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27 novembre 2009

Vaccination H1N1 : évaluer le rapport bénéfice-risque...

Vous avez été très exactement 371 à consulter mon blog ces trois derniers jours, et essentiellement mes deux billets sur la grippe A et la vaccination. Comme l'a souligné Bérénice ce matin dans un commentaire, cela me confère une certaine responsabilité, un certain devoir d'exhaustivité. 

Je voudrais donc revenir sur les chiffres publiés hier par l'INVS (Institut National de Veille Sanitaire), à l'occasion de son bulletin épidémiologique. Ces statistiques montrent en effet une progression incontestable de l'épidémie, ainsi qu'une augmentation des décès supposés y être liés (il est toutefois intéressant de noter que dans 24 % des décès officiellement recensés, la présence du H1N1 n'a pas été confirmée par test virologique...). 

Faut-il pour autant céder au vent de panique que Roselyne Bachelot voudrait bien déclencher, quitte à friser l'indécence ? Je ne résiste pas à citer encore une fois le blog du Dr Christian Lehmann, qui épingle "la manipulation par la terreur employée par la Ministre de la Santé, toute honte bue, loin de toute éthique médicale, dans le simple but de sauver sa campagne vaccinale paramilitaire". 

Fin de la parenthèse, et retour à davantage d'objectivité. Encore une fois, en ce qui concerne les chiffres, je crois qu'il faut remettre les choses en perspective, pour que chacun de nous, chaque parent, puisse faire un choix aussi éclairé que possible.

Or, que nous dit ce dernier bulletin épidémiologique ? D'abord que le nombre de consultations pour infections respiratoires aigues (potentiellement liées à la grippe H1N1), estimé à 730 000, a augmenté de 72 % en semaine 47 (du 16 au 22 novembre), par rapport à la semaine précédente. Une progression inquiétante mais qu'il convient de relativiser puisque le taux d'hospitalisation reste stable (1%), et que le nombre de cas graves (ayant nécessité une réanimation ou des soins intensifs) est lui estimé à 43, toujours pour la même semaine.

Notons au passage que si l'on estime qu'au moins 1,5 millions de français ont été touchés par la grippe A depuis le début de l'épidémie (chiffre généralement donné dans les médias), le nombre total de cas graves recensés demeure modéré : l'INVS en recense très exactement 357, dont 18 % concernent des enfants de moins de 15 ans.  

Comme le rappelle Bérénice, une petite fille est décédée hier et ce drame nous a tous touchés personnellement, augmentant notre désarroi. Mais au-delà de l'émotion, il convient de revenir aux statistiques pour se forger une opinion de la situation. Ces chiffres nous disent que le nombre de décès imputés au H1N1, en France métropolitaine, demeure relativement faible : 68 depuis le début de l'épidémie. Il n'est pas inutile de rappeler que la banale grippe saisonnière est réputée tuer, chaque année, entre 1000 et 1500 personnes, l'estimation demeurant très imprécise faute de statistiques fiables... 

Cependant, incontestablement, le nombre de décès attribués à la grippe A s'est sensiblement accru lors des dix derniers jours : 16 ont été recensés entre le 16 et le 25 novembre. 

Qui sont les victimes ? Une évidence frappe au premier coup d'oeil : malgré la surmédiatisation de décès de personnes "n'ayant aucune autre pathologie", selon la formule désormais consacrée, 91 % d'entre elles présentaient un facteur de risque reconnu, soit 62 sur 66. L'analyse des cas graves permet de détailler ces facteurs de risques : pathologie respiratoire chronique (dont asthme), diabète, déficit immunitaire acquis, obésité, grossesse. En termes d'âge, 6 décès sont survenus chez des enfants de moins de 15 ans, 48 dans la tranche d'âge 15-64 ans et 14 chez les plus de 65 ans. 

Voila pour les chiffres, dont la froideur a cela de bon qu'elle nous permet de prendre un peu de recul. A ces données je voudrais ajouter une observation émanant d'enquêtes menées en Australie et en Grande-Bretagne : selon ces enquêtes, il semblerait en effet que des personnes n'ayant pas eu la grippe (et n'ayant pas non plus été vaccinées) présenteraient pourtant une séroconversion positive au H1N1, autrement dit, que leur organisme se serait naturellement immunisé au contact du virus, sans pour autant développer d'infection.  

Une fois tous ces éléments en tête, quelle décision prendre ? Comme le note Bérénice, c'est évidemment très difficile pour un parent d'évaluer où se situe le rapport bénéfice-risque. Faut-il faire vacciner ses enfants au plus vite, dans le cadre de la campagne gouvernementale, en prenant en compte la récente montée en puissance de l'épidémie et l'augmentation du nombre de décès ? Faut-il au contraire les protéger d'un vaccin "bâclé" (le Pandemrix), comme le dit le Dr Girard, en considérant qu'il est potentiellement dangereux ? Je rappelle ici que Marc Girard avait tiré la sonnette d'alarme en révélant que les rapports d'évaluation de ce vaccin publiés auprès de l'Agence Européenne du Médicament mentionnaient deux cas d'hépatite auto-immune (maladie gravissime du foie) après 400 tests pratiqués sur des enfants de 3 à 9 ans.  

La meilleure attitude est certainement la vôtre, Bérénice : demander conseil au professionnel de santé qui connaît le mieux votre enfant, pédiatre ou généraliste. Lesquels devraient être aujourd'hui, en toute logique et n'en déplaise à madame Bachelot, le pivot de cette campagne de vaccination.  

24 novembre 2009

Grippe A : faire vacciner nos enfants, ou pas ?

Au moment où débute la campagne de vaccination dans les établissements scolaires,  les parents que nous sommes sont confrontés à un terrible dilemne : faut-il céder au discours officiel, très culpabilisant, et faire acte de citoyenneté en vaccinant nos enfants, non seulement pour les protéger, mais aussi pour protéger leurs petits camarades ? Ou bien devons-nous écouter nos doutes, à la fois sur la gravité de l'épidémie et sur l'innocuité de vaccins qui, d'après l'aveu même des autorités, ont été élaborés et testés dans des conditions "exceptionnelles", donc... exceptionnellement moins rigoureuses qu'il n'aurait été nécessaire ?

Aujourd'hui, il faut bien constater que les arguments "contre" sont étouffés par un matraquage officiel sans précédent, qui les réduit à l'état de "rumeurs" colportées par le bouche-à-oreille ou par Internet, récemment montré du doigt comme un vecteur d'obscurantisme par Jean-Marie Colombani en personne ! 

Certains opposants au vaccin sont pourtant tout à fait crédibles, comme le Dr Marc Girard, médecin, statisticien, spécialiste en pharmacovigilance et en pharamacoépidémiologie. Cet expert, qui signe aux éditions Dangles un ouvrage intitulé "alertes grippales : comprendre et choisir", vient aussi de rédiger un article à l'intention des parents, pour leur permettre de disposer de tous les éléments nécessaires avant de faire, ou pas, vacciner leurs enfants. Et il demande aux internautes de contribuer à sa diffusion.  

Après en avoir pris connaissance (douze pages pas toujours faciles à lire, malgré un effort évident de vulgarisation), et après mûre réflexion, j'ai décidé de relayer ce document. Non pas en tant que militante MoDem, mais en tant que mère de famille et citoyenne soucieuse que chaque parent, dans une affaire aussi sérieuse, puisse avoir un autre choix que de céder au conditionnement médiatique ambiant, et se forger une opinion. 

Pourquoi ? D'abord parce que Marc Girard, expert européen, connaît son sujet. Ses compétences ont été requises dans les scandales du distilbène et de l'hormone de croissance. Il avait également été cité comme expert dans le procès du vaccin contre l'hépatite B, mais... il a été récusé par la défense : les firmes pharmaceutiques. Ensuite parce que ses arguments sont fondés sur des sources qui ne peuvent prêter à controverse : il s'agit des rapports publics d'évaluation des différents vaccins rédigés par l'EMEA (Agence Européenne du médicament), peu suspecte de malveillance à l'égard des laboratoires, puisqu'elle a accordé à leurs produits l'autorisation de mise sur le marché. 

L'article du Dr Girard commence par quelques questions de bon sens, que nous nous sommes tous posés à un moment. Par exemple : puisqu'il n'y a pas de dénombrement systématique des cas de grippe A, comment peut-on nous dire qu'il y a effectivement cette année davantage de cas graves que les autres années, notamment chez certaines populations présentées comme plus fragiles ? Ou sont les données épidémiologiques ? Par ailleurs, n'y a t-il pas incohérence à présenter le H1N1 à la fois comme un nouveau virus potentiellement dangereux (dès lors qu'il s'agit de justifier la campagne massive de vaccination), et comme un principe actif relativement banal ne justifiant pas de précaution particulière dans l'élaboration des vaccins ? 

S'agissant plus particulièrement des notes prises par le Dr Girard au sujet des différents produits vaccinaux, je retiens à titre personnel quelques éléments pour le moins troublants : 

- dans leur grande majorité, les essais n'ont pas été menés contre placebo, ce qui relativise leur interprétation ; quant aux protocoles de recueil des effets indésirables, ils sont, d'après lui, "exceptionnellement peu clairs"  

- en ce qui concerne l'un des vaccins commercialisé en France, le Pandemrix, le recueil des informations relatives à la sécurité et à l'efficacité du vaccin a été confié à la firme qui le commercialise (GSK), le laboratoire interprétant librement si les effets indésirables survenus étaient ou non liés à la vaccination. On croit rêver !

- toujours en ce qui concerne l'étude Pandemrix, le Dr Girard note que 7 décès ont été rapportés dans 3 essais cliniques totalisant 2000 sujets exposés, dont 2 adultes jeunes en bonne santé chez qui seraient survenus, d'après GSK, le laboratoire, des problèmes respiratoires aigus non liés au vaccin ; par ailleurs, dans une cohorte de 400 enfants de 3 à 9 ans sur lesquels le Pandemrix a été testé, 2 ont développé une hépatite auto-immune, pathologie grave risquant d'entraîner une cirrhose du foie. 

En conclusion, Marc Girard fait allusion à un article actuellement en cours de publication dans une revue médicale fort respectée, The Lancet Infectious Diseases, dans laquelle une équipe hollandaise soutient que la contamination naturelle par la grippe confèrerait une immunité large par rapport aux formes ulétrieures du virus, alors qu'une vaccination serait susceptible d'empêcher l'installation de cette immunité, notamment chez l'enfant.

Autant d'éléments qui donnent à réfléchir. Où se situe aujourd'hui le principe de précaution ? Dans la vaccination, comme le serine notre gouvernement, ou dans le refus du vaccin ? Pour Marc Girard, qui met en garde contre un "vaccin baclé" et n'hésite pas à appeler ses confrères à refuser de participer à la campagne de vaccination au nom d'un devoir de "désobéissance civique", il n'y a aucun doute : "C'est la première fois que la force publique est requise pour aller au bout d'une histoire de promotion pharmaceutique et aider à écouler des stocks qui ont été acquis au terme d'un processus atterrant, où il est difficile de faire la part de l'incompétence et de la corruption, et je pèse mes mots...". 

Voici ci-dessous le texte intégral de l'article de Marc Girard destiné aux parents : 

http://www.dossiers-sos-justice.com/media/01/00/171452404...

 

 
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