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10 mai 2010

Mémoire sélective

esclavage_bresil_debret.jpgC'est aujourd'hui la cinquième journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage, et de leurs abolitions. Une journée qui s'intégre dans le contexte particulier de la célébration du cinquantenaire des indépendances africaines, et de la solidarité avec Haïti. 

Ne cherchez pas trace de cette commémoration sur le site Internet de La Garenne, ou dans son magazine municipal : notre ville ignore systématiquement et délibérément cette date, dont les élus PS lui rappellent pourtant régulièrement l'existence et l'importance.

Seulement voilà, comme a pu le dire un Philippe Juvin agacé en conseil municipal, on ne peut pas tout commémorer, on n'en finirait pas. Il faut donc faire des choix.

Commémorer l'abolition de l'esclavage est un geste noble, mais ce n'est peut-être pas assez rentable (sur le plan électoral, j'entends). La fête des voisins, que le site de la ville nous engage à noter sur notre agenda plusieurs semaines à l'avance (ce sera le 28 mai), constitue à cet égard une opportunité autrement plus intéressante pour un élu au planning surchargé. Monsieur le Maire en profitera t-il, comme l'an dernier, pour mobiliser chauffeur et VelSatis afin de faire la tournée de son fief   des quartiers ? 

05 mai 2010

Joyeux anniversaires!

1145036097018B67.jpgNon, il n'y a pas de faute d'orthographe dans le titre. Ce sont bien deux anniversaires que je veux célébrer. Deux anniversaires très symboliques qui concernent des personnes qui me sont très chères : un Garennois et une Garennoise qui, malgré leur grand âge, ont su, à un moment donné, s'exposer, prendre la parole pour défendre leurs convictions. 

Bernard Dargols a aujourd'hui 90 ans. Il y a tout juste un an, l'hebomadaire Marianne lui dédiait un long article. Bernard était alors le porte-drapeau du collectif "Non à Kleber Haedens", qui s'opposait au nom choisi par Philippe Juvin pour baptiser le second collège de la ville, celui d'un écrivain fascisant qui avait écrit dans des revues pétainistes et antisémites. Ce nom, Bernard n'en voulait à aucun prix. Ce franco-américain y voyait (à juste titre) une insulte au combat qu'il avait mené soixante-cinq ans auparavant, lorsqu'il avait débarqué sur Omaha Beach pour libérer la France de l'oppresseur et de la dictature. Une insulte, aussi et surtout, à la mémoire de tous ses camarades qui y avaient laissé la vie, et dont il n'a jamais oublié le nom ni le visage. 

Cécile Hamm est son aînée de dix ans : elle fêtera demain 6 mai ses cent ans. En 2007, elle avait ressenti, pour la première fois de sa vie, le besoin de s'engager. Pas seulement de cotiser ou de s'encarter, mais de témoigner, de s'exprimer. Cécile fit partie, comme moi-même, de cette "nouvelle génération politique" qui, à travers le MoDem, souhaitait participer à l'élaboration d'un nouveau projet de société, plus humain et plus juste. Le sarkozysme lui inspirait et lui inspire toujours un rejet viscéral. Elle fut ma colistière lors des dernières élections municipales, et à ce titre, la doyenne des candidats alors en lice. Cela lui valut la curiosité des médias, et aussi quelques réflexions de la part de méchantes langues (tout particulièrement au sein de l'UMP locale). Peu lui a importé. A 98 ans, elle était fière de défendre les convictions qui étaient les siennes, et nous étions fiers de la caution morale instimable qu'elle incarnait. 

Bernard, Cécile, je vous souhaite de continuer à nous insufler encore très longtemps cette énergie très particulière qui est la vôtre et qui mêle enthousiasme et expérience, sagesse et malice (est-ce un hasard si vous avez, l'un et l'autre, conservé ce regard bleu pétillant qui trahit votre profonde humanité autant que votre côté rebelle ?). Il m'arrive parfois de vous envier : votre âge vous permet parfois de ne pas vous encombrer de certaines précautions oratoires qu'impose la bienséance.

Pour conclure ce billet, je voudrais encore une fois vous remercier. Votre engagement est un modèle pour nous tous, qui, parfois, sommes tentés de baisser les bras par égoïsme ou par lassitude. Votre engagement nous prouve qu'il y a des combats qui sont justes, légitimes, et que l'on ne doit pas abandonner, parce que les enjeux sont fondamentaux, parce qu'il s'agit des valeurs et de l'héritage que nous voulons transmettre aux générations futures. 

Petites chroniques de la vie municipale : intimidation, harcèlement, suite

Acharnement. Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier la manière dont Philippe Juvin, maire (UMP) de notre bonne ville de La Garenne-Colombes, traite les riverains du chantier de la médiathèque.

Avant d'en venir au dernier rebondissement de cette histoire -tout aussi peu glorieux pour notre municipalité que les précédents-, petit retour en arrière sur une banale affaire d'urbanisme qui s'est envenimée au point de tourner au rapport de force judiciaire

Mars 2005 : afin de faciliter la construction de la médiathèque, la mairie, via la SEM 92, demande à deux retraités, les frères D., qui vivent en copropriété sur une parcelle de 370 m2 jouxtant le futur chantier, de céder leur terrain. Bien qu'il s'agisse d'une propriété à laquelle ils sont particulièrement attachés puisqu'ils y sont nés et y ont grandi, ils acceptent, sous réserve de pouvoir se reloger à La Garenne dans des conditions équivalentes : un petit pavillon de plain pied pour le frère le plus âgé (handicapé), un appartement de deux pièces dans un immeuble avec ascenseur pour le plus jeune.

Ces exigences semblent raisonnables, venant de la part de deux octogénaires attachés à leur ville. Pourtant, la proposition financière qui leur sera faire par la SEM ne permet pas d'exaucer leurs voeux. En conséquence, et c'est bien compréhensible, ils refusent de brader leur bien. 

Dès lors, la mairie va multiplier les pressions pour tenter de les faire plier. En 2006, à la faveur d'un nouveau Plan Local d'Urbanisme, leur terrain est placé en réserve foncière, donc potentiellement "expropriable". Quelques mois plus tard, la mairie accouche d'un projet de médiathèque qui enclave littéralement leur propriété par de hauts murs (12m et 8 m), entraînant inévitablement sa dévalorisation.

Alors que se poursuivent de manière chaotique des "négociations" qui jamais, n'aboutiront à une indemnisation équitable, la famille D. entreprend de se défendre. Il se trouve que le permis de construire initial de la médiathèque est entaché d'une illégalité flagrante puisqu'il ne prévoit pas de parking souterrain, contrairement à ce qu'exige le P.L.U de l'époque. La famille D. décide alors de l'attaquer en justice et, après moult péripéties, obtient gain de cause en mai 2009 : le chantier doit alors être stoppé pendant de longs mois... le temps pour la mairie de faire adopter un nouveau Plan local d'Urbanisme qui ne prévoie plus d'obligation de parking souterrain pour les équipements publics!!! 

A la fin de l'hiver, le nouveau P.L.U étant entré en vigueur et le chantier de la médiathèque se trouvant de ce fait "régularisé", le béton s'est remis à couler rue de Chateaudun, et les murs à s'élever. Mais en même temps que leurs fenêtres s'obscurcissaient, les frères D. devaient faire face à une nouvelle entreprise de harcèlement municipal. 

Les deux octogénaires ont d'abord été convoqués de manière pressante en mairie, la raison invoquée demeurant très vague : soi-disant, pour faire le point sur l'état d'avancement du chantier. "Invitation" que les deux frères ont déclinée, en demandant que la mairie précise par écrit ses intentions. Pour toute réponse, il ont reçu la visite d'un émissaire municipal leur demandant de signer sur-le-champ un vague formulaire, le problème se précisant alors un peu puisqu'il s'agissait de donner au constructeur l'autorisation d'accéder à leur propriété. Nouveau refus de la famille Dubois, qui a estimé, non sans raison, qu'on tentait de lui forcer la main.

C'est enfin un huissier de justice qui s'est présenté à leur domicile le 20 avril dernier, porteur d'une assignation leur enjoignant de donner sous huit jours leur accord de principe à la construction d'une plate-forme de chantier sur leur propriété. Un ultimatum qui, là encore, manquait de précisions élémentaires, puisque ni la durée de l'"occupation", ni la surface de terrain utilisée n'étaient indiquées. 

La réponse de la famille D., courtoise mais ferme, n'a pas varié : précisez votre demande par écrit, pour que nous puissions l'étudier à tête reposée et le cas échéant nous faire conseiller. N'importe quel propriétaire en aurait fait autant. Mais dans le fief de Philippe Juvin, ce n'est pas le genre de réponse qui convient au seigneur des lieux. Notre maire vient de les assigner devant le Tribunal de Grande Instance.

Cela en dit long sur la conception que Philippe Juvin peut avoir de l'institition judiciaire : une justice au service, que dis-je, aux ordres du plus fort... 

 
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