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09 avril 2010

Urbanisme, intercommunalité... : ailleurs, on consulte. A La Garenne, on passe en force.

Dans les communes de droite comme de gauche, l'idée d'une démocratie participative de proximité fait son chemin. Voici deux exemples récents, dans deux villes voisines, l'une dirigée par une municipalité communiste, l'autre par une équipe UMP. 

Nanterre vient de lancer une large consultation auprès de ses habitants. Objectif : ouvrir le débat sur une possible adhésion de la ville à la communauté d'agglomération du Mont-Valérien, qui regroupe actuellement les villes (UMP) de Suresnes et de Rueil. Et parce qu'il s'agit de décider de son avenir, la municipalité ne lésine pas sur les moyens. Bien sûr, le maire, Patrick Jarry, favorable à cette union, entend bien faire valoir son point de vue dans le magazine municipal et à travers un courrier distribué dans toutes les boîtes aux lettres. Mais les habitants pourront aussi exprimer le leur : débat dans les conseils de quartier, envoi d'un questionnaire dans tous les foyers... Une restitution des résultats est en outre prévue avant que le conseil municipal ne vote fin juin.

On aurait aimé que la municipalité de La Garenne fasse preuve du même respect envers ses habitants lorsqu'il s'est agi de se prononcer pour ou contre le projet d'extension de l'Etablissement Public de La Défense (EPAD) sur le quartier des Champs-Philippe...  Malheureusement, en ce qui concerne la démocratie locale, la comparaison n'est pas à l'avantage de notre ville : c'est bien chez nous que sévissent des pratiques dignes de l'époque stalinienne, puisque Philippe Juvin et son équipe n'ont même pas jugé nécessaire d'informer les Garennois sur ce sujet.  

De l'autre côté de la Seine, Chatou vient elle d'achever la première phase d'une vaste consultation qui concerne l'aménagement de sa Place du marché.  Ici, les Catoviens sont carrément invités à participer à l'élaboration du projet final via un site Internet dédié et un forum de discussion. La mairie joue la transparence jusqu'au bout en publiant les diagnostics issus des études préalables ; quatre scénari, rien de moins, sont proposés aux habitants comme base de travail. Leurs remarques et contributions sont actuellement  synthétisées par un cabinet d'urbanisme pour parvenir au projet final. Une seconde consultation sera prochainement lancée pour choisir le mobilier urbain.

Impossible de ne pas faire le parallèle avec un autre projet, Garennois celui-là, qui concerne notre Place du marché et plus précisément la construction d'un parking souterrain sous la Place de la Liberté. Décision prise par la seule majorité municipale, sans aucune concertation avec les habitants et malgré l'opposition exprimée de certains d'entre eux, réunis en association. Certes, le projet est de moindre envergure. Mais il risque tout de même de modifier sensiblement la physionomie et la qualité de vie de notre coeur de ville. Pourtant, Philippe Juvin n'a pas cru bon d'associer les Garennois à ses modalités, sous prétexte que cela faisait partie de son programme municipal et qu'il avait été élu à plus de 66%. 

A ce sujet, je voudrais citer un extrait du site "rénovons la Place Maurice Berteaux", mis en place par la mairie de Chatou : "sur un sujet aussi complexe et aussi ambitieux, il est aujourd'hui déraisonnable -voire impossible- de procéder sans l'avis direct de la population (riverains, commerçants, usagers et ensemble des habitants de la ville). Dans une démocratie représentative comme la France, (et non directe comme dans les cantons suisses), les projets d'intérêt général ne peuvent être menés à terme sans une dose de démocratie participative. Certes, il aurait été peut-être plus facile et plus confortable de réaliser ce dossier sans consulter la population, remplissant ainsi tout simplement l'un des engagements de mandat défendu par l'actuelle équipe municipale. C'était néanmoins prendre le risque de mener à son terme un projet qui ne soit pas assez mûri, pas assez élaboré, pas assez partagé, bref pas assez bon". 

Ce discours est celui d'un maire UMP. Nous sommes pourtant à des années-lumière du langage et des pratiques de la mairie de La Garenne, où le bon Dr Juvin (aveuglément suivi par sa Cour, en l'occurrence 30 conseillers municipaux béni oui-oui), tente encore de nous faire croire qu'avec 66 % des voix, on peut se comporter comme à l'époque féodale et décider seul de la destinée de son fief. Il est temps pour ses administrés d'en prendre conscience et de revendiquer l'exercice de leurs droits élémentaires de citoyens. Plusieurs conseils de quartier sont programmés dans les prochains jours. Garennois, même si vous n'avez aucun pouvoir décisionnel sur leur ordre du jour, même si ces réunions ne sont pour l'instant que des parodies de démocratie participative, profitez de cette occasion pour faire entendre votre voix!!! 

11 janvier 2010

Le Rassemblement : débat au Petit Nanterre

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"Ouvrons le débat et écrivons ensemble les chapitres d'un projet alternatif pour la France" : c'est un slogan qui m'a interpellée. Construire ensemble, démocrates, socialistes, écologistes et même communistes, c'est une évidence, parce que ce les valeurs fondamentales qui nous rassemblent sont beaucoup plus importantes que ce qui nous sépare, et qui, bien souvent, ne relève que du dogmatisme. Le sarkozysme aura eu, au moins, le mérite de nous en faire prendre conscience. C'est aussi une urgence. Notre pays part à la dérive au gré des tocades d'un Président qui n'a pour convictions que quelques sévères allergies (à mai 68, à la fonction publique, aux intellectuels, aux grandes écoles...), et pour seul grand dessein, l'obsession de laisser son nom dans l'Histoire. 

Samedi dernier, donc, j'ai fait mes permiers pas au sein du Rassemblement, en tant qu'observatrice. L'occasion était belle : l'association Zy'Va, qui fait un remarquable travail de prévention et de 'retissage' du lien social dans le quartier du Petit Nanterre, avait convié les principaux leaders du projet à débattre avec les habitants. Le thème était celui sur lesquels les militants avaient planché à Dijon, l'éducation et ses différentes problématiques, dont celle -centrale- de la ségrégation issue de la ghettoisation des territoires. 

Ce billet n'a pas vocation à faire un compte-rendu de cette rencontre, ni d'exposer les différentes propositions formulées par les intervenants politiques (pour en prendre connaissance dans le détail, il suffit d'aller sur le site du Rassemblement). Plus modestement, et très subjectivement, je voudrais juste partager quelques impressions, retranscrire quelques phrases qui m'ont frappées et que j'ai griffonnées à la hâte. 

Première impression : le Rassemblement n'est pas un lieu où l'on cultive le consensus mou. Entre autres, parce qu'il donne la parole à des personnalités atypiques, telles que Gabriel Cohn-Bendit, venu témoigner de ses expériences de pédagogie alternative avec, notamment, le lycée expérimental de Saint-Nazaire. Pour lui, l'école est carrément à réinventer. Profondément inégalitaire parce qu'élitaire, elle évalue les élèves à l'aune d'une culture qui n'est pas la leur : élèves et enseignants n'habitent pas les mêmes quartiers, ne parlent pas le même langage. Beaucoup plus positif et intransigeant vis-à-vis du respect dû à l'institution, Malek Boutih, secrétaire national du Parti Socialiste, a tenu à souligner que "beaucoup ont réussi par l'école, et on continue à réussir par l'école. Mais il s'est instauré un rapport trop utilitariste, consumériste, entre les parents et l"école de leurs enfants".

Deuxième impression : le Rassemblement n'est pas non plus le lieu où l'on cultive les clichés faciles et la langue de bois. Ainsi, quand Vincent Peillon parle d'un "nouveau contrat entre l'Ecole et la Nation", ce n'est pas un simple effet de langage : "l'école doit accepter d'évoluer fondamentalement, de revoir certaines bases (...). Nous devons reformer nos méthodes pédagogiques qui échouent à prendre en compte certaines compétences, (...) réformer aussi nos programmes qui échouent à épanouir tous les élèves". Autre exemple avec Marielle de Sarnez, évoquant l'éternelle question des moyens affectés à l'Education Nationale : "Il ne faut pas sous-estimer les difficultés financières du pays. On ne pourra pas mettre plus d'argent dans l'école, mais on doit lui garantir une stabilité des moyens pour lui permettre d'avoir de vraies perspectives". Dernier exemple, Marielle de Sarnez toujours, faisant allusion à la polémique concernant l'ouverture des grandes écoles aux élèves issus de milieux modestes : "ce n'est pas au niveau des grandes écoles qu'il faut s'attaquer aux inégalités. C'est à l'école maternelle, au CP, au CE1, qu'on devrait mettre le paquet pour détecter les problèmes, quitte à faire des classes de dix ou douze élèves, et des amphis de 40 au lycée! Il faut éviter de reporter toujours sur l'échelon supérieur les difficultés qui n'ont pas été réglées..."  

Troisième impression : beaucoup de convergences et un grand respect, qu'il s'agisse des intervenants entre eux ou des intervenants vis-à-vis du public (parents, enseignants, responsables d'associations). Quelque chose est en train de s'ébaucher, et promis, j'apporterai ma pierre au prochain chapitre, qui traite de la question difficile mais pourtant incontournable de nos institutions. 

 
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