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10 novembre 2010

Nicolas et le syndrome du serial killer

Il aurait pu choisir la discrétion. L'élégance, en quelque sorte. Mais non. Comme d'habitude, Sarko a préféré "se la jouer". En s'auto-décernant publiquement un satisfecit pour avoir "sauvé le régime par répartition".

Pas plus tard qu'hier, il s'autoproclamait héritier du grand Charles. Sauveur d'une certaine grande idée de la France, selon lui (ou plutôt selon Guaino, chargé de coucher sur le papier les fantasmes présidentiels pour en faire des discours historiques).

Je dois lire trop de romans policiers, mais Sarko me fait irrésistiblement penser à ces tueurs en série qui, à un moment donné, se croient obligés, non seulement de se vanter de leurs crimes, mais de les justifier en les transformant en mission sacrée.

Sarkozy a méthodiquement et impitoyablement liquidé l'héritage gaulliste (faut-il rappeler ici de nouveau l'entrée de la France dans le commandement intégré de l'OTAN). Il s'est plus particulièrement acharné sur tout ce qui concernait les fondations du "pacte social" conclu à la Libération entre les différents acteurs de la vie politique. Oh certes, la "sécu" et le régime de retraite par répartition existent toujours, mais tellement affaiblis, tellement dénaturés qu'ils sont impuissants à remplir le rôle de protection sociale qui leur avait été assigné.

Voici venu le temps des sauve-qui-peut individuels, ou chacun va faire ses comptes et essayer de s'offrir le produit (financier) miracle qui pourra le mettre à l'abri. Nul doute que les marchands seront nombreux à investir ce marché, à commencer par le frère du Président, Guillaume Sarkozy, PDG de Malakoff Médéric.

Agonie d'un destin collectif ? Ou y aura-t'il quelqu'un, en 2012, pour nous proposer une nouvelle forme de vivre ensemble, conforme aux valeurs de notre histoire ?

06 novembre 2010

Je manifeste, tu manifestes, elles manifestent

Aujourd'hui 6 novembre, huitième journée de manifestation contre la réforme des retraites. Fait nouveau : un cortège militant pour la défense du droit à l'avortement se joindra à cette manifestation.

Quel rapport, me direz-vous ? A première vue, aucun. Pourtant le lien existe bien : il s'agit de protester contre une politique qui ne raisonne plus qu'en termes comptables, quitte à sacrifier l'humain et quelques droits fondamentaux (acquis de longue lutte) au passage. Droit de pouvoir bénéficier d'une retraite décente à un âge où on puisse encore en profiter. Droit pour les femmes de disposer de leur corps et de ne pas mettre au monde un enfant qui n'a pas été désiré.

Les défenseurs du droit à l'avortement (70 associations, dont le Planning Familial) dénoncent, entre autres, la diminution significative des centres IVG (regroupés pour des raisons de rentabilité), et le manque de moyens qui leur sont affectés, une situation qui, selon eux, ne peut qu'être amenée à s'aggraver avec l'entrée en vigueur de la loi Bachelot Hôpital, Santé, Territoires. Conséquences, des délais de RV qui s'allongent et des centres IVG parfois très éloignés du domicile des patientes : jusqu'à 1h de route en province, beaucoup trop pour une femme en détresse!

Par ailleurs, la loi Aubry de 2001, destinée à faciliter la mise en oeuvre du droit à l'IVG, est peu ou mal appliquée : le report du délai légal d'interruption volontaire de grossesse (de 10 à 12 semaines d'aménorrhée) ne servirait pas à grand-chose, de nombreux médecins refusant de pratiquer des "IVG tardives". De même, certains établissements continuent à exiger une autorisation parentale pour les mineures, alors que la loi Aubry l'a supprimée.

Enfin, une résolution du Conseil de l'Europe datant du 7 octobre dernier pourrait bien ajouter une entrave supplémentaire au droit à l'IVG. En effet, alors qu'un projet de résolution visait à limiter l'objection de conscience pour les professionnels de santé, le Conseil de l'Europe a décidé, lui, de renforcer ce droit en permettant aux établissements eux-mêmes d'invoquer cette objection de conscience.

A l'évidence, l'IVG demeure avant tout une question politique. Et les alibis du genre "rationalisation des dépenses de santé" ou encore "respect des convictions  de chacun" sont bien pratique pour des gouvernants qui flirtent avec l'extrême-droite, proche des milieux traditionalistes.

22 octobre 2010

Sarkozy pyromane?

Pompier-pyromane1.jpgEn restant droit dans ses bottes et en répétant qu'il ne cédera sur rien, Sarkozy joue à un jeu dangereux. Et si c'était là l'objectif recherché : mettre le pays à feu et sang, pour finalement être celui qui rétablira l'ordre républicain, en vertu des pouvoirs que lui confère l'article 16 de la Constitution ? C'est l'hypothèse soulevée par Corinne Lepage dans tribune du Monde (édition du 22 octobre). 

Certes, d'autres avant lui ont misé sur le pourrissement de la contestation, relève Corinne Lepage. Mais le contexte, aujourd'hui, est radicalement différent. Pour la présidente de Cap 21, trois éléments au moins contribuent à tendre à l'extrême le climat social : l'ampleur de la crise économique (qui rend virtuelle pour le plus grand nombre la capacité de travailler suffisamment de trimestres pour povoir prétendre à une retraite à taux plein), le creusement des inégalités (rendu insupportable par des mesures telles que le bouclier fiscal ou les déremboursements de faris médicaux), et enfin, la dérive institutionnelle.

Pour Corinne Lepage -et je partage cet avis-, cette dérive insitutionnelle est au fond "la mère de tous les maux". "Que se passe t-il lorsque le Parlement est devenu une chambre d'enregistrement (...), lorsque la justice ne peut plus jouer son rôle comme dans l'affaire Woerth où, malgré la demande du procureur général auprès la Cour de Cassation, un procureur de la République, dont les liens avec le pouvoir sont établis, refuse de transmettre le dossier à un juge d'instruction avec la bénédiction de la Garde des Sceaux?"

"La question des retraites, qui soulève celle du travail, de la pénibilité, des inégalités hommes-femmes, de la solidarité et de la protection sociale, est devenue le catalyseur d'un refus du 'trop, c'est trop'...", analyse-t-elle.

Bref, la situation est explosive est Sarkozy le sait. La question est-elle : Sarkozy jouerait-il les pyromanes ? Sa stratégie consisterait-elle à provoquer une tension telle qu'il pourrait 'légitimement' mettre en oeuvre l'article 16 de la Constitution, qui permet au chef de l'Etat de s'arroger tous les pouvoirs lorsque les institutions de la République sont menacées d'une manière grave et immédiate ?  

"L'objectif n'est-il pas de faire monter le désordre jusqu'au moment où, sur la base de ce texte, le président pourra s'ériger en rétablisseur de l'ordre républicain alors qu'il est l'instigateur du désordre, non pas en proposant une réforme des retraites -qui est indispensable-, mais en la concevant, en la poursuivant dans un climat d'injustice insupportable et en refusant la négociation préalable indispensable avec le front syndical", interroge Corinne Lepage. 

La question méritait d'être posée. Il n'en reste pas moins que pour parvenir à une situation qui lui permettrait de jouer les super-héros, Sarkozy doit impérativement trouver en face de lui deux partenaires : des syndicats aussi "jusqu'auboutistes" que lui, et une opinion publique prête à lui demander aide et secours. Il n'est pas certain que les Français -syndiqués ou non- lui offriront ce plaisir. 

NB : pour lire l'article de Corinne Lepage in exentenso : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/21/reforme-de...

 
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