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09 février 2010

Les battues royales de Sa Majesté Nicolas

z22820.jpegCe n'est sans doute qu'une anecdote, mais elle est tellement significative que je ne résiste pas au plaisir d'en parler sur ce blog. 

Peut-être vous souvenez-vous qu'à l'occasion de ses voeux, Nicolas Sarkozy avait émis le souhait que les Français redécouvrent le sens du mot fraternité. Eh bien, notre Président donne l'exemple. A sa manière.

C'est ainsi que selon le NouvelObs.com, il aurait remis au goût du jour la pratique des chasses présidentielles (tombée en désuétude sous Jacques Chirac), elle-même héritière de la tradition monarchique des battues d'Etat.

C'est à son ami et proche conseiller Pierre Charon, Président de l'Etablissement de Chambord, que revient l'honneur d'organiser en grande pompe et en toute discrétion ces grands moments de fraternité virile réservés à quelques happy few (capitaines d'industrie, élus, préfets, ministres... ), la Garde Républicaine assurant l'animation. 

"Officieusement ces rencontres sont le lieu de tractations, d'accords, de stratégies entre les VIP de la République", nous apprend le site du Nouvel Obs, qui n'a pas obtenu de réponse quant au budget de ces journées de chasse très particulières. Il y en aurait une quinzaine chaque année.

PS : à la lumière de ces révélations qui ne laissent aucun doute sur l'instinct de prédateur de notre Président, je me demande s'il ne faudrait pas reconsidérer l'affaire de l'extension de l'EPAD sur notre territoire. Rappelez-vous, historiquement, notre ville est une Garenne... Autrement dit une réserve de chasse à deux pas de La Défense, ce grand quartier d'affaires où se nouent, justement, tractations, accords et OPA...  A quelques semaines du centenaire de l'indépendance de notre ville, il serait peut-être justifié de rappeler que non, La Garenne n'est pas une réserve présidentielle !!! 

08 janvier 2010

L'ascenseur social ne se répare pas à coups de quotas...

Faut-il imposer des quotas de boursiers dans les grandes écoles pour assurer la mixité sociale au sein de l'élite républicaine ?Le gouvernement avait avancé l'idée, au nom du principe de "discrimination positive" cher à Nicolas Sarkozy. La Conférence des Grandes Ecoles (CGE) a fait savoir qu'elle rejetait un tel système, le jugeant -non sans raison- "antinomique avec le principe d'égalité devant le concours".

Cette position courageuse lui a valu les foudres de Richard Descoings (directeur de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris), Alain Minc (essayiste), ainsi que celles de l'industriel François Pinault. Ces deux derniers se sont d'ailleurs fendu d'une tribune commune dans Le Monde daté du 6 janvier. Un monument de démagogie où ils font part de leur "haut-le coeur" devant une position aussi "réactionnaire", et dénoncent l'inconséquence de ceux qui, "en toute sérénité, ont signé ce manifeste", "méconnaissent le grondement qui vient de la société", et "ne mesurent ni les urgences ni les priorités du moment".  

Je pense exactement le contraire. En prenant le risque de l'impopularité pour défendre le principe d'égalité devant le concours, les grandes écoles défendent un des fondements de notre système éducatif : des épreuves et des systèmes de notation identiques pour tous. Nombre d'entre elles ont d'ailleurs revu le contenu de ces épreuves pour modérer, autant que possible, le poids des disciplines socialement discriminantes (français, langues vivantes, culture générale...). Elles proposent également de mettre en place un système de soutien personnalisé pour aider les élèves issus de milieux modestes à progresser dans les matières où ils sont le moins à l'aise. Pourquoi pas ? Il y a, bien sûr, des inégalités à compenser : tout le monde ne peut pas offrir à son enfant des cours particuliers ou un stage de langue aux USA. 

Sous ses airs volontaristes, la mise en place de quotas est une fausse bonne solution, une idée aussi populiste que, finalement, antisociale. De quoi s'agit-il, en effet ? De faire l'aumône de quelques places dans des établissements de prestige, pour se donner une bonne conscience sociale (et exhiber les heureux élus devant les caméras ?), sans régler sur le fond les problèmes qui empèchent les élèves issus de milieux moins favorisés de réussir autant et aussi bien que les autres. 

"On ne fait pas de quotas lorsqu'il s'agit de diplômes universitaires, on ne fait pas de quotas lorsqu'il s'agit de ce qu'il y a de plus républicain qui est le concours. Un concours c'est tout le monde à égalité", a déclaré aujourd'hui à ce sujet François Bayrou sur BFM-TV, pour qui "l'idée qu'on puisse distribuer des titres universitaires selon l'origine familiale est une idée qui est profondément choquante". "On n'a pas besoin de la charité quand on vient de milieux moins favorisés, on a besoin de la justice, on n'a pas besoin d'avoir des quotas, on a besoin d'avoir un enseignement primaire et secondaire qui tienne la route", a t-il ajouté.

C'est en effet l'un des grands défis qui se posent à nos responsables politiques : comment réinventer l'école pour faire à nouveau coïncider égalité des chances et égalité républicaine devant les examens et les concours ? Nul, je crois, ne néglige l'importance et l'urgence de cette question. Mais elle mérite mieux que des bricolages cache-misère... surtout si ces bricolages ont pour effet collatéraux d'ébranler ce qui doit être à tout prix sauvegardé.   

20 décembre 2009

Le froid aussi tue

sans_abris01_1229182253.jpegLe froid a fait deux morts la nuit dernière, et au moins cinq depuis mardi, si j'additionne correctement les divers articles  parus dans la presse régionale. 

Difficile de trouver des statistiques sur le sujet, car ces décès-là ne font pas l'objet d'une médiatisation immédiate des pouvoirs publics. C'est cela, la France de 2009 : si tu meurs de la grippe A, tu es une victime officielle (avant même que les tests ne confirment la présence du virus!). Si tu meurs de froid dans la rue, tu n'es qu'un fait divers regrettable.  

Cap 21, le parti de Corinne Lepage, publie très opportunément un communiqué de presse enjoignant à notre Président de la République de tenir l'une de ses plus spectaculaires promesses électorales : rappelez-vous, en décembre 2006, le candidat Nicolas Sarkozy s'engageait solennellement à ce que "plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir" dans un délai de deux maximum après son élection.  

Or, nous voici à mi-mandat. Et alors que se profile une vague de grand froid, les associations et les municipalités sont, comme d'habitude, obligées de prendre le relais d'un Etat défaillant et de trouver des solutions d'urgence pour protéger ceux qui n'ont pas de toît (Paris vient ainsi d'ouvrir 85 places d'hébergement supplémentaires dans la capitale).

"L'ouverture en urgence de structures d'accueil précaire ne peut être considérée comme une solution à la hauteur du problème", note Cap 21, qui dénonce l'absence de programme gouvernemental à long terme pour éradiquer la grande pauvreté.

La fondation Abbé Pierre estime qu'aujourd'hui, le nombre de SDF en France atteint les 100 00 personnes.

Au fait, à propos de promesse à tenir, qu'en est-il du projet de centre d'accueil pour sans-abri qui figurait dans le programme municipal de Philippe Juvin ? Notre maire a t-il vraiment l'intention de faire oeuvre de solidarité envers les plus démunis, ou n'était-ce qu'un beau discours de convenance ? 

 
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