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30 mars 2010

MoDem : repli au centre ?

Le revers électoral subi aux régionales aurait-il emporté avec lui le concept de "Mouvement Démocrate" pour réhabiliter celui de "centre" ? 

C'est ce que l'on peut lire, en filigrane, dans la résolution adoptée le 27 mars dernier par le Conseil National du MoDem : "Le Conseil National (...) soutient le premier de nos choix stratégiques : celui de l'indépendance, seul capable d'apporter une idée nouvelle et juste pour l'avenir du pays, et de répondre à ceux de ses citoyens qui ne se reconnaissent plus dans le débat démocratique. Il insiste sur le refus des manoeuvres et des combinaisons". 

Que nous sommes loin du temps, en fait pas si éloigné que cela (c'était en septembre dernier), ou François Bayrou, en clôture de l'Université d'Eté de la Grande-Motte, appelait à construire "un Parlement de l'Alternance" et faisait "une offre publique de dialogue (...) à toutes les familles politiques qui veulent une alternance". 

Oh, certes, dans un cas comme dans l'autre, le discours est prudent. A l'automne dernier, il était question de réflexion commune et éventuellement de partenariat avec la gauche, pas d'alignement. Et aujourd'hui, la porte n'est pas -officiellement du moins- fermée au dialogue. Mais les mots ont changé. Le "centre progressiste" affiché à La Grande-Motte est redevenu le centre tout court, replié sur lui-même et sur cette "certitude" (qui ressemble de plus en plus à une incantation) selon laquelle il serait le seul recours possible pour notre pays en crise. 

Que devient le travail effectué au sein du Rassemblement social, écologique, et démocrate par Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias? Que faut-il penser de l'appel insistant, lancé par plusieurs militants et blogueurs démocrates, à revendiquer le libéralisme comme valeur fondamentale de notre mouvement ? 

A un moment où il est plus ou moins demandé aux militants démocrates de faire le dos rond et de ne pas attiser les querelles internes, soit-disant responsables de notre débacle électorale, ce billet va sans doute déplaire. Pourtant, s'il veut survivre, s'il veut redevenir ce mouvement capable de dépasser les clivages politiques, le MoDem, paradoxalement, ne peut faire l'économie d'une clarification sur son positionnement. On ne fera pas bouger les lignes, on ne convaincra pas les électeurs qui se sont détournés de la politique si l'on ne dit pas au préalable, qui l'on est, d'où l'on vient, ce que l'on veut construire. C'est une question de clarté, mais aussi et surtout d'honnêteté politique. 

Le MoDem va t-il poursuivre le chemin timidement esquissé vers la social-démocratie, ou va t-il se replier sur le territoire (aujourd'hui très convoité) de ses origines ? La question est fondamentale. Y répondre serait, à mon avis, un pas important pour sortir d'un quiproquo qui nous a, de manière très prévisible, menés droit dans le fossé. 

19 mars 2010

Mises au point

Il serait difficile de le cacher : moins d'une semaine après le premier tour des régionales, le MoDem se déchire et se désagrège autour de deux questions. Un : la démission de sa Vice-Présidente Corinne Lepage, qui lui vaut des attaques d'une rare violence. Deux : notre position au second tour, pour lequel François Bayrou n'a donné aucune consigne, se murant dans ce splendide isolement que je dénonçais hier.

Sur ces deux questions, je tiens à prendre position, parce que le lis et entends aujourd'hui des choses qui me consternent, venant de gens qui se drapent dans leur appellation (non contrôlée) de démocrates pour donner des leçons au reste du monde politique... lequel s'en moque, évidemment. Quand on pèse 4 % au niveau national et que l'on prétend être les seuls détenteurs de la "vérité", de la seule voie susceptible de sortir la France de l'ornière, on n'est guère crédible. 

Concernant la démission de Corinne Lepage : je la comprends. C'était la seule issue possible pour une authentique démocrate dans un Mouvement qui ne l'est pas, et qui n'a pas su écouter ses critiques (pourtant salutaires) pour se remettre en question. Je pourrais citer des dizaines d'exemples à l'appui de mes propos. Un seul suffira : dans certaines régions lors des dernières élections, les candidats finalement investis par la direction du mouvement n'ont pas été ceux que souhaitaient les militants. Je crois que c'est assez explicite.

Il se trouve aujourd'hui des cadres et des militants du mouvement pour demander, que dire, exiger que Corinne Lepage rende son mandat de députée européenne. C'est ignoble. C'est mesquin. Avions-nous eu le scrupule de demander à Jean-Luc Benhamias de rendre son mondat lorsqu'il a quitté les Verts pour rejoindre le MoDem ? Bien sur que non. Enfin et surtout, quelle que soit son étiquette politique, Corinne Lepage continuera de porter et de défendre les valeurs humanistes qui sont les nôtres, et dont, encore une fois, non n'avons pas l'exclusivité. 

Concernant le second tour des régionales : à titre personnel je voterai sans hésitation pour la liste de Jean-Paul Huchon, avec qui, je le sais, les anciens élus UDF, devenus MoDem en cours de mandat, ont travaillé en bonne intelligence, malgré les défauts d'une gestion trop technocratique. C'est une décision personnelle que je ne pensais pas rendre publique, mais si je le fais, c'est parce que je suis indignée par le "buzz" médiatique de certains blogueurs soit-disant démocrates, parmi lesquels, et je le regrette, un certain Christophe Grébert, qui déverse son fiel sur tout ce qu'Internet compte d'espaces d'expression et de réseaux sociaux.  

Ces blogueurs appellent à voter blanc dimanche, voire même à glisser un bulletin 'Dolium' dans l'enveloppe (le ridicule ne tue pas), pour refuser à la fois une UMP hégémonique et un vote en faveur de la liste Huchon associée je cite à des communistes "dogmatiques et sectaires".

Ont-ils réalisé à quel point ils faisaient preuve, eux, d'un sectarisme aussi primaire que déplacé ? On est bien loin du temps où le MoDem appelait à dépasser les clivages politiques!!! Avec un tel discours, en 2012 on rempile à coups sûr pour 5 ans de sarkozysme.

Mais je voudrais répondre sur le fond à ceux qui, comme Christophe Grébert, sont en train d'inventer le sectarisme du centre. Remettons les choses en perspective. Contre quoi nous battons-nous actuellement, quels sont ces abus de pouvoir que Bayrou dénonce à longueur de discours ? Nous nous battons contre la confiscation du pouvoir politique par ceux qui ont déjà le pouvoir économique. Nous nous battons aussi contre la destruction systématique de principes et de dispositifs qui cimentaient notre société depuis la Libération, et qui étaient, en grande partie hérités du Conseil National de la Résistance.

Affirmer que les communistes n'auraient pas leur place dans le combat contre l'hégémonie UMP est un contresens historique. C'est aussi, et c'est peut-être encore plus grave, faire le jeu de l'UMP qui, depuis des années, agite le fantasme imbécile des "staliniens" pour empêcher le regroupement de toutes les forces d'opposition. 

Que la gauche s'allie au parti communiste est normal et légitime. Qu'on ne puisse discuter et soutenir la gauche, sous prétexte qu'elle s'obstinerait à intégrer un PCF archaïque et sectaire, est une absurdité, ne serait-ce que parce que cela revient à ignorer le cheminement de pensée effectué par les communistes ces dernières années. C'est ma conviction depuis toujours, et cette conviction s'est renforcée au cours des deux dernières années. Si cette position n'est plus compatible avec mon adhésion au MoDem, il conviendra que j'en tire les conséquences. 

 
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