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02 mai 2011

Bravo, Chantal Jouanno

ChantalJouanno11111111111.jpgUne fois n'est pas coutume, je tiens à saluer les propos de la ministre des sports Chantal Jouanno, interrogée au sujet de l'idée d'instaurer des quotas de joueurs d'origine étrangère dans les centres de formation de la Fédération Française de Football :

"Il y a d'autres solutions que de dire 'on va aboutir à des quotas pour réduire les binationaux'. Après il y a des amalgames, des dérapages sur des considérations de couleur de peau qui sont assez malvenues dans ce type de discussion", a t-elle déclaré, avant de poursuivre : "Je ne suis pas beaucoup choquée que l'on forme des personnes et qu'elles aillent jouer dans des pays amis et qu'on exporte notre savoir-faire. Cela se fait dans tous les sports. Nos joueurs de basket vont jouer en NBA et cela participe aussi au rayonnement de la France".

En effet. La France se grandirait en tenant des raisonnements moins mesquins, dès lors qu'il est question de nationalité. Et c'est tout à l'honneur de Chantal Jouanno de l'avoir rappelé.

01 mai 2011

Jour de colère

158744862_557a1a32a2.jpgPour une fois, il a fait très beau en ce 1er mai 2011. Le ciel était bleu, et pourtant, le coeur n'y était pas. Le 1er mai se doit de célébrer le progrès social, d'être porteur d'espoir. Ce premier week-end de mai, à mon sens, a été marqué par les signes d'une incroyable régression, comme en témoignent les quatre sujets d'actualité qui ont fait la une dans les médias.

Jean-Paul II et sa béatification expresse. En quoi était-il urgent, et même opportun, d'ériger Karol Wojtyla en futur saint ? Certes, il fut un communicant extraordinaire, et à maints égards, un visionnaire sur le plan politique. Face à une Afrique dévastée par le sida, il aurait pu, il aurait dû être celui qui allait assouplir la doctrine imbécile de l'église en matière de sexualité et de contraception. Il  a refusé. Farouchement. Qu'il puisse aujourd'hui être un modèle moral, voire un sujet d'adoration pour les jeunes générations me dépasse et m'exaspère.

Le mariage princier, au faste anachronique, insipide et surtout déplacé, alors que l'Angleterre est touchée de plein fouet par la crise. Une autre forme d'opium pour le peuple. On a frisé l'overdose.

La harangue populiste de Marine Le Pen, s'érigeant en championne des libertés, n'hésitant pas à se réclamer de Charles de Gaulle ou de Victor Scloechler. Celle-là a du talent, et n'est pas à une imposture près. Elle aurait d'ailleurs tort de se gêner : Sarkozy, en son temps, avait bien pris Guy Môquet en otage...

Le scandale des quotas de jeunes joueurs d'origine étrangère dans les centres de formation de la Fédération Française de Foot. Comme l'a dit Lilian Thuram, voici une question qui a été volontairement montée en épingle et posée en termes biaisés. Car enfin, jusqu'ici, la France a plutôt trouvé avantage à se "servir" parmi un vivier de jeunes joueurs "binationaux", appelant sous la bannière tricolore ceux qui lui semblaient le plus talentueux... Par ailleurs, on peut imaginer d'autres solutions que des mesures discriminatoires : demander aux jeunes d'opter pour une sélection nationale lorsqu'ils sont en fin de formation, par exemple.

Cette affaire m'écoeure prondément, car elle révèle à quel point le prisme du racisme s'impose dans tout débat, dans toute question de société. En 1998, la France toute entière, unie dans sa diversité, gagnait avec son équipe "black blanc beur". Douze ans plus tard, la France repliée sur ses fantasmes xénophobes me fait honte.

26 avril 2010

Quand la xénophobie gagne du terrain

a622_image005.jpegIl y a un peu plus d'un an, m'était parvenue une invitation à un colloque dont le thème était ainsi formulé : y a  t-il une xénophobie d'Etat ? J'avoue qu'à l'époque, l'intitulé m'était apparu quelque peu excessif, même si je fais partie de celles et ceux qui n'ont jamais digéré la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. 

Quelques mois plus tard, la question ne me semble plus du tout outrancière, et bien pire que cela, je pense que l'on peut passer de la forme interrogative à la forme affirmative. Oui, la France de Sarkozy est devenue une France xénophobe.

Je ne m'étendrai pas sur l'affaire de cette conductrice nantaise portant le niqab, dont le mari serait soupçonné de polygamie et de fraude aux allocs. Tout a été dit, ou presque, sur la manière dont cette situation particulière a été instrumentalisée et surmédiatisée par un pouvoir avide de séduire l'électorat d'extrême-droite. A tel point que le mitraillage de la mosquée d'Istres est passé, lui, quasiment inaperçu.  

Un mot, quand même, sur la manière dont Hortefeux (chaudement fécilité par Le Pen) a demandé à son collègue Besson d'examiner la manière dont le supposé polygame pourrait être "déchu de la nationalité française", avant même que les faits ne soient vérifiés et examinés au regard du droit. Il semble que désormais, en France, ce soit le Ministre de l'Intérieur qui rende la justice et même fasse la loi, puisque celle-ci, a répondu Besson, pourrait être "aménagée" dans le cas où les textes en vigueur ne permettent pas d'obtenir la sentence souhaitée. C'est tout simplement hallucinant. 

Mais au-delà de ce fait divers, non moins inquiétante est la banalisation et l'institutionnalisation d'un racisme "administratif", qui s'insinue là où on s'y attendrait le moins, sous des prétextes plus ou moins fallacieux. C'est ainsi que depuis l'automne, la FFF (Fédération Française de Football) exige que les enfants souhaitant s'inscrire à un club de foot fassent la preuve qu'ils résident sur le territoire depuis au moins cinq ans...

Raison invoquée : mettre fin au trafic de jeunes joueurs (quelques cas par an), comme le souhaite la FIFA (Fédération Internationale de Football). Sauf qu'en l'occurence, la FFF outrepasse largement les recommandations de la FIFA, qui se limitent à préconiser un examen attentif en cas de délivrance d'une première licence, et n'imposent un délai de résidence de cinq ans que dans le cas très précis de transfert international de mineur.   

Concrètement, pour les parents d'origine étrangère, l'inscription de leur enfant à un club de foot est devenue un vrai parcours du comabttant. Dans certaines ligues appliquant à la lettre les consignes de la FFF, on exige qu'ils produisent pas moins de cinq documents : justification d'activité professionnelle pour au moins l'un des deux parents, permis de travail, justificatif officiel de résidence, justificatif d'identité et de nationalité des parents, justificatif du lien de filiation.

D'après le Quotidien Le Monde, rien que pour l'Ile-de-France, 800 enfants se seraient vu refuser la délivrance de leur première licence en octobre dernier. Pour eux, s'ils se sont obstinés à chausser les crampons, pas de match, rien que des entraînements... 

La Ligue des Droits de L'Homme a annoncé son intention de saisir la justice pour pratiques discriminatoires. Pour elle, aucun doute, cet excès de zèle est "un choix d'image et de symbolisation de la FFF, qui joue la carte gouvernementale". Rama Yade, quant à elle, est bien silencieuse sur la question...

    

 

 
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