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06 décembre 2010

"Pour le malien", les mots de la révolte

41Vt0sMPL6L__SS500_.jpgJe n'ai pas parlé sur ce blog du décès de cet homme sans-papiers, victime semble-t-il d'un nouveau cocktail mortifère : gaz lacrymogènes + double décharge de Taser. Cela se passait pourtant à quelques kilomètres de chez moi, à Colombes, le 30 novembre dernier. Non pas que j'aie été indifférente à cette information. Simplement, parfois, l'écoeurement l'emporte sur la révolte, et sur l'inspiration.

Heureusement, la blogosphère a ceci de bon que d'autres trouvent les mots qui vous manquent, à un moment donné. En l'occurence, il s'agit de Pierre Tavenian, professeur de philo, fervent défenseur des libertés publiques et cofondateur du blog engagé "les mots sont importants". Pierre Tavenian, donc, a écrit un texte magnifique, intitulé "Pour le malien", dont je reproduis ci-dessous que quelques extraits (pour lire le texte en entier, cliquer ici).

Pour Pierre Tavenian, donc, une première raison de s'indigner : l'homme décédé mardi 30 novembre n'a jamais eu d'identité. "Il n'a pour nous ni nom, ni visage, ni femmes ni enfants, ni frères ni soeurs, ni père ni mère, ni ami-e-s en deuil. Les premières dépêches l'ont appelé 'un malien', les suivantes l'ont apellé 'le malien'. Certains journalistes l'ont encore appelé, encore plus salement, 'le forcené', parce que son gabarit -seule information à laquelle nous avons eu droit- était "impressionnant", dixit la sacro-sainte 'source policière', et parce qu'avec un marteau il avait 'blessé légèrement' quatre policiers qui, à coups de gaz et de décharges électriques, tentaient de le 'neutraliser' (...).

Mais pour Pierre Tavenian, il s'agissait avant tout d'un homme traqué, sous le coup d'un arrêté de conduite à la frontière, qui voulait à tout prix échapper à la police.  "La question qui est posée", estime l'auteur, est beaucoup plus vaste que celle posée par l'usage du Taser : "c'est celle du permis de tuer hors légitime défense dont bénéficient de facto les policiers, du permis de tuer une certaine population en tout cas, et des politiques étatiques qui rendent ces homicides non seulement possibles, mais plus que cela : nécessaires.

Et Pierre Tavenian de conclure : "de cette mise à mort barbare tout juste déplorée le mardi 30 novembre à 20h20 et oubliée dès le lendemain, il importe donc de se souvenir. Il importe de rappeler que ce n'était pas d'un "forcené malien" qu'il s'agit mais d'un homme, qui n'était que malien et qui n'était pas du tout un forcené. Qu'il n'a pas été 'neutralisé' mais tué. Que le coupable ne se nomme ni "Pas de chance" ni "Taser" mais Police nationale, Hortefeux, Sarkozy, et surtout "maîtrise des flux migratoires". Que sont en cause non seulement "50 000 volts" mais aussi "25 000 reconduites à la fontière". Que ce n'est pas un fait divers, mais une affaire d'Etat".

Pierre Tavenian n'est pas le seul à avoir exprimé une saine révolte. Dans un style très particulier, entre rap et accordéon musette, le groupe lillois M.A.P (Ministère des Affaires Populaires) a trouvé non seulement les mots, mais aussi le rythme pour lancer l'alerte et appeler à la résistance contre le sort implacable réservé aux sans-papiers : car oui, "au nom du pays des droits de l'homme, la chasse est ouverte"... 

 

10 novembre 2010

Nicolas et le syndrome du serial killer

Il aurait pu choisir la discrétion. L'élégance, en quelque sorte. Mais non. Comme d'habitude, Sarko a préféré "se la jouer". En s'auto-décernant publiquement un satisfecit pour avoir "sauvé le régime par répartition".

Pas plus tard qu'hier, il s'autoproclamait héritier du grand Charles. Sauveur d'une certaine grande idée de la France, selon lui (ou plutôt selon Guaino, chargé de coucher sur le papier les fantasmes présidentiels pour en faire des discours historiques).

Je dois lire trop de romans policiers, mais Sarko me fait irrésistiblement penser à ces tueurs en série qui, à un moment donné, se croient obligés, non seulement de se vanter de leurs crimes, mais de les justifier en les transformant en mission sacrée.

Sarkozy a méthodiquement et impitoyablement liquidé l'héritage gaulliste (faut-il rappeler ici de nouveau l'entrée de la France dans le commandement intégré de l'OTAN). Il s'est plus particulièrement acharné sur tout ce qui concernait les fondations du "pacte social" conclu à la Libération entre les différents acteurs de la vie politique. Oh certes, la "sécu" et le régime de retraite par répartition existent toujours, mais tellement affaiblis, tellement dénaturés qu'ils sont impuissants à remplir le rôle de protection sociale qui leur avait été assigné.

Voici venu le temps des sauve-qui-peut individuels, ou chacun va faire ses comptes et essayer de s'offrir le produit (financier) miracle qui pourra le mettre à l'abri. Nul doute que les marchands seront nombreux à investir ce marché, à commencer par le frère du Président, Guillaume Sarkozy, PDG de Malakoff Médéric.

Agonie d'un destin collectif ? Ou y aura-t'il quelqu'un, en 2012, pour nous proposer une nouvelle forme de vivre ensemble, conforme aux valeurs de notre histoire ?

24 octobre 2010

La phrase du jour...

Ce n'est pas parce que je viens d'adhérer à Cap 21 que je vais vous servir du Corinne Lepage tous les jours... Mais ce que j'aime, chez elle, c'est la capacité à aller à l'essentiel en appelant un chat un chat.

Lu sur son blog, aujourd'hui, à propos des pressions incessantes du pouvoir sur les magistrats (affaire Woerth) comme sur les médias :

" La France, qui régresse dans le classement de la liberté de la presse comme dans celui de la lutte contre la corruption, franchit désormais la ligne jaune qui sépare les démocraties authentiques des Etats autoritaires où la justice est aux ordres".

 
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