Avertir le modérateur

04 septembre 2010

Entrer en résistance. Vraiment.

Pour la première fois depuis longtemps, j'ai pris le temps d'aller surfer sur la blogosphère MoDem. Et là, surprise, j'apprends que François Baurou a "fait découvrir" à son entourage la même vidéo que moi, celle où Django Reinhardt et Stéphane Grappelli jouent ensemble la Marseillaise, version jazz manouche.

Génial, et pourtant ma colère n'a fait qu'augmenter. Car il était où, Bayrou, cet après-midi ? Pourquoi le MoDem n'avait-il pas signé le texte invitant ses adhérents à se joindre à la manifestation qui, cet après-midi, a réuni plusieurs milliers de personnes Place de la Bastille, pour protester le poing levé contre le discours xénophobe du gouvernement et sa "politique du pilori"?

Une fois de plus il y a un complet décalage entre le discours du MoDem et ses actes. L'explication, j'ai bien peur de la connaître : peur de s'afficher aux côtés des partis "de gauche". Le calcul électoraliste, avant l'affirmation des convictions. 

En attendant de trouver le bon positionnement de Bayrou pour les présidentielles, le MoDem nage entre deux eaux. Je suis du signe des poissons, mais cela ne me convient pas. Aujourd'hui les choses sont si graves qu'il faut choisir son camp. Soit on gravite dans les eaux fangeuses où s'est aventurée l'UMP, territoire jadis réservé à l'extrême-droite. Soit on entre en résistance, ensemble, unis sur l'essentiel, c'est-à-dire la défense des valeurs et des institutions républicaines que le pouvoir en place bafoue chaque jour. 

La gauche l'a fait aujourd'hui, clairement, et avec elle quelques autres personnalités dont Corinne Lepage. Bravo.

Aujourd'hui, je rends ma carte du MoDem. 

 

30 mars 2010

MoDem : repli au centre ?

Le revers électoral subi aux régionales aurait-il emporté avec lui le concept de "Mouvement Démocrate" pour réhabiliter celui de "centre" ? 

C'est ce que l'on peut lire, en filigrane, dans la résolution adoptée le 27 mars dernier par le Conseil National du MoDem : "Le Conseil National (...) soutient le premier de nos choix stratégiques : celui de l'indépendance, seul capable d'apporter une idée nouvelle et juste pour l'avenir du pays, et de répondre à ceux de ses citoyens qui ne se reconnaissent plus dans le débat démocratique. Il insiste sur le refus des manoeuvres et des combinaisons". 

Que nous sommes loin du temps, en fait pas si éloigné que cela (c'était en septembre dernier), ou François Bayrou, en clôture de l'Université d'Eté de la Grande-Motte, appelait à construire "un Parlement de l'Alternance" et faisait "une offre publique de dialogue (...) à toutes les familles politiques qui veulent une alternance". 

Oh, certes, dans un cas comme dans l'autre, le discours est prudent. A l'automne dernier, il était question de réflexion commune et éventuellement de partenariat avec la gauche, pas d'alignement. Et aujourd'hui, la porte n'est pas -officiellement du moins- fermée au dialogue. Mais les mots ont changé. Le "centre progressiste" affiché à La Grande-Motte est redevenu le centre tout court, replié sur lui-même et sur cette "certitude" (qui ressemble de plus en plus à une incantation) selon laquelle il serait le seul recours possible pour notre pays en crise. 

Que devient le travail effectué au sein du Rassemblement social, écologique, et démocrate par Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias? Que faut-il penser de l'appel insistant, lancé par plusieurs militants et blogueurs démocrates, à revendiquer le libéralisme comme valeur fondamentale de notre mouvement ? 

A un moment où il est plus ou moins demandé aux militants démocrates de faire le dos rond et de ne pas attiser les querelles internes, soit-disant responsables de notre débacle électorale, ce billet va sans doute déplaire. Pourtant, s'il veut survivre, s'il veut redevenir ce mouvement capable de dépasser les clivages politiques, le MoDem, paradoxalement, ne peut faire l'économie d'une clarification sur son positionnement. On ne fera pas bouger les lignes, on ne convaincra pas les électeurs qui se sont détournés de la politique si l'on ne dit pas au préalable, qui l'on est, d'où l'on vient, ce que l'on veut construire. C'est une question de clarté, mais aussi et surtout d'honnêteté politique. 

Le MoDem va t-il poursuivre le chemin timidement esquissé vers la social-démocratie, ou va t-il se replier sur le territoire (aujourd'hui très convoité) de ses origines ? La question est fondamentale. Y répondre serait, à mon avis, un pas important pour sortir d'un quiproquo qui nous a, de manière très prévisible, menés droit dans le fossé. 

28 janvier 2010

Dolium : stop à la pub

alain-dolium-candidat-inattendu-L-2.jpegAutant l'avouer, j'ai piqué une grosse colère ce matin en faisant -comme d'habitude- un rapide tour de l'actualité locale et nationale. Objet de mon courroux, une dépêche AFP intitulée "Dolium (MoDem) se défend d'être l'Obama Français, comme le suggérait son staff". 

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Alain Dolium est notre tête de liste pour les régionales en Ile-de-France : 41 ans, d'origine antillaise, il a grandi en banlieue (Malakoff), et dirige aujourd'hui une entreprise spécialisée dans le marketing et les nouvelles technologies. 

Inconnu du grand public comme des militants MoDem (y compris ceux de la section à laquelle il a adhéré), il a été choisi pour porter nos couleurs lors des prochaines élections, ou plutôt, devrais-je dire, pour les incarner : nos instances nationales ont fait le pari de choisir un profil et une histoire personnelle plutôt qu'une expérience politique, manifestant ainsi notre volonté d'accompagner le renouvellement politique nécessaire à notre pays.

C'est un choix auquel je n'ai pas adhéré, personnellement, mais il a été approuvé par les militants. Faisons donc avec Alain Dolium. Après tout, son parcours le prédispose effectivement à porter nos valeurs, et je ne doute pas un instant qu'ayant été choisi par François Bayrou, il s'agisse d'un homme de convictions.

Mais un tel choix est un pari dangereux. Si le médium doit effectivement être en phase avec le message, il ne peut, à lui seul, être le message, sauf à laisser entendre que le MoDem communique désormais sur l'image et pas sur le fond.

C'est pourtant cet axe de communication très superficiel qu'a choisi l'équipe d'Alain Dolium jusqu'ici. N'hésitant pas à utiliser cette accroche incongrue pour inviter la presse au lancement de la campagne : "Alain Dolium est-il le nouvel Obama français? Venez-en juger par vous-mêmes!"

Outre son ridicule, cette accroche digne d'une publicité pour une nouvelle marque de lessive est une insulte au travail de fond que les militants effectuent chaque jour sur le terrain pour lutter contre la démagogie ambiante. Notre marque de fabrique, c'est justement de susciter une réflexion de qualité, d'opposer des arguments étayés à des idées toutes faites et à des formules creuses. Par pitié, ne tombons pas dans le piège d'un marketing politique clinquant et bas-de-gamme. Laissons ce terrain à ceux dont c'est le fonds de commerce. 

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu