Avertir le modérateur

26 octobre 2010

Roselyne est trop cool

roselyne-bachelot-la-ministre-de-la-sante.jpgRoselyne est trop cool

 

On n’avait même pas osé en rêver. Elle l’a fait. Roselyne Bachelot, la ministre de la santé que le monde entier nous envie, vient d’inventer la médecine virtuelle. Dès l’an prochain, grâce à la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires), on va pouvoir consulter son médecin à distance. Par webcam interposée.

Finies, les heures d’attente au téléphone pour tenter de décrocher un RV le vendredi soir après 18h. De toute façon, cinq minutes et demie de Lettre à Elise dans les tympans, ça faisait monter dangereusement grimper la tension.

Fini aussi de poireauter dans la salle d’attente entre un papy qui bougonne en postillonnant et une flopée de mômes bien décidés à mettre en pièces le seul magazine encore lisible (Femme Actuelle de Noël dernier). De toute façon, ces endroits-là, c’était bourré de microbes, un truc à surinfecter la plus inoffensive des rhinopharyngites débutantes.

Finies enfin les auscultations à n’en plus finir avec tout le cirque habituel, les palpations agaçantes, les loupiotes dans les yeux et les oreilles… Au diable le stéthoscope ! Aux orties l'abaisse-langue! Comme si on n’était pas assez grands pour faire la différence entre une gastro et une appendicite. Comme si on n’avait pas eu suffisamment d’angines ou de bronchites pour se les diagnostiquer tous seuls…

Avec Roselyne et HPST, enfin, les patients seront res-pon-sa-bi-li-sés. On pourrait même imaginer envoyer un mail au doc’ avec la liste de courses. Ca irait encore plus vite et on pourrait consulter partout, même au bureau, quoiqu’avec la généralisation des openspace, ce serait pas très discret quand même. Peut-être que les entreprises pourraient aménager des boxes spéciaux, elles y gagneraient, ça éviterait de partir plus tôt pour cause de RV chez le toubib.

Et puis on pourrait délocaliser. En Afrique, en Russie, je ne sais pas, moi, mais y a bien quelque part des toubibs francophones prêts à consulter plus pour gagner plus, tout en facturant moins. Ce serait tout bénéf pour la sécu.

Franchement, Roselyne, grâce à vous on se sent vraiment propulsés dans le XXI° siècle. Peut-être les frères Bogdanov vous ont-ils sagement conseillée, quoiqu'il en soit, il était vraiment temps de dépoussiérer la médecine de papa, qui ne suscitait plus guère de vocations.

Tiens, je vais en parler à mon fils, qui n'a pas trop d'idée sur son avenir. Il déteste le sang, mais Internet, il maîtrise, alors, cybermédecin, pourquoi pas ? Surtout que c'est le genre de métier où l'on peut avoir facilement une activité parallèle pour se détendre. Facebook ou un jeu en ligne entre deux patients, voire même pendant un patient. Ni vu ni connu. Cool. Vraiment trop cool.

02 septembre 2010

L'étrange quotient familial du Dr Juvin

Jeudi 2 septembre, jour de rentrée pour les écoliers. Avec une grande première à La Garenne : après s'y être opposée pendant des décennies, la municipalité a enfin mis en place un "quotient familial" pour la cantine.   

Mais la paire de guillemets s'impose. En apparence, certes, Philippe Juvin a fini par accepter ce qu'il refusait obstinément année après année, malgré les sollicitations réitérées de l'opposition, PS et MoDem. Pas d'assistanat à La Garenne, expliquait-on en mairie : donc pas de quotient familial. Et notre doux village demeurait la dernière ville du département à ne pas appliquer ce système. 

Une spécificité locale sans doute difficile à assumer sur le plan médiatique, surtout pour un maire qui s'affiche volontiers en champion de la solidarité. Philippe Juvin a donc dû lacher du lest sur le principe et reculer sur le plan idéologique. 

Mais une fois encore, le voila qui nous prouve ses talents de prestidigiteur. Car si le système mis en place porte bien le nom de quotient familial, et s'appuie effectivement sur une modulation des tarifs demandés aux parents en fonction de leurs revenus, le QFG (quotient familial à la Garennoise) demeure une curiosité.   

Ainsi, de l'aveu même de la mairie, la grande majorité des foyers Garennois (58 % des familles) se situe en effet au-delà du seuil le plus élevé et ne bénéficie pas de la dégressivité. Bien au contraire, pour eux, la rentrée se traduit par une augmentation de 0,10 € par repas. Une broutille pour les familles les plus aisées, qui ne sont donc pas réellement mises à contribution pour l'instauration d'un véritable dispositif de solidarité. Mais une charge supplémentaire pour les familles aux revenus médians, touchées de la même façon par cette hausse.

Enfin, et surtout, le tarif plancher demeure prohibitif pour les familles à très faible revenu : 2,82 €, alors qu'il se situe en-deça de 1€ dans la plupart des villes franciliennes, de droite comme de gauche.

Morale de l'histoire? Philippe Juvin a réussi à mettre en place un quotient familial sans que la solidarité progresse d'un iota dans sa ville. Superbe pied de nez à ses détracteurs. Mais la manip' confine à l'insulte pour ses administrés les plus modestes. Et si c'était l'imposture de trop? 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu