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04 novembre 2010

Délinquance en couches-culottes : arrêtons le délire!

1833409631_1.jpgA peine étouffée la polémique autour des Roms, voici que notre gouvernement, en la personne de Jean-Marie Bockel, revient à un autre de ses vieux démons : la détection de la délinquance juvénile précoce.

Précoce, et même très précoce puisque d'après JMB, il convient de repérer les enfants en difficulté avant trois ans. On ne précise pas de quelles difficultés il s'agit. Un bambin de 20 mois qui n'est pas encore propre est-il concerné ? Un gosse de trois ans qui se roule par terre pendant une grosse colère ? Et ceux qui mordent pour attirer l'attention des auxiliaires de puériculture débordées, à la crèche, que risquent-ils ?

Le sujet n'est pas nouveau. C'est même l'un des dadas de Sarkozy. Je suis bien placée pour un témoigner : un jour, alors que j'étais encore journaliste indépendante, on m'avait demandé en urgence un papier sur "la détection de la délinquance précoce à l'age maternel". La commande émanait de Chantal Jouanno, alors directrice de Cabinet de Sarkozy au Conseil Général des Hauts-de-Seine. Il s'agissait, en réalité, de présenter de manière un peu 'particulière' l'expérience d'une association qui oeuvrait à Villeneuve-la-Garenne auprès de jeunes enfants en difficulté de socialisation. Autrement dit : de pervertir sa philosophie d'intervention et de récupérer son travail au service d'une idéologie délétère.

J'avais refusé le sujet. Cet incident est d'ailleurs directement à l'origine de mon engagement en politique. Il y a des choses qu'on ne peut laisser dire, ni faire.

Aujourd'hui, c'est donc au fondateur de la "Gauche Moderne" de monter au créneau pour essayer de donner un tour honorable (voire pseudo-scientifique) aux fantasmes sécuritaires du chef de l'Etat. Sale boulot. "L'école doit devenir une passerelle privilégiée entre la protection de l'enfance et la prévention de la délinquance", explique Bockel dans le JDD. Soit. Ce n'est pas moi qui vais contester le rôle fondamental de l'école pour repérer les enfants qui sont en souffrance, ou sur la mauvaise pente.

Mais est-il vraiment question de prévention ? Il est permis d'en douter, et cela, pour trois raisons. La première tient au vocabulaire employé. Repérage, détection, délinquance précoce, voila qui évoque davantage le fichage policier que l'intervention socio-éducative. Plus grave, dans la réthorique employée, la "détection des troubles du comportement" est systématiquement mise au service de la "détection de la délinquance précoce". Autrement dit, repérons au berceau les gamins agressifs ou hyperactifs, ainsi nous tiendrons à l'oeil la racaille de demain. Monstrueux, et délirant.

La deuxième raison tient évidemment à l'âge des enfants concernés. Admettre qu'un gosse de deux ans un peu plus perturbateur qu'un autre soit un futur délinquant, c'est accepter de croire à une prédestination qui tiendrait davantage de la génétique que de l'histoire personnelle ou de l'environnement. C'est refuser d'admettre la responsabilité de la société dans les trajectoires d'enfants qui "tournent mal". Dès lors, à quoi bon faire du social ?

La troisième raison réside dans les choix politiques effectués par Sarkozy en matière d'éducation. Si la volonté du gouvernement était réellement d'investir dans la prévention, alors, pourquoi avoir détruit les RASED (réseaux d'aide aux enfants en difficulté) dont l'une des missions essentielles consistait précisément à venir en aide aux enfants qui ne s'intégraient pas bien à l'école, ainsi d'ailleurs qu'à leurs parents ?

La réponse est simple : dans la bouche de Sarkozy, le mot "prévention" n'a jamais eu le sens qu'on lui donne habituellement. Il ne s'est jamais agi d'aider, de remédier, mais de "repérer", de "contrôler". La prévention selon Sarko, c'est faire le tri pour protéger la société. D'un côté le bon grain, format standard, des gens dociles et raisonnables avec qui on peut parler. De l'autre tout ce qui peut ressembler à de la déviance : refuser de chanter la Marseillaise. Mettre sa casquette à l'envers. Faire partie des "gens du voyage". Ou bien avoir piqué le doudou du copain de crèche.

26 octobre 2010

Roselyne est trop cool

roselyne-bachelot-la-ministre-de-la-sante.jpgRoselyne est trop cool

 

On n’avait même pas osé en rêver. Elle l’a fait. Roselyne Bachelot, la ministre de la santé que le monde entier nous envie, vient d’inventer la médecine virtuelle. Dès l’an prochain, grâce à la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires), on va pouvoir consulter son médecin à distance. Par webcam interposée.

Finies, les heures d’attente au téléphone pour tenter de décrocher un RV le vendredi soir après 18h. De toute façon, cinq minutes et demie de Lettre à Elise dans les tympans, ça faisait monter dangereusement grimper la tension.

Fini aussi de poireauter dans la salle d’attente entre un papy qui bougonne en postillonnant et une flopée de mômes bien décidés à mettre en pièces le seul magazine encore lisible (Femme Actuelle de Noël dernier). De toute façon, ces endroits-là, c’était bourré de microbes, un truc à surinfecter la plus inoffensive des rhinopharyngites débutantes.

Finies enfin les auscultations à n’en plus finir avec tout le cirque habituel, les palpations agaçantes, les loupiotes dans les yeux et les oreilles… Au diable le stéthoscope ! Aux orties l'abaisse-langue! Comme si on n’était pas assez grands pour faire la différence entre une gastro et une appendicite. Comme si on n’avait pas eu suffisamment d’angines ou de bronchites pour se les diagnostiquer tous seuls…

Avec Roselyne et HPST, enfin, les patients seront res-pon-sa-bi-li-sés. On pourrait même imaginer envoyer un mail au doc’ avec la liste de courses. Ca irait encore plus vite et on pourrait consulter partout, même au bureau, quoiqu’avec la généralisation des openspace, ce serait pas très discret quand même. Peut-être que les entreprises pourraient aménager des boxes spéciaux, elles y gagneraient, ça éviterait de partir plus tôt pour cause de RV chez le toubib.

Et puis on pourrait délocaliser. En Afrique, en Russie, je ne sais pas, moi, mais y a bien quelque part des toubibs francophones prêts à consulter plus pour gagner plus, tout en facturant moins. Ce serait tout bénéf pour la sécu.

Franchement, Roselyne, grâce à vous on se sent vraiment propulsés dans le XXI° siècle. Peut-être les frères Bogdanov vous ont-ils sagement conseillée, quoiqu'il en soit, il était vraiment temps de dépoussiérer la médecine de papa, qui ne suscitait plus guère de vocations.

Tiens, je vais en parler à mon fils, qui n'a pas trop d'idée sur son avenir. Il déteste le sang, mais Internet, il maîtrise, alors, cybermédecin, pourquoi pas ? Surtout que c'est le genre de métier où l'on peut avoir facilement une activité parallèle pour se détendre. Facebook ou un jeu en ligne entre deux patients, voire même pendant un patient. Ni vu ni connu. Cool. Vraiment trop cool.

24 octobre 2010

La phrase du jour...

Ce n'est pas parce que je viens d'adhérer à Cap 21 que je vais vous servir du Corinne Lepage tous les jours... Mais ce que j'aime, chez elle, c'est la capacité à aller à l'essentiel en appelant un chat un chat.

Lu sur son blog, aujourd'hui, à propos des pressions incessantes du pouvoir sur les magistrats (affaire Woerth) comme sur les médias :

" La France, qui régresse dans le classement de la liberté de la presse comme dans celui de la lutte contre la corruption, franchit désormais la ligne jaune qui sépare les démocraties authentiques des Etats autoritaires où la justice est aux ordres".

 
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