air contaminé étaient annoncées au dessus de l'hexagone dès le mercredi 23. Par ailleurs et surtout, les mesures effectuées par l'IRSN sont d'ores et déjà mises en cause par la Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD). Cette dernière relève notamment que, faute de disposer de filtres adéquants, les capteurs de l'IRSN ne mesurent que la forme particulaire de l'iode radioactif, négligeant sa forme gazeuse qui peut-être bien supérieure (en l'occurence, de 3 à 14 fois supérieure si l'on se réfère à des mesures effectuées aux Etats-Unis par des organismes indépendants).

Comme l'a noté Corinne Lepage, il existe pourtant en France un autre réseau de balises permettant des mesures plus précises et donc plus fiables : le réseau TICEN, destiné à l'origine à détecter des essais "sauvages" de bombes atomiques. Problème : les données recueillies (transmises, en France, au Commissariat à l'Energie Atomique) sont classées secret défense.

Bien sûr, la situation que nous connaissons aujourd'hui, en termes de risques pour nous, européens, n'a rien à voir avec ce que fut Tchernobyl. Il n'empêche que les citoyens ont le droit de disposer de données fiables. "C'est une question de transparence et d'information", a déclaré Corinne Lepage. "En France, nous avons la chance d'avoir des niveaux tout à fait minimes, mais il faut rétablir la confiance dans nos sociétés, c'est très important", a t-elle ajouté.

De son côté, la CRIIRAD, estimant que certaines mesures publiées par les pouvoirs publics aux Etat-Unis ont été fortement sous-estimées, a lancé un appel pour que tous les résultats d'analyse du réseau TICEN soient publiés. "Ce réseau international est financé avec de l'argent public. Les populations ont droit à cette information. Tous les chiffres doivent être publiés et non pas quelques chiffres soigneusement choisis par les autorités", souligne-t-elle.

Pour signer la pétition lancée par la CRIIRAD, cliquez ici.

 
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