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12 octobre 2010

Albert-Camus bloqué

Ce matin, le lycée Albert-Camus de Bois-Colombes, où sont scolarisés nombre de jeunes Garennois, faisait partie de la cinquantaine de lycées bloqués en Ile-de-France, une bonne soixantaine d'élèves empêchant l'accès par la porte principale, sous l'oeil amusé d'une autre centaine de "sympathisants", amassés de l'autre côté du trottoir. Un blocage bon enfant, puisque les élèves qui désiraient aller en cours pouvaient toujours passer... par l'entrée des profs.

Que faut-il penser de cette mobilisation lycéenne que l'on dépeint volontiers comme manipulée, téléguidée ? Faut-il s'irriter de voir des ados s'emparer d'un "truc de vieux"? Faut-il ne voir là qu'un prétexte pour rater des heures de cours et pimenter le quotidien ?

Je crois qu'il serait dangereux de sous-estimer la grogne des jeunes. Si quelque chose m'a frappée, ce matin, c'est bien le climat de connivence (et non d'hostilité) entre ceux qui bloquaient "pour de bon" et ceux qui demeuraient en retrait. 

Certes, tous les jeunes ne se sentent pas concernés par la question des retraites (loin de là!), mais plutôt qu'un prétexte, je crois que cette mobilisation est une opportunité : l'opportunité d'exprimer au mieux un ras-le-bol, un malaise, au pire une colère, un sentiment de révolte.

Même s'ils sont peu politisés, nos jeunes savent bien qu'ils ne sont pas la priorité du pouvoir en place. Sarkozy n'a jamais décrété la lutte contre le chômage des jeunes grande cause nationale. Et que dire de l'état de délabrement programmé de l'éducation nationale, avec lequel ils doivent composer chaque jour : classes surchargées, manque d'équipement, manque de locaux... ?

A l'inverse, nos jeunes sentent parfaitement qu'aux yeux du pouvoir, ils constituent une population sous surveillance. Dans le discours Sarkozien, le mot "délinquance" n'est jamais très éloigné du vocable "jeune". Luc Chatel lui-même leur avait conseillé de rester à l'écart en jouant le bon père de famille : "manifester sur la voie publique, c'est dangereux". Raté. Les jeunes ont pris la parole, et ils ont raison, car c'est de leur avenir qu'il s'agit. 

06 décembre 2009

Histoire-géo : on brade en filière scientifique !

Luc Chatel, ministre de l'Education, avait annoncé que le projet de réforme des lycées prévoyait le "renforcement" de l'enseignement d'histoire-géographie en première scientifique, dans le cadre du fameux "tronc commun". Mais un collectif de vingt universitaires vient de confirmer l'entourloupe, dévoilée dès la fin novembre par Jacques Sapir, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : en contrepartie, l'histoire-géo ne ferait plus partie des matières obligatoires en terminale S. Ces personnalités, parmi lesquels le philosophe Alain Finkelkraut et de nombreux historiens (Jean-Pierre Azema, Benjamin Stora, André Kaspi, Jean-Noël Jeanneney, Jacques le Goff...) ont lancé un "appel pour le maintien d'un enseignement obligatoire d'histoire et de géographie en terminale scientifique". Une affaire qui, loin d'être anecdotique, pourrait bien annoncer une nouvelle dérive des missions de l'école.       

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