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19 janvier 2011

Publicité mensongère : Areva récidive

arton15135-7928f.jpgContrats ratés, difficultés de construction de l'EPR, vieillissement du parc nucléaire, popularité des énergies renouvelables : la filière nucléaire française se porte mal et son image est passablement ternie. Qu'à cela ne tienne. A grands maux, les grands remèdes : Areva vient d'investir 15 millions d'euros dans une superproduction publicitaire qui déferle massivement sur nos écrans (1500 spots sur 30 chaines TV).

Objectif : faire apparaître le nucléaire comme l'énergie d'avenir, celle qui s'inscrit dans le sens du progrès. Pour cela, Areva ne recule devant rien. Ainsi, le spot se termine en apothéose sur un monde idéal (celui où vous avez la chance de vivre, petits veinards), un monde d'abondance énergétique où une centrale nucléaire cohabite harmonieusement avec un parc éolien et une centrale solaire. Le message est subliminal mais limpide : l'avenir appartient aux énergies propres et renouvelables, parmi lesquelles le nucléaire a toute sa place...

Pas très rationnel, le nucléaire se classant sans ambiguité, comme chacun sait, dans les énergies fossiles ? Peu importe. Le film s'adresse à nos émotions, notre imaginaire. Il aura tout de même pris soin de remettre l'hydraulique et l'éolien à leur juste place. Des énergies déjà utilisées dans des temps fort lointains, pour gonfler les voiles des felouques ou convoyer du bois flottant. Sympathique, mais on se doute bien que ce n'est pas avec cela qu'on va s'assurer notre confort moderne. Heureusement, on a le nucléaire. Puissant, rassurant, et tellement propre sur lui. Ouf.

Pour Arnaud Gossement, avocat et maître de conférences à Sciences Po, ce film -qui réécrit l'histoire de l'énergie- n'est rien d'autre qu'une oeuvre de propagande, qui joue sur nos émotions pour recréer un imaginaire positif autour du nucléaire. Cliquer ici pour lire son article paru sur Terra Economica, avec, en bonus, le spot incriminé.

De son côté, l'association Sortir du Nucléaire vient de déposer une plainte devant l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP), pour dénoncer "les manipulations induites par cette massive". Coup d'épée dans l'eau ? Peut-être pas. En 2009, les Verts avaient obtenu l'arrêt d'une précédente campagne d'Areva, pour des raisons relativement similaires.

Et si vous aussi, vous voulez agir en tant qu'écocitoyen, vous le pouvez : une cyberaction a été mise en place en direction de l'ARPP. Le lien est ici. L'histoire récente a montré que quelques clics pouvaient contribuer à faire chuter un régime. Alors, faire stopper une campagne de pub aussi manifestement et détestablement malhonnête, ça devrait être possible.

13 octobre 2010

Les cantines scolaires, en pointe dans la lutte contre la précarité... sauf à La Garenne!

IMGP1706.jpgLe Parisien publiait avant-hier un intéressant dossier sur les cantines scolaires, prises d'assaut en ces temps de crise. Une des principales raisons de cet engouement, nous explique le quotidien, ce sont les tarifs, notamment pour les familles les plus modestes qui bénéficient pleinement du système de quotient familial : payer quelques dizaines de centimes un repas équilibré (ou du moins censé l'être), quand on peine à boucler ses fins de mois, est évidemment une aide plus qu'appréciable. 

Face à cette affluence et cette réalité sociale, de nombreuses communes doivent gérer une situation de saturation, voire de manque de places. Et le Parisien révèle que certaines d'entre elles, comme Lyon, ont décidé "de donner la priorité aux critères sociaux, c'est-à-dire aux couples au chômage, aux familles monoparentales et aux quotient familiaux les plus bas", restreignant en revanche l'accès des restaurants scolaires aux enfants issus de milieux plus aisés. Un choix que certaines familles contestent énergiquement, en entreprenant des recours en justice pour faire valoir leurs droits au nom du principe d'égalité des usagers devant le service public.

Le risque qu'une telle situation se produise à La Garenne est évidemment infinitésimal, puisque le tarif le plus bas de notre échelle de quotient familial demeure prohibitif pour une famille à faibles revenus : 2, 82 € par repas, alors qu'il se situe en dessous d'1€ dans la quasi-totalité des villes franciliennes. 

Une fois de plus, en matière de solidarité, notre ville agit à contre-courant. Là où d'autres communes se placent en situation d'illégalité en voulant aider les plus vulnérables, Philippe Juvin et les 30 conseillers municipaux de la majorité ont mis en place une politique qui bénéficie d'abord aux plus aisés : ainsi, le tarif maximal du quotient familial, appliqué sans différenciation aux classes moyennes et aux familles aux revenus les plus élevés, est de 3,52 €... un des plus bas du département! 

Ceci dit, La Garenne n'est pas à l'abri d'une abri d'une procédure pour discrimination en matière de restauration scolaire. En pratique, en effet, l'accès aux cantines garennoises est réservé prioritairement aux enfants dont les deux parents travaillent, la preuve de leur activité étant dûment requise lors des formalités d'inscription. Les parents en recherche d'emploi pouvant, eux, bénéficier au mieux de deux jours d'accueil par semaine... à charge pour eux de jongler avec la contrainte d'un aller-retour à l'école en plein milieu de journée, pour les deux autres jours! 

 

18 juin 2010

A propos d'imposture...

La presse s'acharne aujourd'hui contre une équipe de France déboussolée, et ne trouve pas de mots assez durs pour décrire sa contre-performance d'hier soir en coupe du monde, n'hésitant pas à parler d'"imposture". 

Et bien c'est aussi d'une imposture, autrement plus grave, que je voudrais parler aujourd'hui.

Cela n'a pu échapper à personne, Sarkozy a traversé la Manche aujourd'hui pour commémorer à Londres le 70 ème anniversaire de l'appel du 18 juin. Notre Président, toujours en quête d'une dimension historique qui lui fait désespérément défaut, a donc "libéré" quelques heures dans son emploi du temps pour "mettre ses pas dans ceux du Général", comme le note avec finesse un journaliste de Yahoo Actualités.

Seulement, voilà. Ce n'est pas seulement la différence de pointure qui saute aux yeux (celle-là, je ne pouvais pas la rater). C'est aussi l'absence de légitimité dans un geste qui se veut éminemment symbolique. 

Car enfin, en quoi Sarkozy peut-il se réclamer de l'héritage gaulliste ? Pour avoir mis à mal les dispositifs de protection sociale issus du Conseil National de la Résistance ? Pour avoir fait entrer la France dans le commandement intégré de l'ONU ? Pour avoir créé un ministère de l'intégration et de l'identité nationale, dont l'appellation à elle seule véhicule des relents fascistes ? 

Il suffisait de regarder tout à l'heure quelques minutes de la retransmission de la cérémonie à Londres, pour comprendre pourquoi Sarkozy avait fait le déplacement. Pour les photos. Pour l'immortalisation d'un moment historique, un moment bien trop long d'ailleurs si l'on en juge par ses gestes d'impatience mal réfrénés. Sarkozy n'était pas là pour se recueillir ni rendre hommage à un modèle historique. J'ai eu honte, vraiment honte, en le voyant à l'ancien QG de la France libre, écoutant à peine les explications de ses hôtes, piaffant d'impatience de passer à la suite. 

Un collégien ayant eu la même attitude se serait sans aucun doute fait réprimander par son prof. Sarko, lui, pense encore qu'il peut tout se permettre. Il a tort. La hauteur qui lui fait défaut n'est pas qu'une question de talonnettes.  

Il faut enfin ajouter que la récupération, chez Sarkozy, devient une véritable manie. Comme le soulignait Christophe Barbier, ce matin, sur LCI : "oui, oui, c'est de la récupération, mais elle n'est pas récente. Nicolas Sarkozy cherche à récupérer toutes les résistances, celle de Guy Moquet, celle du maquis des Glières, celle de Londres, toutes les résistances aussi en termes idéologiques, le gaullisme de droite, avec quelqu'un comme Guaino, le gaullisme de gauche avec quelqu'un comme Max Gallo, et puis il veut récupérer toute l'histoire, Nicolas Sarkozy. Le fils d'immigrés hongrois s'est transformé le 14 juillet 2007 au lancement de sa campagne présidentielle en une éponge à mythes historiques, il y a tout mis, de Jeanne d'Arc à Guy Moquet, et il a réussi comme ça à trouver une dimension présidentielle (...)".

Rectification. Il essaie de trouver une dimension présidentielle. De manière aussi pitoyable que l'a été, hier, la défaite des Bleus. 

 
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