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01 mai 2011

Jour de colère

158744862_557a1a32a2.jpgPour une fois, il a fait très beau en ce 1er mai 2011. Le ciel était bleu, et pourtant, le coeur n'y était pas. Le 1er mai se doit de célébrer le progrès social, d'être porteur d'espoir. Ce premier week-end de mai, à mon sens, a été marqué par les signes d'une incroyable régression, comme en témoignent les quatre sujets d'actualité qui ont fait la une dans les médias.

Jean-Paul II et sa béatification expresse. En quoi était-il urgent, et même opportun, d'ériger Karol Wojtyla en futur saint ? Certes, il fut un communicant extraordinaire, et à maints égards, un visionnaire sur le plan politique. Face à une Afrique dévastée par le sida, il aurait pu, il aurait dû être celui qui allait assouplir la doctrine imbécile de l'église en matière de sexualité et de contraception. Il  a refusé. Farouchement. Qu'il puisse aujourd'hui être un modèle moral, voire un sujet d'adoration pour les jeunes générations me dépasse et m'exaspère.

Le mariage princier, au faste anachronique, insipide et surtout déplacé, alors que l'Angleterre est touchée de plein fouet par la crise. Une autre forme d'opium pour le peuple. On a frisé l'overdose.

La harangue populiste de Marine Le Pen, s'érigeant en championne des libertés, n'hésitant pas à se réclamer de Charles de Gaulle ou de Victor Scloechler. Celle-là a du talent, et n'est pas à une imposture près. Elle aurait d'ailleurs tort de se gêner : Sarkozy, en son temps, avait bien pris Guy Môquet en otage...

Le scandale des quotas de jeunes joueurs d'origine étrangère dans les centres de formation de la Fédération Française de Foot. Comme l'a dit Lilian Thuram, voici une question qui a été volontairement montée en épingle et posée en termes biaisés. Car enfin, jusqu'ici, la France a plutôt trouvé avantage à se "servir" parmi un vivier de jeunes joueurs "binationaux", appelant sous la bannière tricolore ceux qui lui semblaient le plus talentueux... Par ailleurs, on peut imaginer d'autres solutions que des mesures discriminatoires : demander aux jeunes d'opter pour une sélection nationale lorsqu'ils sont en fin de formation, par exemple.

Cette affaire m'écoeure prondément, car elle révèle à quel point le prisme du racisme s'impose dans tout débat, dans toute question de société. En 1998, la France toute entière, unie dans sa diversité, gagnait avec son équipe "black blanc beur". Douze ans plus tard, la France repliée sur ses fantasmes xénophobes me fait honte.

07 décembre 2010

Assange, Cantona, les nouveaux provocateurs ?

cantona.jpg7 décembre 2010. C'est aujourd'hui que les nouveaux supporters de Canto, alias Eric le Rouge, devraient vider leur compte en banque. C'est aussi aujourd'hui que vient d'être arrêté Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, le site qui fait trembler le monde entier depuis quelques mois.

Eric Cantona, Julian Assange. Un ancien footballeur, un ex hacker. Deux hommes au style très différent, dont les histoires pittoresques ont fait la une des médias. Ils n'en sont pas pour autant devenus des héros. Notre époque n'est pas très tendre, ni très romantique, avec les nouveaux Robin des Bois. Leurs initiatives ont été jugées dangereuses par une opinion publique très raisonnable. Et c'est vrai qu'elles l'étaient. Dans une large mesure.

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Toutefois, en s'attaquant à la toute-puissance d'un système établi et aux-lois-qui-font-que-le-monde tourne-rond (surtout pour les puissants, les nantis et les initiés), Assange et Cantona ont montré que ce système était fragile. Que ceux qui disposent actuellement du pouvoir ont trop tendance à oublier qu'il repose en large partie sur l'acceptation d'une communauté de destin. Et que donc, certaines limites ne devaient pas être franchies dans l'injustice, le secret ou les magouilles confortablement rebaptisées secrets d'Etat. Que notre société, si fière de son modernisme sophistiqué, pouvait assez vite sombrer dans l'anarchie et le chaos.

Je ne suis pas suffisamment naïve pour penser que cela suffise à raisonner un monde qui a depuis longtemps perdu le sens de l'intérêt collectif et du bien commun. Par contre, cela doit nous conforter dans l'idée que nous avons tous, en tant que citoyen, un rôle à jouer dans la marche de ce monde. En exigeant plus de transparence dans l'usage qui est fait de nos placements bancaires, par exemple. En boycottant certains produits fabriqués dans des conditions scandaleuses, ou désastreux pour notre santé. Ou encore en refusant que certaines grandes décisions, qui affectent directement notre quotidien, soient prises dans une totale opacité.

Et si la vraie révolution venait, tout simplement, du plein exercice de nos droits de citoyens-consommateurs ?

 

05 décembre 2010

Il ne fait pas bon être un gosse de pauvres dans la France de 2010...

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est une étude commandée par l'Unicef et menée dans les 24 pays de l'OCDE (organisation pour le développement et la coopération économique), autrement dit, les pays les plus riches de la planète.

Certes, selon cette étude réalisée par le centre de recherche italien Innocenti, la France s'en sort honorablement (à la cinquième place) en termes de (relatif) bien-être matériel des enfants issus de familles défavorisées, notamment grâce aux allocations familiales. Dans ce domaine, il semble donc bien que notre système de protection sociale "à la française" joue toujours le rôle de garde-fou qui est le sien.

Par contre, l'étude situe la France à la quinzième place en matière de santé, soit en dessous de la moyenne de l'OCDE. En ce domaine, les critères pris en compte sont les problèmes de santé, mais aussi les habitudes alimentaires et la pratique régulière d'une activité physique (critère pour lequel notre pays arrive avant-dernier...).

Enfin et surtout, les résultats de l'étude sont catastrophiques pour notre pays dès lors que l'on se penche sur les compétences scolaires des enfants défavorisés, qu'il s'agisse de la lecture, des mathématiques ou des sciences : en ce domaine la France se classe à l'avant-dernière place.

Une fois de plus, notre système éducatif se retrouve mis en question. Que penser d'un système qui laisse au bord de la route les élèves les plus défavorisés ? Par ailleurs, l'accès aux soins, à la culture et au sport apparaissent clairement comme des enjeux essentiels en matière de réduction des inégalités. Peut-on espérer que ces thèmes soient au coeur de la prochaine campagne des présidentielles ? On peu en douter. La sécurité, tout comme la question fiscale, sont des thèmes autrement plus porteurs...

 
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