Avertir le modérateur

05 décembre 2010

Il ne fait pas bon être un gosse de pauvres dans la France de 2010...

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est une étude commandée par l'Unicef et menée dans les 24 pays de l'OCDE (organisation pour le développement et la coopération économique), autrement dit, les pays les plus riches de la planète.

Certes, selon cette étude réalisée par le centre de recherche italien Innocenti, la France s'en sort honorablement (à la cinquième place) en termes de (relatif) bien-être matériel des enfants issus de familles défavorisées, notamment grâce aux allocations familiales. Dans ce domaine, il semble donc bien que notre système de protection sociale "à la française" joue toujours le rôle de garde-fou qui est le sien.

Par contre, l'étude situe la France à la quinzième place en matière de santé, soit en dessous de la moyenne de l'OCDE. En ce domaine, les critères pris en compte sont les problèmes de santé, mais aussi les habitudes alimentaires et la pratique régulière d'une activité physique (critère pour lequel notre pays arrive avant-dernier...).

Enfin et surtout, les résultats de l'étude sont catastrophiques pour notre pays dès lors que l'on se penche sur les compétences scolaires des enfants défavorisés, qu'il s'agisse de la lecture, des mathématiques ou des sciences : en ce domaine la France se classe à l'avant-dernière place.

Une fois de plus, notre système éducatif se retrouve mis en question. Que penser d'un système qui laisse au bord de la route les élèves les plus défavorisés ? Par ailleurs, l'accès aux soins, à la culture et au sport apparaissent clairement comme des enjeux essentiels en matière de réduction des inégalités. Peut-on espérer que ces thèmes soient au coeur de la prochaine campagne des présidentielles ? On peu en douter. La sécurité, tout comme la question fiscale, sont des thèmes autrement plus porteurs...

11 janvier 2010

Le Rassemblement : débat au Petit Nanterre

le-rassemblement.gif

"Ouvrons le débat et écrivons ensemble les chapitres d'un projet alternatif pour la France" : c'est un slogan qui m'a interpellée. Construire ensemble, démocrates, socialistes, écologistes et même communistes, c'est une évidence, parce que ce les valeurs fondamentales qui nous rassemblent sont beaucoup plus importantes que ce qui nous sépare, et qui, bien souvent, ne relève que du dogmatisme. Le sarkozysme aura eu, au moins, le mérite de nous en faire prendre conscience. C'est aussi une urgence. Notre pays part à la dérive au gré des tocades d'un Président qui n'a pour convictions que quelques sévères allergies (à mai 68, à la fonction publique, aux intellectuels, aux grandes écoles...), et pour seul grand dessein, l'obsession de laisser son nom dans l'Histoire. 

Samedi dernier, donc, j'ai fait mes permiers pas au sein du Rassemblement, en tant qu'observatrice. L'occasion était belle : l'association Zy'Va, qui fait un remarquable travail de prévention et de 'retissage' du lien social dans le quartier du Petit Nanterre, avait convié les principaux leaders du projet à débattre avec les habitants. Le thème était celui sur lesquels les militants avaient planché à Dijon, l'éducation et ses différentes problématiques, dont celle -centrale- de la ségrégation issue de la ghettoisation des territoires. 

Ce billet n'a pas vocation à faire un compte-rendu de cette rencontre, ni d'exposer les différentes propositions formulées par les intervenants politiques (pour en prendre connaissance dans le détail, il suffit d'aller sur le site du Rassemblement). Plus modestement, et très subjectivement, je voudrais juste partager quelques impressions, retranscrire quelques phrases qui m'ont frappées et que j'ai griffonnées à la hâte. 

Première impression : le Rassemblement n'est pas un lieu où l'on cultive le consensus mou. Entre autres, parce qu'il donne la parole à des personnalités atypiques, telles que Gabriel Cohn-Bendit, venu témoigner de ses expériences de pédagogie alternative avec, notamment, le lycée expérimental de Saint-Nazaire. Pour lui, l'école est carrément à réinventer. Profondément inégalitaire parce qu'élitaire, elle évalue les élèves à l'aune d'une culture qui n'est pas la leur : élèves et enseignants n'habitent pas les mêmes quartiers, ne parlent pas le même langage. Beaucoup plus positif et intransigeant vis-à-vis du respect dû à l'institution, Malek Boutih, secrétaire national du Parti Socialiste, a tenu à souligner que "beaucoup ont réussi par l'école, et on continue à réussir par l'école. Mais il s'est instauré un rapport trop utilitariste, consumériste, entre les parents et l"école de leurs enfants".

Deuxième impression : le Rassemblement n'est pas non plus le lieu où l'on cultive les clichés faciles et la langue de bois. Ainsi, quand Vincent Peillon parle d'un "nouveau contrat entre l'Ecole et la Nation", ce n'est pas un simple effet de langage : "l'école doit accepter d'évoluer fondamentalement, de revoir certaines bases (...). Nous devons reformer nos méthodes pédagogiques qui échouent à prendre en compte certaines compétences, (...) réformer aussi nos programmes qui échouent à épanouir tous les élèves". Autre exemple avec Marielle de Sarnez, évoquant l'éternelle question des moyens affectés à l'Education Nationale : "Il ne faut pas sous-estimer les difficultés financières du pays. On ne pourra pas mettre plus d'argent dans l'école, mais on doit lui garantir une stabilité des moyens pour lui permettre d'avoir de vraies perspectives". Dernier exemple, Marielle de Sarnez toujours, faisant allusion à la polémique concernant l'ouverture des grandes écoles aux élèves issus de milieux modestes : "ce n'est pas au niveau des grandes écoles qu'il faut s'attaquer aux inégalités. C'est à l'école maternelle, au CP, au CE1, qu'on devrait mettre le paquet pour détecter les problèmes, quitte à faire des classes de dix ou douze élèves, et des amphis de 40 au lycée! Il faut éviter de reporter toujours sur l'échelon supérieur les difficultés qui n'ont pas été réglées..."  

Troisième impression : beaucoup de convergences et un grand respect, qu'il s'agisse des intervenants entre eux ou des intervenants vis-à-vis du public (parents, enseignants, responsables d'associations). Quelque chose est en train de s'ébaucher, et promis, j'apporterai ma pierre au prochain chapitre, qui traite de la question difficile mais pourtant incontournable de nos institutions. 

06 décembre 2009

Histoire-géo : on brade en filière scientifique !

Luc Chatel, ministre de l'Education, avait annoncé que le projet de réforme des lycées prévoyait le "renforcement" de l'enseignement d'histoire-géographie en première scientifique, dans le cadre du fameux "tronc commun". Mais un collectif de vingt universitaires vient de confirmer l'entourloupe, dévoilée dès la fin novembre par Jacques Sapir, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : en contrepartie, l'histoire-géo ne ferait plus partie des matières obligatoires en terminale S. Ces personnalités, parmi lesquels le philosophe Alain Finkelkraut et de nombreux historiens (Jean-Pierre Azema, Benjamin Stora, André Kaspi, Jean-Noël Jeanneney, Jacques le Goff...) ont lancé un "appel pour le maintien d'un enseignement obligatoire d'histoire et de géographie en terminale scientifique". Une affaire qui, loin d'être anecdotique, pourrait bien annoncer une nouvelle dérive des missions de l'école.       

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu