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22 mars 2011

Cantonales : deuxième round

urnes.jpgReprise de ce blog après une longue interruption dûe à la période électorale...

Dimanche dernier donc, le binôme que j'ai formé avec Marc Schindler (Europe Ecologie) a obtenu 11,3 % des suffrages exprimés, dans un contexte de forte abstention (59%). Je remercie du fond du coeur tous ceux qui nous ont fait confiance et soutenus pendant une campagne que nous avons voulu volontairement différente. Nous sommes allés à la rencontre des Garennois, discutant avec ceux qui le souhaitaient, sans les agresser avec des tracts fourgués à la pelle. Ce parti pris a parfois décontenancé. Il a aussi, souvent, été apprécié et compris pour ce qu'il était : une marque de respect vis-à-vis d'électeurs lassés et blasés.

11%, c'est beaucoup. Cela signifie que l'écologie politique a un poids à La Garenne, et dans les mois qui viennent, nous nous efforcerons de renforcer et de structurer notre action pour que cette voix se fasse entendre sur tous les sujets du quotidien. Marc et moi en reparlerons prochainement.

11%, c'est peu, surtout quand le Front National affiche un score supérieur (12,5 %). Cette poussée de l'extrême-droite -que nous combattons chaque jour, dans toutes ses manifestations- doit nous interpeller et nous amener à apporter d'autres réponses à tous ceux qui ont choisi ce vote contestataire. Là aussi, nous en reparlerons.

Mais pour le moment, l'heure est à un second tour qui s'annonce au moins aussi serré que l'an passé. Comme en 2010, un front des forces d'opposition s'est constitué autour du candidat socialiste, Christophe Macé, pour faire échec à la candidate UMP sortante, Isabelle Caullery, dont on connaît surtout le dévouement pour la carrière du jeune Jean Sarkozy -celui pour notre ville ne sautant pas aux yeux au vu de son maigre bilan, entièrement constitué d'actions décidées avant son élection-.

Une différence de taille, pourtant, avec l'an dernier. Le MoDem local, présidé par Christophe Conway (6,5 % au premier tour), ne participera pas au rassemblement des forces d'opposition. Tout juste appelle t-il du bout des lèvres à voter "par défaut" pour le candidat PS, présenté comme un candidat de second choix ; ou à voter blanc, solution à ses yeux moins compromettante -et qui fera dans nul doute le bonheur d'une Isabelle Caullery qui n'en demandait pas tant-.

Je ne peux que dénoncer cette attitude consternante, de la part d'un élu qui se présente volontiers comme le champion de la lutte contre l'hégémonie de l'UMP et ses pratiques clientélistes. Christophe Conway, par son manque de cohérence et de responsabilité politique, par son obession pathétique à courtiser un électorat de centre droit supposé -à tort- manquer totalement d'ouverture d'esprit, est en train de démontrer que le vote MoDem est une impasse. On le savait déjà, sur le plan national, mais certains pensaient encore qu'il en était autrement à La Garenne.

Je suis triste pour ces électeurs, sympatisants et militants MoDem, dont je connais bien la force de conviction. Beaucoup d'entre eux se sont d'ailleurs engagés, comme moi, pour réagir aux abus de pouvoir de l'UMP. Je ne doute pas un instant qu'ils sauront choisir entre un vote blanc inutile et un vote PS destiné à faire barrage au renforcement au sarkoland. Il le feront d'ailleurs avec d'autant plus d'aisance que dans d'autres cantons voisins, à Asnières et Levallois-Nord, le MoDem local a su prendre ses responsabilités et soutenir le candidat PS, comme l'indique le site du MoDem départemental : http://www.modem92.fr/. Christophe Conway ne peut donc, comme il l'a prétendu, s'abriter derrière une consigne départementale pour justifier une attitude injustifiable...

21 janvier 2011

Education Nationale : la saignée continue

école-en-danger3.jpgLa nouvelle équation de la rentrée 2011, dans les collèges et lycées publics des Hauts-de-Seine, a été rendue publique hier : 730 élèves supplémentaires attendus, 123 postes en moins (postes d'enseignants pour la plupart).

L'Académie de Versailles paye en effet au prix fort les restrictions budgétaires prévues pour "dégraisser le mammouth" (lequel est en fait, déjà exsangue) : rappelons que 13 767 suppression de postes sont prévues au total pour la prochaine rentrée dans l'enseignement public.

Pour être honnête, reconnaissons que le privé  (largement financé par l'Etat et les collectivités), devra lui aussi se serrer la ceinture. Mais dans une bien moindre mesure : 1633 suppressions de postes étaient exigées dans le projet de loi de finances, soit huit fois moins que dans le public, alors que l'enseignement privé accueille 18% des élèves. L'équité aurait donc voulu que l'effort se situe aux environs de 3000 postes.

Cela, c'était début décembre. Depuis, le sénateur de Haute-Savoie Jean-Claude Carle (UMP), fervent défenseur de l'enseignement catholique privé et de la laïcité positive, est parti en croisade. Avec succès : il a rapporté dans sa hotte un joli cadeau de 4 millions d'euros supplémentaires pour le privé, de quoi "sauver" 250 postes. Un vrai miracle de Noël. Et par les temps qui courent, qui sait, de quoi mériter la canonisation.

 

19 janvier 2011

Publicité mensongère : Areva récidive

arton15135-7928f.jpgContrats ratés, difficultés de construction de l'EPR, vieillissement du parc nucléaire, popularité des énergies renouvelables : la filière nucléaire française se porte mal et son image est passablement ternie. Qu'à cela ne tienne. A grands maux, les grands remèdes : Areva vient d'investir 15 millions d'euros dans une superproduction publicitaire qui déferle massivement sur nos écrans (1500 spots sur 30 chaines TV).

Objectif : faire apparaître le nucléaire comme l'énergie d'avenir, celle qui s'inscrit dans le sens du progrès. Pour cela, Areva ne recule devant rien. Ainsi, le spot se termine en apothéose sur un monde idéal (celui où vous avez la chance de vivre, petits veinards), un monde d'abondance énergétique où une centrale nucléaire cohabite harmonieusement avec un parc éolien et une centrale solaire. Le message est subliminal mais limpide : l'avenir appartient aux énergies propres et renouvelables, parmi lesquelles le nucléaire a toute sa place...

Pas très rationnel, le nucléaire se classant sans ambiguité, comme chacun sait, dans les énergies fossiles ? Peu importe. Le film s'adresse à nos émotions, notre imaginaire. Il aura tout de même pris soin de remettre l'hydraulique et l'éolien à leur juste place. Des énergies déjà utilisées dans des temps fort lointains, pour gonfler les voiles des felouques ou convoyer du bois flottant. Sympathique, mais on se doute bien que ce n'est pas avec cela qu'on va s'assurer notre confort moderne. Heureusement, on a le nucléaire. Puissant, rassurant, et tellement propre sur lui. Ouf.

Pour Arnaud Gossement, avocat et maître de conférences à Sciences Po, ce film -qui réécrit l'histoire de l'énergie- n'est rien d'autre qu'une oeuvre de propagande, qui joue sur nos émotions pour recréer un imaginaire positif autour du nucléaire. Cliquer ici pour lire son article paru sur Terra Economica, avec, en bonus, le spot incriminé.

De son côté, l'association Sortir du Nucléaire vient de déposer une plainte devant l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP), pour dénoncer "les manipulations induites par cette massive". Coup d'épée dans l'eau ? Peut-être pas. En 2009, les Verts avaient obtenu l'arrêt d'une précédente campagne d'Areva, pour des raisons relativement similaires.

Et si vous aussi, vous voulez agir en tant qu'écocitoyen, vous le pouvez : une cyberaction a été mise en place en direction de l'ARPP. Le lien est ici. L'histoire récente a montré que quelques clics pouvaient contribuer à faire chuter un régime. Alors, faire stopper une campagne de pub aussi manifestement et détestablement malhonnête, ça devrait être possible.

 
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